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Le braqueur de la Poste de Rikitea condamné à 5 ans de réclusion

mercredi 5 avril 2017

braqueur rikitea

“Ils sont devenus des boss. Je voulais devenir comme eux”, se justifie Jean Puputauki en parlant de ses cousins, pour motiver son braquage. (© Florent Collet)

L’image du braqueur en combinaison de plongée, coiffé d’un casque de moto et armé d’un couteau suisse, avait longtemps donné un côté pittoresque au braquage commis sur l’île éloignée de Mangareva, dans le village de Rikitea qui compte 500 âmes.

Le témoignage de la guichetière en larmes plus de cinq ans après les faits, a rappelé la gravité des faits.

Le 12 mars 2012, après avoir volé un scooter, une combinaison, des gants et un couteau suisse, Jean Puputauki attend patiemment dehors la fermeture de l’agence pour s’y introduire après que le dernier client soit parti.

Sans parler, de peur d’être reconnu, il intime l’ordre à la guichetière, qu’il considère “comme sa sœur”, de lui verser l’argent contenu dans la caisse.

L’employée tente de trouver un subterfuge et fait tomber ses clefs pour tenter d’appeler la gendarmerie. Jean Puputauki sort alors son couteau et le place sous la gorge de la victime. La guichetière voit sa dernière heure arriver.

Présente à l’audience hier, elle demande à ce que le prévenu soit éloigné. “Je n’ai pas peur, mais cela fait cinq ans que je rêve de le tuer tous les soirs.”

La jeune femme en pleurs explique également que le préjudice réside dans les suspicions qui ont pesé sur elle, beaucoup au village la jugeant comme une complice, voire  comme l’auteure du vol. Des suspicions dont son supérieur hiérarchique serait à l’origine, selon l’avocat de Jean Puputauki.

Ancien nettoyeur de nacre, le neveu de Rere Puputauki explique avoir commis ce braquage pour montrer des signes extérieurs de richesse et afficher une réussite sociale que son embauche au GIP, puis comme conducteur d’engin à l’équipement, ne lui ont pas permis d’atteindre.

“Je voyais mes cousins, avec qui j’ai grandi, devenir des boss. Je voulais devenir comme eux”, explique celui qui est désormais employé au service des parcs et jardins. “Il faut croire que porter ce nom ouvre encore des portes pour trouver un emploi”, commente l’avocat de la victime.

Très rapidement, le nouveau train de vie de Jean Puputauki ne passe pas inaperçu, mais celui-ci l’avait justifié par le trafic de pakalolo auquel il s’adonnait.

Il s’était même vanté d’avoir gagné davantage que ce qu’il avait réellement perçu en dealant, ce qui lui avait déjà valu une condamnation à 18 mois de prison avec sursis.

S’il a d’abord nié le braquage, il l’a ensuite reconnu en garde à vue. Pour ces faits graves, pour lesquels il aurait pu encourir 20 ans de réclusion, l’affaire aurait dû être jugée aux assises, mais c’est la victime qui avait accepté de la faire passer devant le tribunal correctionnel.

Le procureur a associé des mots durs : “Vous êtes moins que personne. Vous n’êtes rien et pour toute votre vie, à nos yeux et à ceux de la victime”. 

Avant de demander une peine exemplaire d’au moins quatre ans de prison. Il écope finalement de cinq ans de prison ferme avec mandat de dépôt, l’obligation de rembourser l’OPT et de verser 700 000 F à la victime au titre du préjudice moral.

 

F.C.

 

 

 

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