Les bombes dégoupillées dans la capitale

    mardi 4 octobre 2016

    graffiti

    Le collège de Tipaerui a été entamé hier après-midi par le trio français Kalouf, Mr ZL et Marko93. (Photo : Facebook)

     

    Le festival Ono’u a démarré dimanche dernier mais quelques murs à peindre attendent leurs graffeurs. Huit lieux distincts (dont le centre Vaima) vont être décorés par ces artistes internationaux. Les trois Polynésiens, aux abords du marché de Papeete, sont les plus avancés.

     

    Retard à l’allumage. Après un dimanche pluvieux, les premiers graffeurs de la troisième édition du festival Ono’u, rebaptisé cette année Graffiti & Street Art Festival, ont sorti leurs bombes de peinture et ont commencé à attaquer leurs œuvres, intérieures et extérieures, même si certains manquent à l’appel. Quoi qu’il en soit, la grande fête du graffiti a bel et bien commencé.

    Phat1 et Lady Diva – mais aussi Peeta comme le montre la page Facebook du festival – ont attaqué leur mur à l’intérieur du feu-Musée de la perle du centre Vaima. Nilko a terminé le sien dimanche dernier. Situé à l’entrée du musée, son graff représente un requin pointe noire, sa vahine et leur fils. L’année dernière, au festival, il avait remporté le prix du “personnage et du décor”. La cause animale est son sacerdoce et il transmet son message de sensibilisation à travers son art.

     

    Un espace consacré au street art

     

    Spécialiste de la cause animale, le Portugais Bordalo II commençait hier à découper vieilles poubelles et pare-chocs usagés pour réaliser son graff mélangé à des objets recyclés. Et oui, cette année, ce n’est pas uniquement de la 2D qui va recouvrir les murs de Papeete mais aussi de la 3D, de la vidéo, du light painting, bref, tout un panel de techniques différentes seront définitivement inscrites dans “le marbre”, mais aussi dans les sols.

    L’ancien Musée de la perle, qui a migré depuis sur le front de mer, à côté du temple Paofai, va retrouver une seconde jeunesse, tout au long de la semaine. Pour cette troisième édition, le comité organisateur a souhaité créer à Papeete un espace totalement dédié à l’art contemporain urbain et au graffiti. L’idée est de faire de ce lieu une adresse permanente pour le festival Ono’u mais aussi un lieu de découverte du street art.

    Il présentera toutes les techniques artistiques des artistes invités dans un seul et même lieu. Pour cela, chaque artiste s’est vu confier un des nombreux murs du feu-musée mais, selon nos informations, seuls les artistes étrangers auront le droit de poser la peinture de leurs bombes dessus. Autrement dit, point d’artistes tahitiens.

     

    Quelques retardataires

     

    Néanmoins, ce musée d’un nouveau genre, situé au 12, rue Jeanne-d’Arc, sera officiellement inauguré samedi soir (sur invitation), avant la grande soirée Street Art in Paradise City, prévue le même soir, avec animation, DJ’s et performances graffiti, jusqu’à 23 heures, mettant ainsi fin au festival tahitien, avant sa transhumance à Raiatea (lire dans notre édition du Mardi 4 octobre 2016).

    Certains artistes sont encore dans l’avion. Adnate ne va pas tarder alors que Leon Kerr, qui doit réaliser un sol à la gare maritime, est arrivé hier soir. Ce sont nos artistes polynésiens – Abuz, HTJ et Joops – qui sont le plus en avance. Ravis de travailler ensemble (ce n’est pas la première fois), nos trois artistes sont honorés d’avoir un mur à peindre et remercient le comité organisateur de le leur avoir confié, face au marché de Papeete, idéalement placé.

    Seth, qui avait réalisé la superbe vahine assoupie toute de rouge vêtue qui s’est vu transformée en timbre-poste quelques mois plus tard, a également attaqué son mur hier, dans la matinée, plus petit qu’en 2015 et situé face aux taxis du centre Vaima. Recouvert d’un bleu roi bien voyant, le mur du collège de Tipaerui a reçu en début d’après-midi le trio français Kalouf, Mr ZL et Marko93 et, en peu de temps, divers animaux ont pris forme sous leurs bombes de peinture.

    Mais pas de panique, même si certains artistes n’ont pas encore dégoupillé leurs bombes, tout sera fini à temps samedi, avant l’inauguration du futur musée, d’autant plus que la taille n’effraie pas certains graffeurs. Pour les Jeux olympiques, le brésilien Kobra, qui a fait en 2015 la fresque située sur un des murs du lycée La Mennais, a réalisé une œuvre de 2 000 m2 en deux mois. “Une machine de guerre” selon Joops, rencontré hier. En tout cas, tous sont animés de l’amour du beau, pour notre plus grand plaisir.

     

    Christophe Cozette

     

        Retrouvez dans notre édition du Mardi 4 Octobre 2016 :   

    • Interviews croisées : Joops, HTJ et Abuz, graffeurs polynésiens – “Il y a différentes techniques cette année, avec des sculpteurs notamment, un vrai truc de fou”
    • Les murs 2016
    • Toutes les photos de ce début de festival
    • Encadré : « … et à Raiatea aussi ! »

     

     

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