Habillage fond de site

Le budget pharaonique du COL Tahiti Va’a

vendredi 12 janvier 2018

VA'A

Le départ de la course V6 open masculine, lors des premiers Mondiaux de va’a marathon, fin juin 2017, au Taaone. (© archives LDT)


Le budget du Comité organisateur local (COL) des championnats du monde de va’a est établi pour l’année 2017 à 330 millions de francs.  Le COL évalue à 248,5 millions, les retombées économiques générées à l’occasion des premiers championnats du monde, en juin 2017. L’année écoulée a été compliquée pour l’association : difficultés à payer les fournisseurs, actifs mis en vente et changement de direction.

À l’heure des bilans, en voici un qui vaut le détour. Le budget du Comité organisateur local (COL) des championnats du monde de va’a est pharaonique. Cette association, nommée Tahiti Va’a 2018, annonce un équilibre budgétaire pour le seul exercice 2017 à hauteur de 330 millions de francs, dont les deux tiers sont alimentés par des subventions publiques.

Pourtant, en milieu d’année 2017, des difficultés sont apparues avec les fournisseurs. Le COL a changé son équipe dirigeante : Noëlline Parker et Reynald Temarii ont été remplacés par Tiphaine Gribelin et Hana Chicou. Et des actifs (bateaux et pirogues) ont été mis en vente pour faire rentrer de la trésorerie. De quoi y regarder de plus près.

 

Un budget qui a explosé

 

En trois ans, ce projet a vu son budget passer de 100 millions à plus de 700 millions de francs. Jean Chicou, conseiller municipal de la majorité à Pirae et président du COL Tahiti Va’a 2018, était aux commandes dès le départ : “Quand on a préparé le dossier, on n’avait aucune idée de ce que ça coûterait. On a regardé ce qui avait été fait au Canada (en 2012, NDLR), et on a écrit 99 millions. Mais c’était pour un seul événement en juin 2018, et sans toutes les opérations autour pour les jeunes, les quartiers, le parava’a”, raconte aujourd’hui Jean Chicou.

En ce début d’année 2018, la directrice du COL, Tiphaine Gribelin, estime que le projet global, avec deux championnats (2017 et 2018), va coûter au total 600 millions de francs.

Elle y ajoute “près de 100 millions de francs de prestations valorisées en nature”, comme la retransmission de l’événement par TNTV, qui ne facture pas au COL, mais dont la prestation est incluse dans le budget 2017.

Les budgets globaux, prestations en nature incluses, se sont élevés, selon le COL, à 5 millions de francs en 2015, 100 millions de francs en 2016 et 330 millions de francs en 2017. Le COL prévoit un nouveau budget à 330 millions francs pour 2018.

Les recettes proviennent “pour un tiers du Pays, pour un tiers de l’État”, compte Jean Chicou. “Les dépenses de fonctionnement ne dépassent pas 15 %”, assure Tiphaine Gribelin.

 

187 millions d’entrées de devises

 

Face à ces dépenses publiques considérables, le comité organisateur insiste sur les retombées économiques générées. Selon le bilan établi en cette fin d’année par l’association, les championnats du monde de marathon de va’a organisés en juin 2017 au Taaone ont engendré 187 millions de francs d’entrées de devises : 72 millions en billets d’avion, 47,5 millions de “packages hospitalité” vendus, 46,8 millions de francs de subvention en euros du centre national pour le développement du sport et 17 millions de francs d’achats sur place.

Le COL ajoute également 61,5 millions de francs de consommation des ménages locaux, où l’on trouve notamment la vente des 33 V6 du premier Mondial pour 23,1 millions, de 32 V1 pour 6,4 millions et la vente de six bateaux pour 18 millions de francs.

Au total, les “retombées économiques” sont donc estimées par le COL à 248,5 millions de francs pour 2017, avec une participation de 500 athlètes. En 2018, 2 300 rameurs sont attendus à Pirae pour les championnats du monde de vitesse. Le comité organisateur espère donc une explosion des recettes pour le Pays.

 

Difficultés financières et changement d’équipe

 

Le bilan du COL pour les championnats marathon de 2017 ne fait pas mystère de plusieurs problèmes qui ont fait grimper le budget : l’électrification de Aorai tini hau, l’installation de chapiteaux provisoires et de sanitaires, la réparation de fuites d’eau à l’internat de Taaone, des travaux de peinture au réfectoire du lycée… “L’inscription d’une ligne budgétaire dédiée aux imprévus a été déterminante pour pouvoir faire face à ceux-ci”, écrit le COL.

Dans le courant de l’année, plusieurs fournisseurs ont éprouvé des difficultés à se faire payer par l’association. “D’importants délais de procédure liés à certaines subventions ont réduit la capacité du COL à solder la totalité des fournisseurs et prestataires engagés à temps. Cette situation a créé une paralysie de fonctionnement, rendu délicates les relations avec les fournisseurs et créé une situation précaire pour certains patentés ou petites entreprises. Le COL a puisé dans ses ressources propres : vente de V6 et bateaux, programme hospitalité 2018, ACC bancaire (découvert)”, explique le document de bilan.

Jean Chicou et Tiphaine Gribelin insistent sur un point pour finir : ces difficultés ne seraient en rien responsables du départ de l’ancienne directrice du COL, Noëlline Parker, et de son “conseiller spécial”, Reynald Temarii.

“C’était prévu comme ça dès le départ dans leurs contrats”, rassure Jean Chicou. Ces deux dirigeants ont quitté l’association le 31 août 2017.

Aujourd’hui, le COL Tahiti Va’a 2018 fait travailler vingt personnes à temps plein (dont 15 en contrats aidés), au sommet de l’immeuble Te hau nui à Papeete.

 

Benoît Buquet

 

 

0
0
0

Pavé PI

Edition abonnés
Le vote

Retraites : Selon-vous, la réforme de la Protection sociale généralisée est-elle nécessaire, même si cela suppose des efforts de tous pour la survie du système ?

Loading ... Loading ...
www.my-meteo.fr
Météo Tahiti Papeete