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Le Brexit redistribue le jeu des financements européens

jeudi 28 février 2019

1DG Sommet OCTA1

Le succès de notre Association, depuis près de 20 ans maintenant, prouve notre capacité sans cesse renouvelée à nous organiser et à nous unir pour défendre d’une seule voix, par-delà nos différences de culture, de langue, de statut juridique ou de développement, nos intérêts communs face aux enjeux et aux défis de notre relation avec l’Europe.”

Le président Édouard Fritch a prononcé, hier matin, à Punaauia, un discours à l’occasion de l’ouverture de la conférence ministérielle de l’Association des pays et territoires d’outre-mer (OCTA), au Tahiti Ia Ora Beach Resort, à Punaauia.

Depuis 2000, les représentants des pays et territoires d’outre-mer (PTOM), à Bruxelles, ont commencé à se réunir afin de coordonner leurs points de vue. L’OCTA compte 22 membres, y compris tous les PTOM habités de l’Union européenne, ainsi que les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF).

Une association confrontée à une problématique nouvelle apportée par le Brexit. En effet, avec la sortie programmée du Royaume-Uni de l’Union européenne, ce sont près de la moitié de membres, dont Pitcairn, qui quitteront l’association.

En tant qu’organisation, nous devons aussi faire face à la douloureuse question des implications du Brexit sur l’appartenance de certains de nos membres à l’OCTA. Face aux incertitudes inhérentes à cette situation extraordinaire, nous nous devons d’être pragmatiques, à l’écoute de tous nos membres, tout en gardant à l’esprit les intérêts supérieurs de notre organisation”, a également souligné le chef de l’exécutif, en précisant les évènements importants à venir concernant l’Union Européenne, à commencer donc par le Brexit en mars, les élections européennes en mai, suivies du renouvellement des membres de la Commission européenne en octobre.


Esprit de coopération

 

La Polynésie française vient d’assurer, pendant une année, la présidence de l’OCTA, et c’est à ce titre que le Pays organise cette 17e conférence ministérielle de l’OCTA.

Le président Fritch a rappelé qu’il avait lui-même mené la délégation de la Polynésie française aux conférences ministérielles de Bonaire, en septembre 2002, et de Bruxelles, en décembre 2003. Selon lui, l’OCTA est devenue un partenaire, adulte et incontournable, du dialogue UE-PTOM.

Depuis l’élection de la Polynésie française à la présidence de l’OCTA le 22 février 2018, nous nous sommes efforcés d’entretenir cet esprit de coopération et de solidarité, en privilégiant toujours la recherche du consensus pour la promotion et la défense de nos intérêts communs”, a assuré le président.

Nous avons pu définir des positions communes sur plusieurs sujets, dont les orientations stratégiques de notre partenariat avec l’Union européenne et la révision de la décision d’association, les futurs programmes et instruments financiers pour la période 2021-2027 ou encore le financement additionnel de BEST 2.0.”

Grâce à l’OCTA, le Pays dit disposer d’éléments pertinents supplémentaires pour nourrir son dialogue constructif avec la Commission européenne.

Il nous faut aller toujours plus loin dans le renforcement et la valorisation de notre partenariat stratégique, dans l’obtention de financements européens dédiés à la hauteur des enjeux et des besoins de nos populations, dans la participation effective de nos territoires aux programmes horizontaux”, a souligné Édouard Fritch.


D.G.

 

“L’Europe, c’est aussi notre passeport”

Édouard Fritch, président du Pays

“Au-delà des besoins financiers, il ne faut pas oublier que l’Europe, c’est aussi notre passeport. Et avec un passeport européen, les Polynésiens bénéficient d’une certaine mobilité à l’autre bout du monde. (…) Les fonds européens, c’est ce qui nous a permis de construire, dans les années 1960, l’hôpital de Mamao, d’assainir l’île de Bora Bora…
Ce sont des financements qui, par leurs montants, sont importants pour certains grands projets. Aujourd’hui, la Polynésie a décidé de développer son tourisme, et nous faisons appel aux fonds européens pour l’aménagement des quais, des sites touristiques… Il est important de continuer à se battre pour ces financements. Ce sont des concours financiers complémentaires. L’État français est là pour nous accompagner et il y a les banques.

Je pense proposer à nos techniciens de remettre le problème de l’environnement en priorité sur les financements européens. Je pense particulièrement à l’assainissement de la zone urbaine et suburbaine puisqu’il y a des investissements vraiment très lourds. (…) Côté emprunts, il y a la banque européenne d’investissement, qui travaille avec les banques locales, en particulier la Socredo. Ça nous permet l’accès à des emprunts à taux préférentiels.”

 

 

Le Tavini dénonce un “sommet de la honte”

Dans un long communiqué, le Tavini huiraatira s’indigne que le président du Pays accueille à Tahiti, avec le parrainage de l’État français, le “Sommet de la honte”, du 25 février au 1er mars.

Le Tavini ne souhaite pas ici critiquer l’action de la Commission européenne, une institution politique que nous respectons comme un partenaire du développement de nombreux États indépendants”, écrit le parti indépendantiste, tout en dénonçant un forum d’où émane “un parfum de colonialisme et de néo-colonialisme”.

Le Tavini entend rappeler que les collectivités ultramarines ou ultrapériphériques de l’OCTA “sont toutes rattachées à des puissances administrantes”, sont “le fruit d’une histoire coloniale”, et ont eu, ou ont encore “des revendications d’émancipation”.

La tenue du forum de l’OCTA, a fortiori en présence de la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, est qualifiée d’“erreur politique majeure”. Le camp bleu ciel, qui souhaite prendre à témoin la communauté internationale, invite l’État français à rejoindre les travaux du Comité des 24 et de la Quatrième commission de l’ONU “pour entamer un dialogue raisonné sur un processus d’accession à la pleine souveraineté”. Le Tavini et 193 ont annoncé leur intention de manifester demain matin devant le Tahiti Ia Ora Beach Resort.

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