Bougainville : 18 ans après, toujours « dans l’obscurité »

    lundi 31 août 2015

    Cela fait 18 ans que les combats ont cessé à Bougainville, province autonome de Papouasie-Nouvelle-Guinée, mais de nombreuses familles continuent à chercher leurs proches disparus. « Dans l’obscurité, continuant à attendre » : c’était d’ailleurs le thème choisi par la Croix-Rouge à l’occasion de la Journée internationale des personnes disparues, hier.
    Il est difficile de connaître exactement le nombre de personnes qui ont disparu pendant la guerre civile ; il y en aurait entre une centaine et un millier, selon les estimations. Les combats ont fait plus de 15 000 morts en une dizaine d’années.
    Le gouvernement de Bougainville a mis en place une politique de recherche des disparus à la fin de l’année dernière, mais pour le moment, cela en reste au stade des discussions. Peter Garuai, qui a perdu son frère Benedict, tué par des soldats de l’armée papoue, voudrait que les autorités passent maintenant à l’action : « J’ai moi-même perdu mon frère, il n’est jamais revenu. Il avait 20 ans quand il a rejoint l’armée révolutionnaire de Bougainville, mais il a été tué. »
    Le corps de Benedict n’a jamais été retrouvé. La Croix-Rouge tente de pousser les gouvernements de Port-Moresby et de Bougainville à travailler ensemble pour soulager la souffrance des familles comme celle de Peter Garuai. Cela a une importance fondamentale, souligne Tobias Koehler, le représentant de l’ONG dans la province autonome : « Ça a des répercussions psychologiques. Les habitants de Bougainville sont très attachés à leur terre et la question de rapporter les restes humains de leurs proches chez eux, c’est capital. Les gens croient énormément aux esprits, aux esprits des morts. Souvent, quand on aborde le sujet, ils disent que ces esprits ne sont pas à l’aise, qu’ils vagabondent et interfèrent dans les vies des vivants jusqu’à ce que leurs os soient rapportés là où ils doivent être. »
    La disparition de leurs proches peut aussi avoir un impact économique sur les familles : impossible de toucher la pension qui leur serait due. Certains se voient même menacés sur leurs propres terres, ne pouvant pas prouver que leur famille vit à cet endroit depuis des générations. Or, souligne Tobias Koehler, « la terre, c’est la vie, ici ».
     
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