BOXE – Renouvellement de délégation de service public : le gauche-droite de Tauhiti Nena

    jeudi 2 juin 2016

     Tauhiti Nena, président de la Fédération polynésienne de boxe, répond à la ministre des Sports Nicole Sanquer-Fareata.  L’ancien champion de boxe veut passer par l’assemblée et par la justice pour que sa fédération retrouve sa délégation de service public. Il demande à ce que la commission d’enquête, qui a rejeté son dossier, soit entendue par une commission de l’assemblée pour justifier sa décision.

    “Coups pour coups” avions-nous titré dans notre édition de samedi dernier suite à la conférence de presse donnée par la ministre des Sports Nicole Sanquer-Fareata au sujet de la réaction de Tauhiti Nena, président du Comité olympique de la Polynésie française (COPF), concernant le renouvellement de la délégation de service public (DSP) à la Fédération polynésienne de boxe (FPB) dont il est aussi président.

    Sans se vouloir prémonitoire, ce titre s’avère plus juste que jamais après la conférence de presse donnée par Tauhiti Nena, hier en fin d’après-midi, au siège de sa fédération. Dans des termes un peu moins nuancés que ceux de la ministre, le président de la FPB a tenu à reprendre un à un tous les points de désaccord qui les séparent et apporter des précisions sur le dossier qu’il avait présenté le 4 mai à la commission en charge des DSP. Le rejet de cette dernière, signifié par courrier la semaine dernière, n’en finit plus d’alimenter la polémique entre le ministère et le COPF, dont les relations étaient déjà très tendues.

    Secondé par son directeur technique Pure Nena, qui s’est appuyé sur une projection PowerPoint, Tauhiti Nena a repris les principaux points justifiant le rejet par la commission. À commencer par le retard de remise du dossier qui, document à l’appui, prouve qu’il n’avait pas été envoyé à la bonne adresse. Arguments d’un côté, contre-arguments de l’autre, pas moins de dix points afférents au développement, aux axes stratégiques, aux actions de formation, au bilan sportif… ont été démontés un à un.

    Réfutant parfois les termes employés par la commission comme “politique événementielle”, les frères Nena ont rappelé les actions menées jusqu’à présent et qui seraient enviées par des présidents de fédérations étrangères comme celui de la Nouvelle-Calédonie.
    L’un des points sur lequel les explications ont été les plus fournies concerne l’accord passé entre la Fédération anglaise de boxe, nouvelle délégataire de la DSP, et la Fédération française de boxe. Tauhiti Nena a rappelé que c’est par volonté collégiale et unanime de tous les présidents de fédération du COPF qu’il a été convenu, il y a plusieurs années, que lesdites fédérations n’avaient pas l’intention de retourner dans le giron national pour redevenir des ligues.

    La Fédération polynésienne de boxe et son conseil fédéral avaient donc suivi cette décision et maintenu les accords passés pour rester membres à part entière de la Fédération internationale de boxe (AIBA) et de la Confédération océanienne de boxe (OCBC), deux fédérations internationales qui leur offrent la possibilité de participer aux Oceania ou aux Championnats du monde.
    Le renouvellement des DSP n’aura jamais été autant cause de tension entre le ministère et le COPF, puisqu’en dehors de la boxe, rugby et dragon boat n’ont pas vu la leur renouvelée. Tauhiti Nena ne s’étonne qu’à moitié que ces trois fédérations, qui l’ont soutenu à son poste de président du COPF, soient ainsi retoquées. Il a tenu à rappeler que quoi qu’il arrive, son poste de président n’était pas menacé puisqu’il faisait encore partie du bureau du va’a, condition sine qua non pour être élu.

    Luc Ollivier

    Tauhiti Nena, président du Comité olympique de la Polynésie française et de la Fédération polynésienne de boxe “Ce n’est pas une action politique”

    “Même si j’ai porté le dossier jusqu’à l’assemblée, ce n’est pas une action politique. Le pouvoir législatif, c’est l’assemblée qui l’a et elle a donc le pouvoir de mettre en place une commission d’enquête auprès du service de la jeunesse et des sports qui ne fait pas son travail au niveau du respect des règles. L’assemblée met en place des règles et le service de la jeunesse et des sports et la ministre doivent les suivre. Comme ce n’est pas le cas, j’ai demandé à rencontrer le président de l’assemblée et les représentants pour demander à ce que ces règles soient appliquées.
    En parallèle, je mène une action en justice tout d’abord par un référé d’urgence ainsi qu’un référé sur le fond. Après tous les points qui viennent d’être exposés, je suis optimiste sur notre devenir et ils prouvent que la ministre ne dit pas la vérité. Je ne me souviens pas avoir déjà vu cette commission se mettre en place pour confronter deux fédérations. On peut se poser des questions quand on voit que l’on veut donner la DSP (délégation de service public, NDLR) à une fédération qui ne respecte pas les règles et qui ne présente aucun bilan. Je trouve qu’il y a un manque de respect du ministère par rapport à toutes les personnes qui travaillent bénévolement dans les fédérations. Ce qui nous est reproché est infondé quand on parle de bilan mitigé ou de manque de cadres. Nous faisons partie des deux fédérations qui en disposent en très grand nombre. Notre ministre a diffusé des informations erronées. Je ne cautionne pas ces agissements. Il serait bien qu’elle soit plus à l’écoute des représentants du sport avant de prendre des décisions irresponsables.”

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