BORA BORA – Objectif San Diego : Marama Dugan affine sa chorégraphie

mardi 21 juillet 2015

Àpeine la ferveur du concours de danse du Heiva i Bora Bora retombée, les spectacles s’enchaînent place Moto’i et quelques jours après les Californiens de Fountain Valley, Lokelani, le grand chorégraphe tahitien installé à Bora Bora, Marama Dugan, s’apprête à enflammer à son tour le site avec la présentation vendredi, à 20 heures, de sa dernière création, Te Mana, en avant-première du heiva de San Diego, ville pour laquelle la troupe O’Marama s’envolera le 2 août. Le thème retenu cette année, imposé par Ludmilla Tapea du comité d’organisation du Heiva de San Diego, est Le pouvoir, thème qui convient parfaitement à Marama Dugan, qui déclare : “Il s’agit d’un thème intéressant, récurrent dans le domaine de la danse polynésienne. Je n’ai pas de problème à travailler avec ma troupe sur ce sujet. Je suis plus préoccupé, même stressé, par le peu de temps qu’il me reste pour apporter les dernières touches à ce spectacle qui sera un véritable show à l’américaine. Le public de Bora Bora connaît mes créations mais, cette année, avec San Diego, c’est encore un peu plus de pression”. Il est 19 heures, les premières voitures de la vingtaine de danseuses et danseurs, rigoureusement sélectionnés de O’Marama, se garent, comme chaque soir depuis mi-avril, devant le gymnase de Faanui, pâle halo de lumière au fond de la baie. Inutile d’évoquer la motivation avec tous les privilégiés qui vont pouvoir fouler la scène spécialement mise en place à Moto’i, aux dimensions exactes de celle sur laquelle se produira la troupe à San Diego, afin que les prises de repères soient parfaites. Le rituel auquel ils vont se livrer ce soir, ils le connaissent tous par cœur et savent que la fusion “rêve, danse, percussions et émotions”, mots clés du heiva, ne sera atteinte qu’au prix de leur sueur.

Un chorégraphe concentré

Et de la sueur ils vont en laisser, comme chaque soir, pendant deux, voire trois heures si nécessaire, sur le bitume du gymnase de Faanui. Les enchaînements se suivent inlassablement, conduits par trois meneurs d’une rigueur implacable. Ce soir encore, seule la perfection sera tolérée. Et puis, Marama Dugan en personne entre en scène. Observateur attentif mais muet depuis son arrivée quelques minutes plus tôt, il lâche quelques simples mots qui recadrent telle attitude, rectifie un porté de tête manquant de majesté, un chaloupé de hanche sans conviction ou souligne une figure à retravailler. Marama s’isole ensuite dans la pénombre d’un coin du gymnase où un projecteur défaillant lui apporte l’intimité qu’il recherche. Le maître réfléchit mais on sent que le cerveau de ce créateur réservé et pudique est en effervescence. Deux danseurs s’approchent, et sans que l’on ait entendu le moindre mot sortir de la bouche du chorégraphe, ils reprennent encore et encore le porté qu’ils doivent mettre au point à la perfection avant que Marama ne les relâche. Le travail reprend. Une heure plus tard, ce sont les musiciens de la troupe qui s’installent, discrètement pour ne pas perturber la répétition en cours. L’orchestre, composé de neuf batteurs dirigés par Jeannot Tehavai et cinq choristes sous la baguette de l’ami de longue date Loïc Tehaeura, compositeur des musiques du groupe depuis 15 ans, se met au diapason des danseurs et disperse dans la nuit pluvieuse les sons lourds de ses to’ere et entonne des chants qui retentiront au fond de la baie de Faanui jusqu’à s’éteindre graduellement pour offrir enfin à la troupe une nuit de repos bien méritée. Le rendez-vous est pris et nul doute qu’aucun habitant ou touriste de Bora Bora présent sur la Perle du Pacifique ce jour-là ne voudra manquer la première de la dernière œuvre de O’Marama, Te Mana, vendredi à 20 heures, place Moto’i.

De notre correspondant Alain Lepresle

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