Catastrophe du 12 décembre : la séance d’après

    mardi 22 décembre 2015

    L’heure n’était pas à la polémique, hier, à l’assemblée de la Polynésie, où les représentants étaient réunis exceptionnellement afin d’abonder le compte d’aide aux victimes de calamité naturelle (CAVC) de 895 millions de francs. Les tentatives de récupération politique étaient surveillées de près. 
    Les passes d’armes entre Sandra Levy-Agami et Lana Tetuanui ont montré que la tentation de profiter de l’événement avec des visées électoralistes était au moins aussi grande que la tension qui règne encore entre le Tahoera’a et la majorité gouvernementale. La pluie n’a pas douché la rancœur. 
    Le texte, lui, a bien été voté à l’unanimité. 895 millions de francs vont ainsi permettre au Pays de parer aux premières urgences. 
    Certains fonds ont même déjà été utilisés avant l’adoption par l’assemblée, c’est le cas en fonctionnement avec les heures supplémentaires des fonctionnaires qui travaillent de Mahina à Mahaena depuis samedi 12 décembre. 
    Des fonds également destinés à réparer les infrastructures, telles que le pont de Orofara ou le site des Trois cascades, mais également la construction de deux kilomètres de digue. Enfin, le CAVC prévoit aussi, via l’OPH, d’aider les sinistrés à pouvoir reconstruire et s’équiper en matériel. 
    Avec cette intervention, le Pays pare au plus urgent, mais de nombreuses questions posées par cette catastrophe, et par les représentants hier, restent en suspens et notamment celle de la reconstruction. 
    Sandra Levy-Agami a demandé si les communes ne pouvaient pas faire de dérogation à leur plan de prévention des risques pour permettre aux gens de construire là où leur maison a été détruite. 
    Antony Géros a, par ailleurs, souhaité que l’eau, l’électricité et même les permis de construire puissent être remis aux sinistrés même quand ces derniers avaient construit en indivision. 
    Sur la reconstruction, Édouard Fritch a rappelé le cas des habitants de Tubuai qui ont préféré reconstruire sur des zones à risques plutôt que de profiter des aides du Pays. 
    Le président du Pays s’est en tout cas montré très clair. Édouard Fritch n’a pas fait de détour : “Pouvons-nous, aujourd’hui, laisser ces constructions déroger aux règles des zones rouges, au risque de voir revenir ces sinistrés lors de la première catastrophe ? J’ai demandé au ministre de l’Équipement de ne pas céder sur les permis de construire. Les zones rouges resteront rouges.”
    Quant à la question d’Antony Géros, il sera possible d’obtenir un permis de construire pour les zones en indivision même si cela ne protégera pas d’éventuelles poursuites, comme cela aurait pu être le cas, avant même la catastrophe. 
    Par ailleurs, Édouard Fritch a lancé un recensement des terres domaniales où ces familles pourraient aller reconstruire.
    Sandra Levy-Agami a tenté sans succès de faire passer un amendement pour abonder de 600 millions supplémentaires le CAVC en prévision d’une éventuelle nouvelle catastrophe. 
    “Ce n’est pas avec 800 millions que l’on va tout reconstruire, mais avec cinq milliards”, a répondu sèchement Lana Tetuanui. 
    “Ce n’est que la première séance extraordinaire pour abonder ce fonds, il y en aura d’autres”, a complété Nuihau Laurey. 
    Le recensement des dégâts n’est pas encore terminé que s’annoncent déjà les modalités de distribution. 
    Aujourd’hui, une commission de recensement devrait être créée pour s’en charger. Elle sera entérinée par le conseil des ministres demain. 

    F.C.

    Duc 2015-12-22 12:57:00
    Tout le monde met la main dans la poche, à commencer par Flosse etOscar.
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