Boston : ouverture du procès du jeune accusé des attentats du marathon

    lundi 5 janvier 2015

    Vingt mois après le carnage du double attentat du marathon de Boston, le procès de son seul accusé s’est ouvert lundi par la sélection des jurés au tribunal fédéral de cette ville du nord-est des États-Unis. 
    Les débats devraient commencer le 26 janvier, a précisé le juge fédéral George O’Toole, ajoutant que le procès devrait durer de trois à quatre mois.
    Djokhar Tsarnaev, 21 ans, jeune musulman d’origine tchétchène naturalisé américain en 2012, risque la peine capitale pour ces attentats qui avaient fait trois morts et 264 blessés, les plus graves depuis le 11-Septembre aux États-Unis.
    Chemise et pull sombre, pantalon clair, tignasse rebelle et petite barbe, Tsarnaev, extrêmement pâle, regardait lundi tour à tour le juge et le sol, semblant vouloir éviter les jurés potentiels qui lui faisaient face. Un premier groupe de 200 à 250 avait été convoqué dans la matinée, un deuxième a suivi en début d’après-midi.
    Le juge George O’Toole leur a brièvement expliqué pourquoi Tsarnaev était jugé, ajoutant que, s’ils étaient retenus, ce serait à eux de décider entre peine de mort et réclusion à perpétuité.
    Il a insisté sur la nécessité de composer un « jury cherchant la vérité, honnête et impartial ». 

    Ni télévision, ni journaux
     
    Il leur a ordonné de ne parler à personne de l’affaire, de ne pas lire les journaux ou regarder la télévision en relation avec le procès, de ne pas faire de recherches sur Google et de ne pas aller sur les réseaux sociaux.
    Les jurés ont dû ensuite remplir un questionnaire, qui servira aux avocats et procureurs pour un fastidieux processus d’élimination, jusqu’à la composition du jury de 12 personnes et six suppléants.
    Tsarnaev est accusé d’avoir déposé, avec son frère aîné Tamerlan, 26 ans, deux bombes artisanales qui avaient explosé près de la ligne d’arrivée du marathon de Boston le 15 avril 2013. 
    Le carnage avait traumatisé la ville de 646 000 habitants, et la défense de Tsarnaev avait demandé en vain ces derniers mois que le procès ait lieu ailleurs.
    Elle avait fait valoir qu’il serait impossible de composer un jury impartial dans la ville où avaient les faits avaient eu lieu.
    Le juge O’Toole a refusé, mais la sélection des jurés se fait à partir d’un groupe particulièrement important de 1 200 personnes qui doivent se présenter d’ici à mercredi au tribunal.
    Le procès sera ensuite ajourné jusqu’à la fin de la semaine prochaine, avant que soit affinée la sélection.
    Tous les jurés doivent être ouverts à la possibilité de la peine capitale, car la condamnation finale doit être prise à l’unanimité.
    Le procès est assuré de remuer des souvenirs encore douloureux à Boston.
    Certaines victimes, comme Liz Norden, dont deux fils ont été amputés, se sont promis de ne pas manquer une seule journée des débats, pour essayer de comprendre. 
    « Je le veux mort », a-t-elle confié à l’AFP, expliquant que les attentats avaient détruit sa vie.
    D’autres victimes refusent même d’entrevoir Tsarnaev, qui était étudiant au moment du drame, et apparemment bien intégré. 
    Il était arrivé à Boston avec sa famille quand il avait huit ans. Leur père est d’origine tchétchène, mais les deux frères avaient passé la plupart de leur enfance au Kirghizistan, en Asie Centrale.
    La défense devrait s’appliquer à présenter Tamerlan comme le cerveau de ces attentats, que les frères radicalisés avaient apparemment préparés seuls.
    Tamerlan avait été tué lors d’une confrontation avec la police quatre jours après les attentats. Djokhar avait été arrêté quelques heures plus tard, caché dans un bateau, dans un jardin en banlieue de Boston, grièvement blessé.
    « Le gouvernement américain tue nos civils innocents. (…) Nous, musulmans, sommes un seul corps, vous faites du mal à l’un de nous, vous nous faites du mal à tous. (…) Arrêtez de tuer nos innocents et nous arrêterons », avait-il écrit sur une paroi du bateau.
    L’une de ses avocates, Judy Clarke, est une spécialiste des affaires de peine de mort. Après négociation avec les procureurs, elle l’a évitée à plusieurs de ses clients, notamment à l’auteur des attentats des Jeux d’Atlanta en 1996 (2 morts).
    Mais il lui faudrait parvenir à un accord avec les procureurs, qui n’y semblent pas disposés à ce stade.

    AFP

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