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Cambriolée et violemment agressée, la victime de Moorea a aussi été violée

mercredi 18 janvier 2017

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L’homme reconnaît le cambriolage, les violences et le viol, mais minimise la tentative de meurtre. (© Florent Collet)


Samedi dernier, à Tiaia, à Moorea, un homme de 45 ans cambriole un foyer habité par une veuve. Surpris par cette dernière, il la roue de coups, la viole et met le feu à la demeure en laissant la victime à l’intérieur. L’homme reconnaît les faits reprochés. Il risque la prison à perpétuité.

 

Une boucherie ! Dans toute ma carrière, je n’ai jamais vu une telle boucherie.” Ainsi sont décrits les faits commis samedi dernier à Tiaia, sur l’île de Moorea, par un homme de 45 ans sur une veuve qui a échappé de peu à la mort. Une affaire qui a suscité d’autant plus d’émotions au palais de justice que la victime était la femme d’un avocat décédé en 2015.

Samedi dernier, aux environs de 14 heures, la veuve surprend un homme sur sa terrasse, qui vient semble-t-il de cambrioler sa demeure. Il la roue de coups jusqu’à la rendre inconsciente, puis la traîne dans la maison avant de la violer. Il répand ensuite un liquide inflammable et met le feu à la demeure pour faire disparaître les preuves et tuer sa victime. L’enquête devra éclaircir ce point.

Car l’homme, inconnu des forces de polices jusque-là, reconnaît le cambriolage, les violences et le viol mais minimise son intention d’avoir voulu donner la mort. Fort heureusement, “dans un instinct de survie”, comme l’a expliqué le procureur de la République, la quinquagénaire avait réussi à s’extirper de la maison en flammes avant d’être secourue.

Un juge d’instruction a été saisi de l’affaire après que le parquet eut engagé des poursuites pour viol, tentative de meurtre précédée de viol, vol aggravé par trois circonstances et destruction de biens par incendie de nature à mettre en danger la vie d’autrui. Des peines pour lesquelles l’homme encourt la prison à perpétuité.

Le parquet a demandé son placement en détention provisoire. Présenté au juge des libertés et de la détention, il a ensuite été placé en détention provisoire à Nuutania hier après-midi.

F.C.

 

Élan de solidarité pour la quinquagénaire

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Il ne reste plus rien des biens de Patricia. Effets personnels, souvenirs, matériels professionnels, tout a brûlé lors de l’incendie de sa maison, samedi dernier après s’y être fait agresser. (© archives LDT)

Un réconfortant élan de solidarité s’est mis en place rapidement à Moorea, dès l’annonce de l’agression “sauvage” dont a été victime une résidente quinquagénaire de Tiaia.

Cette femme, que nous nommerons Patricia, vivait seule dans une petite maison de location depuis qu’elle avait perdu son mari l’année dernière, décédé d’une longue maladie.
Patricia connaît Moorea depuis le début des années 80, elle y avait installé son petit salon de coiffure, tout d’abord à Paraoro (Paopao) avant de déménager sur différents sites de l’île. Elle avait plus tard ouvert un cabinet d’esthétique, et, comme pour son salon de coiffure, avait sa clientèle qui lui était restée fidèle. 

Depuis un certain temps, la victime avait décidé de lever un peu le pied pour se consacrer uniquement à un service de coiffure donné à domicile, cherchant à retrouver goût à la vie après la perte de celui qui l’avait toujours accompagné ces dernières décennies. Mais voilà, samedi dernier, en milieu d’après-midi,  il y a eu cette agression physique dont on connaît la violence (lire La Dépêche de lundi).
Non satisfait de l’avoir complètement défigurée à coups de poing, l’agresseur met le feu à sa maison, un petit fare où Patricia avait gardé les derniers souvenirs de sa vie commune, mais aussi tous ses effets personnels et professionnels.

Tout cela est ressenti aujourd’hui comme un terrible choc psychologique chez celle qui ne demandait qu’à vivre dans le calme à la recherche d’un peu de sérénité.

Aujourd’hui, Patricia est au centre hospitalier à Papeete et sait que lorsqu’elle rentrera à Moorea, elle ne retrouvera plus rien de ce qui lui appartenait.

Par contre, ses amis sont là. Et depuis hier, ils le font savoir par courriers, tous emprunts d’un profond respect pour cette femme courageuse. Des messages de sympathie venus de personnes ou amis plus ou moins éloignés de Patricia et qui vont tous dans le même sens : “Elle peut compter sur moi…”, “Je suis prêt (ou prête) à la recevoir le temps qu’il faudra, le temps qu’elle aura besoin pour se reconstruire…”

Des courriers, ou plutôt des lettres d’intention et de témoignage, qui confirment qu’ils sont nombreux, à Moorea, à vouloir apporter leur soutien à Patricia.
En attendant, la victime est toujours gardée en soins et tout le monde  est conscient qu’il lui faudra du temps avant de décider de ce qu’elle fera,  rester dans son île d’adoption ou partir.

De notre correspondant Jeannot Rey

 

 

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