Cent cinquante ans après, les Chinois honorent les pionniers de Atimaono

    lundi 14 mars 2016

    Reconstitution historique, samedi dernier, à Papara de l’arrivée des premiers Chinois, il y a 150 ans. De nombreuses personnes ont participé et ont été très intéressées par les généalogies reconstituées. Le président de l’association Varua tupuna Taina, organisatrice de l’événement, a annoncé un “docudrama” sur Chim Soo Kung, guillotiné sur le domaine de Atimaono.

    Ils étaient 1 010. Entre février 1865 et janvier 1866, trois navires débarquaient des travailleurs chinois que le planteur William Stewart avait été autorisé à “importer” pour cultiver les 4 000 hectares de la Tahiti Cotton and Coffee Plantation Company à Atimaono. Cinq cents à 600 d’entre eux restèrent en Polynésie et y firent souche. Ce sont ces ancêtres qui étaient à l’honneur, samedi dernier, sur le site même qui vit arriver ces pionniers, à Papara.
    Organisées par l’assocation Varua tupuna Taina, créée en 2015 et présidée par Roland Sam, avec également le concours de Si ni tong, les festivités ont débuté par la reconstitution de l’arrivée des premiers Chinois : vêtus de costumes reproduits d’après des documents d’époque, leurs descendants ont marché dans les pas de leurs ancêtres qui avaient débarqué sur le motu Mapeti. Sur leur chemin, des groupes de chants et danses des Australes, des Marquises et de la Société les ont salués.

    Enseignée aux jeunes

    Une marche suivie par le président Édouard Fritch, entouré des ministres Tea Frogier, Teva Rohfritsch (qui a récemment découvert qu’il avait des ancêtres chinois) et Patrick Howell. Le haut-commissaire Lionel Beffre était également présent, mais le consul de Chine, Long Lin, était souffrant.
    Dans son discours, le président du Pays a rendu hommage au “caractère profondément pluriethnique de notre communauté polynésienne”. Saluant ceux qui ont “acquis leur place au sein de cette société par le travail et par le métissage” et qui ont contribué à faire de la Polynésie un exemple d’intégration sans égal dans le Pacifique Sud.
    Il a salué le travail de titan des généalogistes, au premier rang desquels Louis Shan Sei Fan.  Le stand qui abritait les posters des arbres généalogiques a été pris d’assaut et l’émotion était visible sur de nombreux visages.
    Nul doute qu’ils seront d’accord avec Édouard Fritch pour qui “cette histoire doit être écrite et devrait être enseignée à nos jeunes”.
    Les spectacles se sont poursuivis toute la matinée, avec notamment la traditionnelle danse du lion, des démonstrations de tai-chi et de kung fu, un himene tarava chanté par les Tamarii Papara, les prestations de danse chinoise par les élèves de l’école d’Yvette Cheong.
    Les festivités se sont poursuivies hier à Papeete, avec l’élection de Purotu Taina ma’ohi et de Aito Taina ma’ohi et un grand déjeuner impérial.

    C.P.

     

    Un documentaire sur Chim Soo Kung, le guillotiné

    Guillotiné à Atimaono le 19 mai 1869, Chim Soo Kung est encore très présent dans la mémoire collective de la communauté chinoise de Tahiti. Arrêté avec sept autres migrants suite à une rixe dans laquelle un certain Ching Foong avait perdu la vie, il fut le seul condamné à mort.
    Pour les membres de la communauté chinoise, il se serait dénoncé pour éviter la mort à son petit frère ou cousin. Il est vénéré comme un ancêtre et possède une stèle, toujours fleurie, au cimetière du Repos éternel à Arue, ainsi qu’une tablette honorifique au temple Kanti.
    Roland Sam a écrit l’histoire de Chim Soo Kung : “Ça fait déjà quelques années que j’y réfléchissais. Le scénario est pratiquement bouclé, les grandes lignes des différents épisodes sont tracées, il n’y a plus qu’à rajouter les dialogues et quelques détails”.
    Il s’agit d’un docudrama de 52 minutes, qui mêlera documents d’archives, témoignages et reconstitutions historiques. Plusieurs personnes se sont inscrites samedi dernier pour jouer dans le film, qui sera produit par Martine Guichard et réalisé par Sandro Ly et Benoît Tarahu.
    Il est également possible que Tahiti voie une autre production bientôt, a annoncé Roland Sam : “Nous réfléchissons déjà à un deuxième film, et la très bonne surprise c’est que le président du Pays a annoncé que Hainan Airlines était disposé à faire un film là-dessus, les grands esprits se rencontrent ! Je sais qu’ils avaient un projet de film plus romancé, mais ils n’avaient pas trop d’éléments sur les Chinois de Atimaono, alors que nous à l’association nous les avons : pourquoi ne pas travailler ensemble ?”

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