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Ça gronde à Mahina contre les nuisances sonores

mardi 2 mai 2017

nuisance sonore élèves

Les nouveaux Abribus du collège servent de lieu de rassemblement pour les jeunes désœuvrés des quartiers sociaux. Les débordements liés à l’alcool et au paka empoisonnent le voisinage. (© Jean-Luc Massinon)


Les administrés se mobilisent et sollicitent le maire pour faire cesser les nuisances sonores, à Mahina. Rassemblements de jeunes alcoolisés et drogués près des Abribus et sur les terrains vagues, et courses de scooters, route de la pointe Vénus, perturbent la paix des riverains. La police municipale dispose désormais des timbres-amendes pour les contrevenants, mais le couvre-feu pour les mineurs est toujours en réflexion.

Le fléau ne date pas d’hier, mais aujourd’hui la population de Mahina supporte de moins en moins les nuisances sonores. La grogne monte dans les quartiers de la commune. Les administrés, individuellement ou en collectif, n’hésitent plus à solliciter le maire pour faire cesser leur calvaire. Car si ces gênes prennent plusieurs formes, le résultat est toujours le même : les victimes disent en être “malades”.

On ne parle pas là de l’occasionnelle bringue musicale causée par un voisin qui fête un anniversaire.

Les nuisances, rapportées par les plaignants, durent souvent depuis des mois, voire des années. Les tentatives de conciliations, les supplications, les leçons de morale et même les plaintes n’y font rien. Elles perdurent.

Dans certains cas, les auteurs de ces nuisances sont décrits comme des oppresseurs.

Car, dans les témoignages, les victimes (qui souhaitent rester anonymes par peur de représailles ou d’envenimer la situation) disent se sentir “harcelées”. Volontairement ou inconsciemment, les auteurs de nuisances narguent ces riverains qui aspirent au calme.

Dans certains cas même, la provocation est évidente.

Le poste de radio hurlant trop tôt le matin, ou la tondeuse à gazon passée à l’heure de la sieste, le week-end, relèvent d’un manque de savoir-vivre en communauté. Ils sont agaçants, mais pas assez répétés pour miner la santé.

 

Une colère qui va monter jusqu’où ?

 

Les faits dénoncés à la mairie sont d’un autre ordre. Dans certains quartiers, ce sont les heures de sommeil qui sont perturbées. Certains lieux privés ou public sont devenus des lieux de rassemblement générateurs de nuisances sonores.

Route de la pointe Vénus, dans certains quartiers, des terrains vagues attirent un public de noctambules peu soucieux de la quiétude des habitants.

Dans ces zones “malfamées”, l’alcool est consommé abondamment et le pakalolo circule. En plus du bruit généré par ces rassemblements, les va-et-vient des scooters et des voitures empoisonnent les riverains.

Sur la route de la pointe Vénus, rebaptisée avenue Orohena, ce sont les courses de scooteurs et de motos, qui troublent les nuits des plus proches habitants du bord de route.

Et plus particulièrement ceux situés au bout de l’avenue car c’est de là que sont donnés les départs des courses illicites des engins souvent trafiqués et pétaradants.

L’intervention des mutoi, et même les amendes infligées n’ont pas fait cesser ces run nocturnes. Alors, il y a eu des confrontations entre jeunes et résidents.

Il y a eu des insultes, des menaces, et le face-à-face pourrait bien un jour se terminer par des coups, tant l’exaspération est à son comble.

À l’entrée du lotissement Fareroi, la parole se libère aussi. Le voisinage est usé par les rassemblements organisés autour des nouveaux arrêts de bus.

 

Abribus à brimade

 

Les “vrais” utilisateurs en sont ravis. Les collégiens et les lycéens de Atima y attendent leur transport à l’abri et en sécurité. Sauf que le site attire désormais les jeunes désœuvrés du quartier Fareroi.

Le week-end, l’alcool et la drogue circulent, et le cocktail débouche sur des excès. Le volume des appareils de musiques s’envole et une montée de la violence apparait. Il y a déjà eu des confrontations avec des riverains.

Pour l’instant, il n’y a eu que des menaces et des sonos malmenées. Mais finalement les victimes de ces nuisances se taisent pour éviter le pire car rien ne dit qu’une altercation ne dérape pas un jour car certains jeunes sont incontrôlables.

Pour preuve, dans la nuit du Jeudi au Vendredi Saint, après une nuit passée à ces arrêts de bus, deux frères en sont venus aux mains en rentrant chez eux. La bagarre aurait pu faire un égorgé, la lame n’a fait qu’effleurer le cou d’un des frères.

Mais combien de temps encore cette colère contenue des riverains concernés sera-t-elle maîtrisée ?

Jean-Luc Massinon

 

Ce qu’il en coûte !

– 4 150 F : bruit dans un espace classé.
– 8 100 F : bruit, tapage nocturne troublant la tranquillité d’autrui.
– Cette amende est aussi infligée à celui qui aide ou assiste une personne faisant du bruit. – Cela s’adresse également aux auteurs de bruit, tapage injurieux diurne (de jour) troublant la tranquillité d’autrui.
– Pour l’émission de bruit portant atteinte à la tranquillité du voisinage ou à la santé de l’homme par sa durée, son intensité ou sa répétition.
– Attention ! Les amendes forfaitaires peuvent être majorées en cas de non-paiement dans les délais et portées à 8 900 F pour celle de 2e classe (4 150 F), et à 21 450 F pour celle de 3e classe (8 100 F).

 

 

Que dit l’arrêté ?

arrêté nuisance sonore

En 1997, l’ancien maire de Mahina avait pris un arrêté pour interdire la consommation d’alcool à la pointe Vénus et dans les lieux publics. Les administrés demandent au nouveau maire de faire appliquer l’arrêté que lui a pris en 2016 pour les mêmes motifs. (© Jean-Luc Massinon)

– L’intitulé : le 24 mai 2016, le maire de Mahina, Damas Teuira a pris un arrêté “réglementant les regroupements de personnes, la consommation d’alcool et l’utilisation d’appareils occasionnant des nuisances sonores sur les espaces publics de la ville de Mahina”.

– L’interdiction : l’article 1er précise qu’il “est interdit tout attroupement ou regroupement de personnes, toute consommation d’alcool, toute nuisance sonore provenant notamment du musique dite ‘boum-boum’ et divers autres bruits gênants susceptibles de porter à la tranquillité et l’ordre public.”

– Les poursuites : l’arrêté indique dans son article 2 que “toutes infractions aux dispositions du présent arrêté seront constatées et poursuivies conformément aux règlements et lois en vigueur.“

– Les horaires : il est précisé dans l’article 3 que “les interdictions s’étendent de 14 heures cheque jour à 8 heures le lendemain”.

– Les sites : le document précise également les périmètres concernés, à savoir :
– Site de la pointe Vénus
– Parking et alentours de la salle omnisports
– Cimetières communaux et alentours
– Parking des commerces
– Parking et alentours du collège de Mahina
– Parking et alentours du lycée professionnel de Mahina
– Site de Hitimahana
– Terrain de jeux et alentours du lotissement Matavai
– Terrain de jeux et alentours du lotissement Fareroi
– Terrain de jeux et alentours du lotissement Atima social
– Littoral d’Ahonu et Orofara
– Point de vue Tapahi et alentours
– Parking du col du Taharaa

– Les interventions : le maire charge la police municipale, les forces de gendarmerie et la direction générale des services de l’exécution du présent arrêté.

 

 

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