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Californie – Face aux questions sur la “maison de l’horreur”

mercredi 17 janvier 2018

Sur les photographies rendues publiques par le shérif local, Louise et David Turpin partagent un aspect négligé. (Photo : Jose Romero/Riverside County Sheriff's Department/AFP)

Sur les photographies rendues publiques par le shérif local, Louise et David Turpin partagent un aspect négligé. (Photo : Jose Romero/Riverside County Sheriff’s Department/AFP)

La police américaine tentait hier d’éclaircir les circonstances dans lesquelles un couple en Californie a fait subir à ses propres enfants de multiples sévices, les affamant et les enchaînant dans une “maison de l’horreur” sans éveiller les soupçons autour d’eux.

Les victimes–treize frères et sœurs, dont un bébé de deux ans – ont été hospitalisées. Sept membres de cette fratrie sont des adultes que les enquêteurs ont d’abord pris pour des mineurs, étant données leur fragilité et la dénutrition dont ils souffraient.

“Ils sont petits et il est très clair qu’ils sont dénutris”, a décrit Mark Uffer, responsable d’un centre médical local. “Ils ont enduré un calvaire extrêmement traumatisant.”

Les parents, Louise et David Turpin, âgés respectivement de 49 et 57 ans, ont été écroués, après avoir été bien en peine d’expliquer pourquoi ils avaient ligoté certains de leurs enfants à leur lit, avec l’aide de chaînes et de cadenas.

Les autorités présentes à Perris, une petite ville du sud de la Californie, ont  tenu d’une conférence de presse hier.

Ces enfants “vont requérir une prise en charge psychologique et psychiatrique sur le long terme, en raison des épisodes prolongés de mauvais traitements et de famine auxquels ils ont été soumis”, a souligné la docteure Sophia Grant, à ce même point presse.

Le cauchemar aurait en tout cas continué si l’une des sœurs n’avait réussi tôt dimanche à se soustraire à la détention implacable à laquelle elle était soumise.

 

Visage émacié

 

L’adolescente de 17 ans est parvenue à s’emparer d’un téléphone portable dans la maison-prison, avec lequel elle a composé vers 6 heures le numéro d’urgence 911.

À leur arrivée, les policiers ont cru que la jeune fille n’avait que 10 ans, vue son aspect chétif et son visage émacié. “Mes frères et sœurs sont prisonniers à l’intérieur”, a-t-elle alors confié.

Là, dans l’obscurité et dans une odeur prenant à la gorge, les agents ont en effet découvert une scène à faire frémir : les douze autres victimes, dont les membres étaient pour certaines entravées, livrées à l’abandon et à la saleté. Ils criaient famine.

Depuis combien de temps durait la séquestration ? Comment celle-ci n’a pas suscité d’alertes chez les voisins, les milieux sociaux, ou les personnes en contact avec le couple Turpin ? Quelle est l’histoire de cette famille, qui a quitté le Texas pour la Californie il y a plusieurs années et s’est retrouvée plongée dans les déboires financiers ?

La police a offert hier quelques réponses.

“Nous n’avions jusque-là jamais été alertés sur des soupçons d’abus d’enfants dans cette résidence”, a affirmé Greg Fellows, chef de la police de Perris.

Il a précisé que les premiers éléments de l’enquête ne permettaient pas de savoir si des agressions sexuelles avaient été commises dans la maison, ni si les parents auraient fait partie d’une quelconque secte religieuse.

“La mère a semblé déconcertée de nous voir intervenir dans la maison”, a-t-il ajouté, en décrivant l’aspect “extrêmement sale” des lieux.

Kimberly Milligan, une voisine  vivant depuis plus de deux ans dans le quartier, se souvient d’avoir vu seulement trois enfants, un jour. “Ils étaient pâles comme des vampires et n’avaient que la peau sur les os”, a-t-elle confié.

Les enfants étaient censés bénéficier d’une scolarisation à domicile, une pratique qui n’est pas rare aux États-Unis. David Turpin se présentait comme directeur d’une école privée sise à la même adresse que l’habitation familiale.

Le couple a été incarcéré pour torture et mise en danger d’enfants, avec une caution de neuf millions de dollars fixée pour leur éventuelle remise en liberté conditionnelle, a annoncé la police du comté de Riverside.

“Quand des jeunes de 17 ans en paraissent 10, quand ils sont enchaînés à un lit… comment ne pas qualifier cela de torture ?”, a relevé M. Fellows.

Les services de protection de l’enfance ont de leur côté ouvert une enquête.

Sur les photographies rendues publiques par le shérif local, Louise et David Turpin partagent un aspect négligé, elle les cheveux poivre et sel en bataille, un sourire énigmatique aux lèvres, lui avec une barbe de trois jours, une longue frange et des mèches jusqu’aux épaules. 

 

AFP

 

 

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