Habillage fond de site

Le centre de détention de Papeari enfin inauguré

mardi 21 mars 2017

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La coupe du cordon de tiare marque l’inauguration officielle du centre de détention Tatutu de Papeari. (© Charles Taataroa)


Le centre de détention de Papeari a été inauguré, hier, en présence du ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas. Les premiers détenus seront accueillis en mai dans ce nouvel établissement. Pour autant, la prison de Nuutania, à Faa’a, ne sera pas fermée, mais connaîtra des travaux pour un montant de 30 millions d’euros a annoncé le garde des Sceaux.

C’est désormais chose faite. Le centre de détention Tatutu à Papeari a été officiellement inauguré, hier matin, par le  ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas.

Les personnalités de l’État et du Pays, mais également le maire de Teva i Uta et son conseil municipal, étaient bien évidemment présents à cette occasion.

Ce jour est attendu depuis de très nombreuses années. Le projet qui a connu bien des vicissitudes ne date pas d’hier. Ce n’est qu’en 2009 que l’État prendra la décision de construire ce centre de détention pour désengorger la prison de Nuutania, à Faa’a.

Cet établissement, littéralement qualifié de honte de la République, dépassait en termes d’effectifs, les 300 %.

Les travaux ont démarré en juillet 2013, en dépit des protestations et des actions menées par l’association Vaiari Nui i te mata ara.

La fin du chantier était prévue en novembre 2016, mais il n’a pas été respecté.

Dans son discours, le ministre de la Justice a tenu à rappeler cet historique. Il a rendu hommage à toutes les personnes qui ont œuvré pour que ce projet aboutisse au rang desquelles l’ancien haut-commissaire, Adolphe Colrat, l’ancien maire de Teva i Uta, Valentina Cross, l’ancienne directrice de la prison de Nuutania, Martine Boisson, mais aussi l’amiral de l’époque.

Après avoir coupé le cordon de tiare, Jean-Jacques Urvoas et la délégation ont pu visiter le bâtiment, moderne et exemplaire, réalisé selon les normes européennes.

 

Plus de 9 milliards d’investissements

 

En tout, l’État a déboursé plus de 9 milliards de francs pour ce centre de détention Tatutu de Papeari. Pendant plus de trois ans, plusieurs entreprises locales ont travaillé sur ce chantier.

Les premiers détenus seront reçus vers la mi-mai. Ils seront près de 1 200 nous dit-on, mais à terme, l’établissement pourra accueillir jusqu’à 400 détenus. Ces détenus bénéficieront d’un programme de réinsertion. C’est également la nouveauté dans ce centre de détention.

Concernant la prison de Nuutania, à Faa’a, elle ne sera pas fermée, mais connaîtra des travaux de réhabilitation pour un montant de 30 millions d’euros, a annoncé le ministre de la Justice lors de son discours. Il a indiqué que Nuutania continuera à exister en parallèle avec le centre de détention de Tatutu.

Jean-Jacques Urvoas s’est réjoui que l’État ait pu tenir sa promesse jusqu’au bout, malgré les contestations et les retards pris par le chantier sur le calendrier initial. Il a rappelé également qu’il était de son devoir de réaliser un établissement moderne en Polynésie française et que les détenus du fenua aient des conditions de détention similaires à celles des établissements métropolitains.

La cérémonie a ensuite connu une ambiance très “électrique” lorsque les 200 gardiens polynésiens, fraîchement revenus de métropole, ont interprété un haka que le ministre a filmé avec son portable et qu’il a promis de montrer au président de la République, François Hollande.

 

Charles Taataroa

 

 

Jean-Jacques Urvoas, ministre de la Justice : “Le temps de détention, ce n’est pas la fin de quelque chose. C’est un nouveau départ pour demain”

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(© Charles Taataroa)

“C’est un établissement qui est très bien conçu parce qu’il est adapté à la réalité polynésienne. Je suis très frappé de voir que l’espace a été extrêmement bien pensé, dans les circulations d’air dans les différents bâtiments, en particulier, de façon à rendre la température potentiellement plus supportable.

Je suis très impressionné de voir que les architectes ont réussi à intégrer dans un site, qui est splendide, et à concevoir des locaux qui seront, à l’évidence, fonctionnels. Un centre pénitentiaire, ça fonctionne tous les jours de l’année et toutes les heures de la journée. C’est ce que je voulais pour l’administration pénitentiaire. C’est parmi les mieux conçus parmi ceux que j’ai déjà vus. C’est la première fois que j’inaugure un établissement pareil.

Le personnel a été recruté. Maintenant, il faut s’adapter aux locaux. Plusieurs semaines d’adaptation seront prévues pour que le service soit immédiatement rendu. Et tout ce qui a été imaginé ici est tourné vers un objectif commun, c’est-à-dire rendre la prison utile. Parce que ce temps, ce n’est pas la fin de quelque chose.

C’est un nouveau départ pour demain. Concernant Nuutania, nous allons injecter 30 millions d’euros dans des travaux pour notamment intégrer un quartier pour femmes et pour mineurs. À ce stade, les besoins de la Polynésie ne justifiaient pas d’avoir un quartier pour femmes à Tatutu.”

 

 

Visite du garde des Sceaux à la prison de Nuutania

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Le président du Pays, Édouard Fritch, et le ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, ont constaté que les détenus tentaient
de garder leurs cellules coquettes. (© Jennifer Rofès)


Jean-Jacques Urvoas, ministre de la Justice, a visité hier la prison de Nuutania. Il a salué le personnel et les détenus qui prennent soin de leurs cellules pour garder “le bâtiment encore vivable”. Il a également remis deux médailles de chevalier de l’ordre national du Mérite.

Le ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, s’est rendu hier après-midi sur le site de la prison de Nuutania, à Faa’a. Reçu chaleureusement par le personnel pénitentiaire qui, après avoir entamé l’hymne national et l’hymne polynésien, lui avait réservé un haka, Jean-Jacques Urvoas n’a pas caché son émotion.

Avant d’entamer sa visite au sein de la prison, en compagnie du président du Pays Édouard Fritch et du haut-commissaire René Bidal, le ministre de la Justice a remis deux médailles de chevalier de l’ordre national du Mérite à Anne-Laure Dautry, directrice adjointe des établissements pénitentiaires de Polynésie française, et à Yvan Colin, adjoint au chef du service pénitentiaire d’insertion et de protection (Spip).

À l’entrée du bâtiment, Jean-Jacques Urvoas était salué par les détenus, nombreux à se presser aux barreaux de leur fenêtre pour l’apercevoir.

À l’intérieur de l’établissement, quelques détenus avaient ouvert leur geôle au garde des Sceaux et au président qui ont pu constater que malgré l’insalubrité des lieux, chaque cellule était aménagée avec coquetterie.

“Les détenus prennent grand soin du lieu où ils vivent et les personnels sont d’un dévouement absolument remarquable, c’est une alchimie que je n’ai retrouvée dans aucun autre endroit”, a reconnu le garde des Sceaux, après avoir fait le tour des quartiers.

À la sortie, Jean-Jacques Urvoas a même confié : “J’ai vu beaucoup de prisons depuis que je suis garde des Sceaux. C’est ma 36e prison. Je n’ai jamais vu cette particularité d’environnement dégradé et de climat apaisé. J’en remercie le personnel et les détenus qui, par l’entretien qu’ils apportent à leur cellule, rendent ce bâtiment encore vivable.”

Le ministre a rappelé que l’ouverture du centre de détention Tatutu de Papeari permettra “l’indispensable rénovation du site” de Nuutania.

Jen.R.

 

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