Célestine Putoa, une fleur parmi les fleurs

    jeudi 27 avril 2017

    Célestine Putoa

    Entre Célestine Putoa et les tiare Tahiti, c’est une véritable histoire d’amour. (© Anne-Charlotte Bouleau)

    Hier matin, à Tautira, les agriculteurs vaquaient à leurs occupations habituelles, entre averses et éclaircies. Sur le chemin bordé d’exploitations qui mène à la marina, Célestine Tihoni, épouse Putoa,
    73 ans, était à l’ouvrage dans son champ de tiare Tahiti d’un hectare, un seau à la main et un imperméable à la taille.

    Originaire de Teahupo’o, c’est la mutation de son père, alors pasteur, qui l’a amenée de l’autre côté de la Presqu’île, dans le village de Tautira, qu’elle n’a plus quitté depuis les années 1960. Après avoir exercé au lycée et à l’internat de Taravao pendant trente ans, Célestine Putoa est une retraitée heureuse et dynamique.
    Avec trois enfants, onze petits-enfants et une arrière-petite-fille, elle ne manque pas d’occupation. Pourtant, chaque matin, dès 5 heures, elle n’a qu’une hâte, celle de retrouver ses fleurs.
    “Qu’il pleuve ou qu’il neige, je suis dans mon fa’a’apu !”, lance-t-elle, non sans humour.

    Hier, elle était assistée de deux de ses frères et sœurs pour la cueillette. C’est son mari, décédé il y a une dizaine d’années, qui a planté les arbustes parfumés qu’elle apprécie tant.  Une cheville fracturée suite à une mauvaise chute l’aura écartée pendant plusieurs mois de ce havre de paix. Pour la rééducation, sa motivation était toute trouvée.
    “J’ai repris il y a quelques semaines. J’en avais besoin, pour bouger et pour changer un peu du travail à la maison. Mon fa’a’apu, c’est le paradis ! Je profite des odeurs de toutes les plantes. Ça m’avait manqué. Je me sens bien ici”, confie-t-elle.

    Célestine Putoa considère cette activité comme un passe-temps, même si elle reconnaît qu’il faut “de la patience et de la passion”. En ce moment, les fleurs se font rares.
    “Le temps a changé ces dernières années. Avant, le fa’a’apu était sec et on devait l’arroser. Aujourd’hui, on a trop d’eau !”, remarque-t-elle, constatant des inondations à répétition.
    “C’est la nature, on n’y peut rien. Mais on n’a pas à se plaindre”, ajoute-t-elle.

    Même si les commandes sont moins régulières qu’auparavant, la septuagénaire garde le sourire, n’hésitant pas à ajouter quelques fleurs à ses paquets, pour remercier ses clients les plus fidèles.
    Et quand la récolte n’est pas des meilleures, comme hier, elle prend tout de même le temps de ramasser les boutons qui ont fleuri, pour “faire la surprise” à ses amies, fabricantes de mono’i.  

     

    A.-C.B.

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