Bora Bora – Visite historique des chefs de gouvernement des pays du Pacifique

    vendredi 17 juillet 2015

    Suite à la réunion qui rassemblait, mercredi à Tahiti, les Premiers ministres des sept pays et États membres du Groupe des dirigeants polynésiens, pour l’adoption d’une motion commune à présenter au prochain sommet mondial de l’environnement (COP 21) à Paris, la totalité de la délégation menée par Édouard Fritch s’est déplacée hier à Bora Bora, où elle a été accueillie par le maire Gaston Tong Sang, qui a qualifié cette visite d’historique. Toke Talagi (Niue), Henry Puna (Cook), Tuilaepa Sailele Malielegaoi (Samoa), Alili Faipule Siopili Perez (Tokelau), Akilisi Pohiva (Tonga) et Enele Sosene Sopoaga (Tuvalu) ainsi que Robert Laufoaulu, sénateur de Wallis-et-Futuna, et Jean-Louis d’Anglebermes, vice-président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, se sont rendus sur la Perle du Pacifique pour y admirer les réalisations en matière de développement durable. Étaient aussi du voyage Marc Vizy et Marie-Hélène Aubert, conseillers de François Hollande pour l’outre-mer et les négociations sur le climat respectivement, et David Sheppard, directeur général du Programme régional océanien pour l’environnement (Proe). Pendant son allocution d’accueil, Gaston Tong Sang a rappelé le cercle vertueux qui sert de fil rouge à sa commune depuis son premier mandat en 1989, à savoir une eau propre pour un lagon immaculé qui attire les touristes du monde entier, lesquels assurent les ressources économiques nécessaires à Bora Bora pour offrir à ses habitants des emplois stables. Reprenant une thématique et un circuit qui lui sont chers, Gaston Tong Sang a lui-même guidé la délégation sur les trois sites remarquables de l’île en matière de traitement et d’assainissement des eaux. Ces sites ont suscité un vif intérêt de la part des Premiers ministres présents. Certains ont exprimé le souhait de pouvoir explorer les possibilités d’installations identiques au bénéfice de leur propre population. À l’occasion de la visite de la station d’épuration et de l’usine d’ultrafiltration de Povai, Vincent Sturny, qui a présidé à la construction de la quasi-totalité des installations en matière de traitement de l’eau et d’assainissement de l’île depuis 15 ans, a rappelé à ses élèves d’un jour à quel point le succès touristique de l’île était étroitement lié aux investissements réalisés par la commune dans ce domaine. Il a insisté sur le fait que l’eau, don rare du ciel, est précieuse à Bora Bora et doit être préservée. Nul doute que cette thématique est également chère aux dirigeants qui ont assisté avec beaucoup d’attention à son exposé, mais certains d’entre eux ont souligné que les investissements à réaliser dépassaient parfois les budgets dont ils disposaient. À ce sujet, Gaston Tong Sang rappelait que chaque abonné à Bora Bora payait sa facture d’eau et que les hôtels contribuent financièrement de façon substantielle au fonctionnement des installations. Aujourd’hui, 80 % des foyers de l’île et 100 % des hôtels sont reliés au réseau d’assainissement qui permet la transformation des eaux traitées en eaux industrielles réutilisées pour l’arrosage et le nettoyage. C’est à ce prix que le Pavillon bleu flotte sur Bora Bora depuis plus de dix ans. La seconde partie de la visite était consacrée à l’usine d’osmose inverse de Anau, centre technique de désalinisation le plus important de France par sa capacité à traiter 3 000 m3 d’eau par jour en cas de nécessité. “Cette réalisation n’a été possible que grâce à la délégation de service public accordée à la Polynésienne des eaux, avec laquelle un partenariat gagnant-gagnant a été initié de longue date sur l’île de Bora Bora”, se plaît à souligner son maire. Là encore, la démonstration de Vincent Sturny a été remarquable et elle a été ponctuée par une dégustation par les chefs de gouvernement de l’eau pure obtenue après désalinisation, qui a bluffé toute l’assistance. La délégation a ensuite été accueillie par Dick Bailey, propriétaire des hôtels InterContinental de Polynésie française, au Thalasso, fleuron de sa chaîne hôtelière, qui fut le premier hôtel au monde à utiliser la technologie du Sea Water Air Conditioning (Swac, système de climatisation à l’eau des profondeurs) mise au point, comme il aime à le rappeler, à la demande de Marlon Brando lui-même.

    “Je pensais que c’était de la science-fiction”
    Cette technologie futuriste, mais bien réelle à Bora Bora et depuis peu au Brando de Tetiaroa, a indéniablement fait l’unanimité parmi les dirigeants présents, lesquels, une fois de plus, n’ont pas manqué de s’intéresser aux investissements à réaliser pour mettre en place cette technique. En aparté, le Premier ministre de Samoa déclarait : “J’avais entendu parler du Swac, mais ignorais qu’il était mis en application quelque part dans le Pacifique. Je pensais que c’était un peu de la science-fiction. Nous devons porter un intérêt à cette technique qui correspond tout à fait aux standards que nous nous fixons à Samoa en matière de développement durable.”
    Le maire de Bora Bora, Gaston Tong Sang, insistait devant son auditoire sur le partenariat constructif mis en place avec l’InterContinental Thalasso dans ce domaine : “Si les investissements sont lourds, le bénéfice qu’en tire l’hôtel est réel en termes pécuniaires, mais également d’image. De plus, cet hôtel sert de vitrine aux sociétés maîtrisant cette technologie afin qu’elle puisse être reproduite à d’autres endroits dans le monde. Nous réitérons, avec Dick Bailey, la fierté qui est la nôtre d’avoir été des précurseurs dans ce domaine et nous nous réjouissons, aujourd’hui, de pouvoir partager notre expérience avec d’aussi éminents visiteurs.” C’est dans ce cadre majestueux qu’un déjeuner sous forme de buffet, offert par Gaston Tong Sang, a été servi à toute la délégation, qui a repris l’avion en début d’après-midi pour se rendre à Raiatea et signer, sur le marae de Taputapuatea, le PACT, la déclaration commune qui sera présentée à Paris en décembre (lire en p. 16).

    De notre correspondant Alain Lepresle

    John F 2015-07-20 12:22:00
    Depuis 3.000.000 d'années, et à plusieurs reprises, le niveau des océans a dépassé de 6 mètres le niveau actuel.
    Presque chaque fois ce fut la conséquence d'une fonte des calottes glaciaires engendrée par une hausse de 1 à 2 degrés Celsius de la température terrestre.
    Comme tous les scénarios climatiques nous promettent une hausse minimale de 2°C d'ici à la fin du siècle, on ne pourra échapper à la submersion de zonez habitées par des centaines de millions d'habitants, au cours des prochains siècles, sur l’ensemble de la planète.
    Dans sa très grande naïveté, dotée d'un orgueil délirant, l'homme pense pouvoir influencer les cycles de la planète quant au réchauffement climatique, alors qu'il est incapable de réguler la part, somme toute modeste, qui est la sienne dans ce phénomène immuable...
    À Tahiti, toujours à la pointe des idées grandioses sans lendemain, devant de tels événements on s'assied "autour de la table" pour parler dans le vide... Ne serait-il pas plus efficace d'agir, directement, sur les faits de pollutions locales engendrées, par exemple, par l'utilisation outrancières de véhicules surpuissants diésélisés ? Mieux, ne serait-il pas plus efficace d'obliger tous les véhicules, mal entretenus ou hors d'usage grands émetteurs de CO2, au minimum, à des entretiens et réglages obligatoires périodiques, au maximum de les mettre à la casse ?
    Non, bien sûr, car ce serait "anti culturel" et "politiquement" beaucoup trop risqué à l’échelle humaine si ridiculement petite par rapport à l'échelle du temps terrestre qui lui échappe totalement.
    Alors, que faire ? Prier et attendre que ça refroidisse...
    Alizee 2015-07-20 11:52:00
    Fière de notre Tavana.... Tu auras toujours le soutien de ta population
    TETUANUI Monil 2015-07-17 14:19:00
    Bravo Gaston TONG SANG pour le SWAC. Allez y ensemble maintenant avec FRITCH, OSCAR, FLOSSE à l'Assemblée lors de cette session budgétaire où NIUHAU parle de TRANSPARENCE pour la mise en place d'une 2ème société en énergie renouvelable avec la mer, le soleil, le vent, les déchets (PLUS DE HRYDROELECTRICUTE qui démolit nos rivières et nos vallées) concurente avec EDT/EDF/GDF/SUEZ/ELYO/SMEG qui nous a fait payer 143 milliards de bénéfice l'an dernier.
    Faaitoito TRANSPARENCE sur les 143 milliards. TRANSPARENCE......
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