BORA BORA – Le phénomène de houle s’accélère et soulève des interrogations

vendredi 24 juillet 2015

Le phénomène de forte houle de sud-est qui a sévi principalement mercredi à Bora Bora a encore causé pas mal de dégâts, notamment à la pointe Matira, submergée par les vagues. D’un ou deux épisodes par an, le phénomème s’accélère et c’est la 5e ou 6e fois qu’il est observé cette année. Ces phénomènes météorologiques attirent vers le lagon tous les amateurs de surf, pirogues et autres sports de glisse qui profitent des vagues pour s’adonner à leurs sports favoris. Si les touristes admirent la force des vagues et parfois s’en amusent, les riverains eux sont partagés entre inquiétude et découragement. Certains propriétaires fonciers ont les moyens de se protéger temporairement contre ces phénomènes climatiques à répétition, mais d’autres, au regard des investissements à réaliser, préfèrent déclarer forfait, sachant que le combat contre la nature est perdu d’avance. C’est le cas de Nono Levert, propriétaire d’une pension bien connue sur la pointe Matira, lieu jadis paradisiaque pour les touristes, qui arrêtera son activité à la fin de 2015, voyant son patrimoine mutilé par les coups de boutoir de la houle et lentement aspiré par les eaux du Pacifique, sous les yeux effarés des touristes dont certains ont vu basculer la terrasse de leur bungalow vers la mer en quelques heures. “C’est fini, je jette l’éponge, annonce le chef d’entreprise. La montée des eaux est un fait et on ne peut rien faire contre la nature. Ma pension sera fermée à la fin de cette année. Les investissements à réaliser pour la sauvegarder sont trop importants au regard de l’activité. Mes enfants vont donc revenir à ce que je faisais il y a longtemps : louer des planches à voile, des pirogues, des petits catamarans de plage. Regardez les travaux que j’ai dû réaliser dans l’urgence la semaine dernière pour que mon bungalow rond ne s’effondre pas dans la mer. Imaginez qu’il y a encore quelques années ce bungalow était sur la plage et l’eau ne s’en approchait jamais à moins de quinze mètres.”

Reconstruire plutôt en montagne

L’avenir de la jeune génération devra se construire autrement  : “Mes enfants sont plus philosophes, ils développeront d’autres activités mais ils n’ont pas eu à construire tout cela de leurs propres mains. Je leur laisse le champ libre. Si j’avais à reconstruire aujourd’hui, je le ferais en montagne, plus en bord de mer.” Si l’on peut douter que le sommet mondial de l’environnement prévu à Paris en décembre prochain apporte enfin des solutions pérennes à ces problèmes, on ne peut qu’espérer que la dimension sociale de ce sommet sera à la hauteur des espérances des habitants des îles basses du Pacifique, notamment celles de Polynésie, et que la voix portée au COP 21 par les leaders du PLG (Polynesian Leader Group) réunis il y a quelques jours encore à Tahiti, sera entendue.

De notre correspondant Alain Lepresle

Jean-Michel CRAPAUD 2015-07-25 13:50:00
Je n'ai pas lu l'article mais j'adore la photo. Très beau cul. Merci La Depeche.
yoan 2015-07-24 20:14:00
On connaît tous les causes de la montée des eaux. Ce sommet ne changera rien , une fois de plus. Du blabla, des propositions, des querelles et finalement tout le monde repart chez soi jusqu'au prochain sommet . Il faudrait presque un cataclysme planétaire pour réveiller les consciences populaires, car quoi qu'on en dise, tout le monde s'en fout de ce qui ce passe ailleurs jusqu'au jour où on en est victime à notre tour. C'est désolant mais je ne crois guère à une révolution de ce type, même dans les années à venir.
      Edition abonnés
      Le vote

      Le Kitesurf :

      Loading ... Loading ...
      www.my-meteo.fr
      Météo Tahiti Papeete