Un budget 2017 pour « consolider la reprise »

    mardi 18 octobre 2016

    apf

    Le rapport du gouvernement qui précède le débat d’orientation budgétaire à l’assemblée est prudemment optimiste et s’appuie sur de bonnes rentrées fiscales et une conjoncture en convalescence pour éviter de peser plus lourdement sur les entreprises. Le budget primitif doit être adopté avant le 15 décembre. (© APF)

     

    Le rapport du gouvernement a été transmis aux représentants, avant l’examen du projet de budget primitif pour 2017. Il dresse un constat “largement positif” pour l’économie polynésienne à mi-année 2016. Les mesures en faveur des entreprises et des particuliers sont maintenues et renforcées pour certaines.

     

    “Le budget 2017 sera entièrement dédié à stimuler l’emploi, l’investissement et l’activité économique. Le budget s’appuiera par ailleurs sur un pacte de stabilité fiscale pour donner de la visibilité aux acteurs économiques et favoriser l’initiative privée.

    Le budget primitif 2017 sera un budget de consolidation de la reprise économique constatée depuis déjà deux années avec la progression du PIB (produit intérieur brut, NDLR).” L’année prochaine doit voir “une montée en puissance de l’ensemble des secteurs clés (logement social, actions économiques, tourisme, soutien à l’emploi et à la solidarité, progression globale des dépenses d’investissements), gage d’un développement économique et social plus soutenu”.

    C’est une attitude optimiste qu’adopte le gouvernement dans sa présentation, avec un grand titre : “Une confiance et le chemin de la croissance retrouvés”. Le PIB progresse de 1,1 % en volume en 2016, comme il l’avait fait en 2015, soutenu par la consommation des ménages qui progresse de 1 %. De janvier à août 2016, l’investissement a bondi de 5,1 % par rapport à l’an dernier.

    L’indicateur du climat des affaires est haut, la défiscalisation sauvée jusqu’en 2025, la pause fiscale sur 2015 et 2016 porte ses fruits et “les entreprises ont amélioré leur productivité, assaini leurs finances”, même si l’investissement des entreprises “se tasse au premier semestre 2016” et même si cette confiance retrouvée ne se traduit guère en création d’emplois. Mais c’est surtout dans les recettes fiscales, qui devraient montrer en 2016 une hausse de 3,23 % (+2,814 milliards de francs) par rapport aux prévisions, puis progresser de 6,95 % en 2017, et dans la hausse de 8 % de la fréquentation touristique, que le gouvernement voit la preuve de la relance économique.

     

    Une dette maîtrisée

     

    Le Pays, de son côté, a lui aussi “maîtrisé ses dépenses, assaini sa situation financière, retrouvé la confiance des bailleurs de fonds.” Une situation matérialisée par la note BBB-  avec perspective stable attribuée par Standard & Poor’s, “après 16 années d’une lente mais constante rétrogradation”. C’est ainsi, explique le rapport, que le Pays “a relancé sa politique d’investissements en puisant dans sa capacité d’autofinancement rétablie”.
    La Polynésie devrait terminer l’année 2016 avec une dette de 86,878 milliards de francs, et 84,942 milliards à fin 2017. L’annuité prévisionnelle de remboursement est de 13,8 milliards en 2016, dont 3,850 milliards pour les intérêts, et de 9,941 milliards pour le remboursement en capital des emprunts. Les plus gros créanciers du Pays restent la Société de financement local (SFIL) (ex-Dexia Crédit local) qui détient 30,33 % de cette dette, suivie de l’Agence française de développement (AFD) (24,60 %) et la Banque populaire-Caisse d’épargne (BPCE) (13,46 %).

    La durée de vie résiduelle de la dette est de dix années et trois mois. En 2017, le gouvernement prévoit de s’autoriser 8,4 milliards de francs d’emprunts nouveaux.
    Quant au déficit de la protection sociale généralisée (PSG), initialement prévu à 5,367 milliards de francs, il devrait n’être “que” de 4,530 milliards, grâce à la participation de l’État au financement du régime de solidarité de la Polynésie française (RSPF) à hauteur de 1,4 milliard en 2016. Le document transmis par le gouvernement reste discret sur la réforme de la PSG, indiquant seulement que “les premières mesures opérationnelles seront présentées dès cette session”.
    En revanche, la maîtrise des dépenses de personnel reste difficile : les fonctionnaires du Pays vont coûter 30,378 milliards en 2016, sans grand changement par rapport aux années précédentes. Les satellites du Pays, eux, représentent une masse salariale de 26,847 milliards de francs pour 3 876 personnes. Le gouvernement assure qu’ils seront surveillés de près en 2017, “afin que les dérives et manquements régulièrement constatés par la CTC (chambre territoriale des comptes, NDLR) s’atténuent considérablement”.

     

    Si le feu est vert, il faut… démarrer

     

    Il s’agit maintenant pour le gouvernement de faire voter un budget “dédié à stimuler l’emploi, l’investissement et l’activité économique”. Il promet donc un “pacte de stabilité fiscale”, la suppression de taxes sur des produits de grande consommation pour lutter contre la vie chère et des soutiens aux investissements “de projets de construction hôtelière, de centre culturel, de pôle de santé mentale, de logements sociaux ainsi que des projets de centrales hybrides dans les îles”. Il faudra également mettre en œuvre “les schémas directeurs structurants et les stratégies de développement dans des domaines prioritaires” élaborés en 2015 et 2016. L’enveloppe “investissement 2017” est pour l’instant estimée à 29 milliards de dépenses liquidées, contre 23 milliards pour 2016.

     

    C.P.

     

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