BRÉSIL – Dix-huit morts dans une guerre du crime organisé en prisons

    mardi 18 octobre 2016

    Les mutineries et les violences sont très fréquentes  dans le système pénitentiaire du Brésil. (©  Heuler Andrey/AFP)

    Les mutineries et les violences sont très fréquentes dans le système pénitentiaire du Brésil. (© Heuler Andrey/AFP)

     

    Des détenus décapités, d’autres brûlés vifs : de violents affrontements entre les deux plus grandes factions du crime organisé au Brésil ont fait 18 morts dimanche dernier et hier dans deux prisons de la région amazonienne, un conflit qui risque de s’étendre.
    Hier, huit détenus sont morts carbonisés et deux autres ont été gravement blessés dans une prison de l’État de Rondonia, frontalier avec la Bolivie, au lendemain d’affrontements dans un pénitencier de l’État du Roraima, limitrophe avec le Venezuela, qui a fait 10 morts, selon un bilan revu à la baisse. La police avait fait état de 25 morts dans un premier temps.

    “Lundi (hier, NDLR), des détenus ont enfermé leurs rivaux dans leur cellule et y ont mis le feu. On soupçonne une dispute entre factions”, a indiqué un responsable policier de Porto Velho (capitale du Rondonia), ajoutant que 40 détenus avaient été transférés dans une autre prison.
    Dimanche dernier, dans le pénitencier agricole de Monte Cristo à Boa Vista, les heurts sont intervenus lorsque des prisonniers d’un pavillon ont envahi une autre aile de cette prison vers 15 heures locales (18 heures GMT). “Sept corps ont été retrouvés carbonisés et trois autres décapités. Six détenus ont été légèrement blessés et soignés”, a déclaré l’attachée de presse du gouvernement du Roraima, Jessica Laurie. “Dans un premier temps, la police a cru qu’il y avait plus de morts. Les détenus étaient armés de pierres et de morceaux de bois arrachés des murs. C’est avec ces morceaux de bois qu’ils ont décapité leurs rivaux, quelque chose de très brutal”, a-t-elle ajouté.

    Elle a expliqué que les conflits dans les deux prisons étaient liés : “La faction du crime organisé PCC (Premier commando de la capitale) a donné l’ordre de tuer les membres de la faction rivale CV (Commando Vermelho) dans toutes les prisons du pays”.
    “Cela a commencé à Boa Vista dimanche et continué ce matin à Porto Velho. Avant ces deux factions agissaient ensemble dans le contrôle des armes et de la drogue, mais elles ont rompu leur alliance de plus de vingt ans”, a-t-elle précisé.
    Les services de renseignements de Rio de Janeiro (Seap) étaient en état d’alerte depuis vendredi dernier en raison de la rupture de cette alliance et près d’une centaine de criminels du PCC et du CV ont commencé à être transférés à Rio.

    Le secrétaire à la sécurité du Roraima (à 3 400 kilomètres de Rio), Uziel Castro, a confirmé hier que “tous les systèmes pénitentiaires du Brésil savaient que quelque chose allait arriver” mais qu’ils ont été pris de surprise dimanche dernier parce que les affrontements ont eu lieu un jour de visite.
    “Il existe une tradition dans le monde du crime selon laquelle il n’y a pas de rébellion les jours de visite”, a dit M. Castro, cité par le site d’informations G1.
    Comme l’explique Camila Nunes Dias, sociologue et professeur à l’Université de la banlieue de Sao Paulo (UFABC), “il existe une alliance de fait entre le PCC, dont la base est à Sao Paulo, et le CV, dont la base est à Rio, depuis la naissance du PCC en 1996/97. C’est une alliance commerciale, d’échange de drogues et de cohabitation dans les prisons”. 

     

    AFP

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