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Il caillasse la gendarmerie pour retourner en prison

vendredi 17 novembre 2017

police tribunal

Souhaitant retourner en prison, Ruben Mai a mis toutes les chances de son côté en caillassant la gendarmerie et en adressant des doigts d’honneur au juge. (© Florent Collet)

Une longue chevelure blanche attachée avec une cordelette, une imposante barbe, le corps couvert de tatouages et un regard noir adressé au juge dès son entrée en salle d’audience… Ruben Mai ne passe pas inaperçu au tribunal où il est déjà très défavorablement connu.

En 1998, il a été condamné à 18 ans de réclusion criminelle après avoir assassiné son petit frère. Avant et après cela, il avait également été condamné pour attentat puis agression sexuelle.

Mais hier, il comparaissait devant le tribunal correctionnel pour des faits qu’il a commis à déjà trois reprises, et pour la quatrième fois, mardi soir, à savoir caillasser les locaux de la gendarmerie de l’avenue Pouvana’a-a-Oopa.

Le matin, Ruben Mai avait été libéré de prison et comme il l’avait déjà fait les fois précédentes, il a consacré ses premiers moments de liberté à la gendarmerie.

“Nous savions qu’il était sorti le matin, nous étions vigilants”, explique un gendarme qui loge à la caserne et qui a été le témoin des faits.

Connaissant Ruben Mai, il avait remarqué sa présence et ses nombreux allers et retours à l’entrée de la brigade des Tuamotu Centre.

Il avait rapidement donné l’alerte dès qu’il avait vu l’homme de 41 ans saisir un objet et le lancer sur le toit de la gendarmerie.

“Qu’est-ce que vous avez lancé sur le toit ?”, l’interroge le juge. “Je ne sais plus. Je n’ai plus rien à vous dire”, a tonné le prévenu.

Un choix du silence qui est un droit devant le tribunal et qu’il exercera jusqu’à la fin du procès et qu’il avait déjà exercé durant toute la procédure.

Les trois objets envoyés sur la gendarmerie ont provoqué de légers dégâts matériels chiffrés à 40 000 F, mais le mal subi par la gendarmerie se situe à un autre niveau, comme l’explique le gendarme qui insiste sur “l’émoi suscité au sein des familles hébergées dans les casernes. Les familles ont peur. Le passé de cet homme n’est pas anodin. Pour l’instant, il ne s’en prend qu’aux bâtiments, mais si quelqu’un était dehors ?”

Durant ce témoignage, Ruben Mai est affalé sur la barre, semblant presque endormi. Quand le juge lui demande s’il souhaite ajouter quelque chose avant les réquisitions du procureur, il se relève doucement et sans prononcer un mot, pointe deux doigts d’honneur vers le président du tribunal qui lui répond : “Je ne relèverai pas l’outrage, j’ai d’autres chats à fouetter.”

Le procureur explique l’extrême dangerosité de Ruben Mai – “Lorsqu’il est dehors, on peut s’attendre à tout de sa part” – avant de requérir neuf mois de prison en laissant liberté au juge de mettre la peine maximale.

La plaidoirie de l’avocat commis d’office de Ruben Mai sera l’une des plus courtes jamais entendues lors d’une comparution immédiate.

La volonté de mon client est de retourner en prison. Néanmoins, vous comprendrez aisément qu’en tant qu’avocat de la défense, rejoindre un tel parti pris m’amènerait à développer les premiers symptômes de la schizophrénie. Je suis par ailleurs désireux de ne pas réitérer les propos du procureur dont je salue la justesse et je m’en rapporte à la sagesse de votre juridiction.”

Appelé par le juge à s’exprimer une dernière fois avant le délibéré, Ruben Mai a la même réaction et lui adresse une nouvelle fois un double doigt d’honneur. “Vous pourriez changer un peu, cela devient lassant”, ironise le juge qui reviendra pour condamner Ruben Mai à trois ans de prison ferme.

Au lendemain de sa libération, il a réussi à retourner là où il le souhaitait : en prison. 

 

F.C.

 

 

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