Ce vendredi soir, le Fifo délivre ses prix

    vendredi 5 février 2016

     Pour l’avant-dernière journée de compétition du Fifo, hier, nous sommes allés à la rencontre des spectateurs pour recueillir leurs opinions sur les films présentés.  Cette 13e édition promet de battre des records d’entrées avec des salles souvent remplies.  Nous vous proposons également de plonger au milieu de 18 000 mérous pendant leur période de reproduction, avec le réalisateur Gil Kébaïli.

    “Tu as aimé ?” Au détour d’un couloir, d’une allée du Fifo, le Festival international du film documentaire océanien qui a ouvert ses portes au grand public mardi, il n’est pas rare d’entendre cette phrase, très souvent suivie d’un “j’ai adoré”.
    Quoi qu’il en soit, les salles ne désemplissent pas. Pour exemple, le petit théâtre, qui a une capacité de 200 places maximum, a fait près de 1 000 entrées (978 exactement) en six séances hier, et à l’heure de ce décompte, il restait encore trois diffusions, dont celle d’Une équipe de rêve, qui enchante littéralement le public cette année, un de nos coups de cœur également.
    L’équipe de rêve a également enchanté Johan, un fidèle du Fifo depuis ses débuts. C’est à la sortie de Plastic Paradise, un film hors compétition, qu’il s’est confié à nous, un point d’autant plus intéressant car Johan est réalisateur.
    “J’ai également vu Une équipe de rêve, c’est un excellent film, c’est un de mes favoris, et bien sûr Te mana o te moana, puisque je faisais partie de l’équipe de tournage”, confie-t-il.
    “Je suis assez mitigé sur le résultat. Je suis moi-même réalisateur, j’ai un œil assez critique. Je pense qu’ils ont un peu manqué le mana, l’esprit spirituel. C’était un grand voyage, je sais qu’on ne peut pas tout montrer, mais on voit bien plus les États-Unis et le Mexique que la Polynésie française, c’est quand même notre histoire.”
    “Plastic Paradise est assez hallucinant. J’ai parcouru le Pacifique avec une des pirogues de Te mana o te moana, on a vu beaucoup de choses, de pollution, on a tout fait ensuite pour réduire l’utilisation des plastiques. C’est impressionnant ce film, on ne se rend pas compte comment on peut polluer. Sinon, je viens tous les ans regarder les films, même si je n’en ai jamais présenté”, poursuit-il.

    “Découvrir ou prendre conscience”

    Un des autres films qui semble plaire au public est Aux armes Tahitiens. C’est en tout cas le coup de cœur de la journée de Caroline, elle aussi une fidèle du Fifo depuis au moins trois éditions.
    “J’ai vu Aux armes Tahitiens, Prison Songs et Vision in the Dark depuis ce matin (hier, NDLR) et j’ai eu un vrai coup de cœur pour Aux armes Tahitiens. C’est mon troisième Fifo, je trouve cela très bien comme événement, cela nous ouvre les yeux sur des réalités du passé qu’on méconnaît ou qu’on ne connaît pas du tout. Cela permet de redécouvrir des choses ou d’en prendre conscience. Il y a aussi les problématiques actuelles, comme l’environnement par exemple, mais ceci est plus connu. C’est surtout le passé qui me surprend”, confie Caroline, qui est accompagnée de son amie, Josiane, qui elle a plutôt préféré Vision in the Dark, qui dresse le portrait de Pinky Thompson, un Hawaiien engagé.
    Josiane est une assidue du festival. “Je viens tous les ans, quasiment depuis le début, soit plus de dix ans”, déclare-t-elle. “Il faut vraiment venir. Le Fifo, c’est plein de petites fenêtres sur l’Océanie, cela nous ouvre l’esprit et nous permet de sortir de notre ‘petit pitoïsme aigu’. Cela nous permet également de voir comment vivent nos voisins, nos cousins polynésiens, c’est tout bénéf”, s’amuse-t-elle.

    Record de visiteurs cette année ?

    On a réussi à trouver, tout de même, un nouveau spectateur, juste avant son premier film de son premier Fifo.
    Il s’agit de Toa, qui se préparait à aller voir Footprints, avant de poursuivre avec Te mana o te moana.
    “J’avais déjà entendu parler du Fifo et comme je suis en formation hôtelière en ce moment, on nous a demandé de venir voir le festival et des films”, confie le jeune homme.
    “Pour le moment, je trouve cela bien organisé. On a de bons résumés de films, cela donne envie d’aller en voir.”
    Encore un qui va se rajouter à la longue liste des près de 32 000 visiteurs (chiffre 2015), un record qui risque de tomber cette année, tant les salles sont pleines, tout au long de la journée.
    Plus rare encore, nous sommes tombés sur une critique plus négative, somme toute toute petite, mais sortie de la bouche d’un professionnel de l’image. “Je trouve que cela devient un festival où l’on vient voir ce qu’il se passe ailleurs, à savoir le Pacifique. Il n’y a pas assez de films polynésiens”, regrette Johan, bien connu des téléspectateurs de TNTV. “C’est dommage qu’il n’y en ait pas plus, il faudrait une catégorie locale. On est dans l’industrie du film documentaire. L’Australie et la Nouvelle-Zélande ont énormément de moyens, d’aides. À côté, nous sommes des tout petits. Cela nous désavantage à mon sens, c’est mon avis. Mais il est toujours bon de voir ce qu’il se fait ailleurs, même si la compétition est rude. Mais au bout d’un moment, cela devient décourageant”, confie Johan.
    C’est ce soir, à partir de 19 heures, que seront connus les grands vainqueurs de cette 13e édition, même si public pourra voir ou revoir les films et le palmarès tout ce week-end encore.

    Christophe Cozette

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