Bougainville : permettre le deuil, pour la réconciliation

    mercredi 22 octobre 2014

    16 ans après la fin de la guerre civile, le gouvernement a décidé d’exhumer les restes des corps des combattants pour les identifier et les restituer aux familles. Objectif : accélérer la réconciliation nationale.
     
    C’est une nouvelle approche, adoptée sur les conseils du Comité International de la Croix Rouge. Le conflit, qui a duré une dizaine d’années, a fait entre 15 000 et 20 000 morts. Beaucoup de familles n’ont pas encore pu faire leur deuil, faute d’avoir retrouvé les corps de leurs proches. « Le jour du référendum approche, et nous devons reconstruire l’unité à Bougainville, rétablir la confiance entre les Bougainvillais », explique John Momis, le Président de la Région autonome de Bougainville. 
    Ce référendum doit être organisé entre 2015 et 2020. Les 175 000 Bougainvillais choisiront alors entre l’indépendance, ou le maintien de leur statut de région autonome au sein de la Papouasie Nouvelle-Guinée. 
     
    En attendant la date du référendum, Bougainville va franchir une étape qui peut sembler anecdotique, mais qui est certainement symbolique : le 28 décembre 2014, la région autonome changera de fuseau horaire, elle s’alignera sur le fuseau de son principal partenaire commercial, les  Îles Salomon. Bougainville est en effet plus éloignée de l’île principale de la Papouasie Nouvelle-Guinée, que des Îles Salomon. « C’est un changement que nous aurions dû faire il y a longtemps, parce qu’avec le fuseau horaire actuel, le soleil se lève trop tôt à Bougainville par rapport au reste de la Papouasie Nouvelle-Guinée, donc changer de fuseau nous permettrait d’avoir plus de temps après le travail, pour faire du sport, des activités culturelles, ou cultiver nos potagers, par exemple.  Les Bougainvillais décideront de leur avenir le jour du référendum, et que Bougainville choisisse l’indépendance ou pas, le changement de fuseau horaire est absolument nécessaire », affirme John Momis.
     

    L’avenir de Bougainville dépend largement de sa principale richesse, la mine de Panguna. Ce sont les dégâts environnementaux causés par l’exploitation du cuivre, et les conflits autour de la répartition des royalties, qui ont déclenché la guerre civile. La remise en exploitation de Panguna fait toujours débat dans la région autonome.

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