Carlton : DSK relaxé, épilogue de 4 ans de scandales sexuels

vendredi 12 juin 2015

Poursuivi pour proxénétisme aggravé, Dominique Strauss-Kahn a été relaxé vendredi dans l’affaire dite du Carlton de Lille, un dénouement qui clôt l’accumulation depuis quatre ans de scandales sexuels ayant brisé la carrière de l’ancien favori de la course à l’Élysée.
Et qui met en cause le sérieux de l’instruction, qualifiée de « château de cartes » par un avocat de DSK au sortir de l’audience.
Au total, 12 des 13 prévenus accusés de proxénétisme aggravé ont été relaxés en correctionnelle, conclusion dérisoire d’un monumental procès de trois semaines.
A l’énoncé de la relaxe, nulle trace de soulagement apparent sur le visage grave de l’ancien directeur général du FMI. Il n’a affiché un large sourire qu’après la fin de l’audience. 
Ce jugement est pour lui la fin d’une série noire : celle d’ennuis judiciaires que lui a valu une sexualité qu’il a reconnue au cours du procès sans doute « plus rude » que « la moyenne des hommes ».
Une série qui inclut ses ennuis au FMI, fin 2008, avec une employée qui s’était plainte de ses avances appuyées, la spectaculaire affaire du Sofitel de New York en mai 2011, qui avait anéanti sa carrière, même s’il en était sorti sans procès au pénal. 
Entre-temps, la journaliste Tristane Banon l’avait également accusé d’un viol qui aurait été commis en 2003, avant que l’affaire ne soit classée sans suite. 
DSK s’est éclipsé rapidement sans mot dire, laissant à ses avocats le soin de dresser le bilan d’un dossier à charge, qui s’est écroulé avec la relaxe quasi générale des prévenus. 
Le tribunal a estimé que DSK avait eu « un comportement de client non répréhensible par la loi pénale », n’ayant fait que « bénéficier des modalités d’une prestation sexuelle de groupe ».
« Le château de cartes s’est aujourd’hui effondré. On a voulu faire à tout prix d’un innocent un coupable, ça n’a pas marché », a déclaré Me Richard Malka, un de ses trois avocats. 
Son collègue, Me Henri Leclerc, a souligné le « vide total » du dossier. « (…) Toute cette affaire et ce tapage immense autour de cette affaire est quelque chose qui devrait donner à tous à réfléchir », a conclu le défenseur.
En préambule d’une lecture qui a duré un peu plus de deux heures, le président Bernard Lemaire a souligné la « complexité du dossier », son « impact médiatique »: « le tribunal a souhaité expliquer publiquement son jugement ».
En théorie, DSK encourait jusqu’à 10 ans de prison et 1,5 million d’euros d’amende. Combatif à la barre du tribunal, en février, il avait farouchement nié être l’instigateur des soirées libertines auxquelles il participait, et avoir été au courant de la profession des prostituées qu’il y rencontrait.
Lors de la lecture de ses motivations, le président du tribunal a évoqué à plusieurs reprises de multiples imprécisions dans l’instruction, et les contradictions dans les témoignages de prostituées.
« Je considère que nous avons gagné : notre objectif n’était pas de faire condamner les gens mais de porter un débat public sur une notion taboue de la société, à savoir le proxénétisme dit BCBG », a toutefois réagi Me David Lepidi, avocat des Équipes d’action contre le proxénétisme, l’une des associations qui se sont portées partie civile.
Ironie du calendrier, l’Assemblée nationale, en deuxième lecture d’une proposition de loi renforçant la lutte contre la prostitution, a rétabli vendredi la pénalisation des clients de prostituées.

AFP

      Edition abonnés
      Le vote

      Le Kitesurf :

      Loading ... Loading ...
      www.my-meteo.fr
      Météo Tahiti Papeete