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Le centre de dialyse de Taravao monte en puissance

lundi 22 juillet 2019

L’unité accueille actuellement onze patients par séance, deux fois par jour, trois jours par semaine, et bientôt six jours sur sept. (© Anne-Charlotte Bouleau)

L’unité accueille actuellement onze patients par séance, deux fois par jour, trois jours par semaine, et bientôt six jours sur sept. (© Anne-Charlotte Bouleau)


Le premier centre de dialyse de la Presqu’île a ouvert mi-janvier, à Taravao. L’unité tourne actuellement à 50 % de sa capacité avec une vingtaine de patients par jour, des chiffres amenés à augmenter. Les patients interrogés confirment que ce “confort géographique” est synonyme de gain de temps et de diminution de la fatigue.

Mi-janvier, une unité d’autodialyse a ouvert ses portes à Taravao, dans des locaux spécialement aménagés au premier étage d’un centre commercial. Il s’agit d’une initiative inédite dans le secteur, en réponse à une sollicitation du Pays dans le cadre de la mise en œuvre du nouveau schéma d’organisation sanitaire.

Auparavant, les patients de la Presqu’île souffrant d’insuffisance rénale devaient se rendre trois fois par semaine à Papeete ou à Papara pour suivre leur traitement. Désormais, tout est réalisé sur place.

 

Un besoin croissant

 

“À terme, c’est un centre qui pourra accueillir jusqu’à 44 patients. On dispose de deux séries de 11 patients par jour. Aujourd’hui, le taux d’occupation est de 50 %, avec une intégration progressive. Les patients passent systématiquement par notre unité de dialyse médicalisée de Papeete, avec un transit de quelques semaines pendant lesquelles on évalue leurs connaissances au niveau de la maladie et on les rend acteurs de leur prise en charge”, explique Nolwenn Kaiha, cadre de santé du groupe Dial’isis.

Deux infirmiers assurent la prise en charge trois jours par semaine, en liaison avec un médecin. Dès le mois prochain, ils seront trois, puisque le centre ouvrira six jours sur sept pour faire face à un besoin croissant.

“Malheureusement, l’insuffisance rénale en Polynésie ne cesse de croître. Notre objectif, c’est de garantir une sécurité de la prise en charge, car l’hôpital ne peut pas absorber seul l’ensemble de ces patients”, précise Nolwenn Kaiha.

Vendredi dernier, en milieu de matinée, la plupart des lits disponibles étaient occupés. Chaque séance dure environ quatre heures, partagées entre repos, discussions et autres divertissements.

“Ce qui est bien dans ce type de petites structures, c’est qu’on peut répondre aux besoins de chaque patient. C’est aussi très convivial, car ils se connaissent tous”, confie Chloé Lazaro, en tant qu’infirmière.

“Ils en parleront mieux que nous, mais on leur apporte un confort géographique et une qualité des soins. Rajouter à une dialyse plusieurs heures de trajet, c’est doublement fatiguant, sans compter la perte de temps. Cette proximité leur permet d’avoir d’autres activités, puisque ce sont des gens autonomes, qui ont encore toute leur mobilité. Ils arrivent plus facilement à combiner la prise en charge avec une vie sociale et même professionnelle”, remarque Nolwenn Kaiha.

Cette démarche se veut durable avec la construction imminente d’un centre dédié, toujours à Taravao. Deux autres unités seraient également en projet à Bora Bora et Tubuai.

 

A.-C. B

 

Romain, 60 ans, de Teahupo’o : “Je quittais à 2 heures du matin”

romain dialyse

“Je suis sous dialyse depuis plus de trois ans maintenant, à cause du diabète. Je suis en attente d’une greffe depuis un an. En tant que patient dialysé habitant à la Presqu’île, c’est intéressant d’avoir un centre sur place. Avant, quand je devais aller en ville, je quittais à 2 heures du matin, comme j’habite après la fin de la route.

Maintenant, je quitte à 5 heures, c’est même mieux que quand j’allais sur Papara. Ici, on est vraiment bien. On discute entre nous et avec les soignants. Il y a une très bonne entente. C’est important, parce que la dialyse, ça reste fatigant.”

 

Coralie 26 ans, de Papara : “Je suis moins fatiguée”

coralie dialyse
“Je suis sous dialyse depuis bientôt un an. En raison d’une malformation, on a dû me retirer les deux reins. J’ai d’abord été prise en charge au Taaone, parce que j’ai rencontré des problèmes au niveau du branchement. On m’a proposé d’aller sur Papara, mais je préfère venir à Taravao : l’ambiance est plus jeune ! Ça reste plus intéressant que d’aller en ville. Je me lève à 5 heures, alors qu’avant, c’était 3 heures du matin et je rentrais tard. Ça fait deux mois que je suis ici et c’est un vrai confort. Je suis moins fatiguée et j’ai plus de temps pour moi, même si l’idéal serait de pouvoir bénéficier d’une greffe.”

 

Thérèse 61 ans, de Taravao : “J’ai plus de temps pour autre chose”
“Ça fait un an que je suis sous dia- lyse. Je n’ai pas fait attention à mon diabète, jusqu’au jour où mes reins ont lâché. C’est pratique de pouvoir faire ma dialyse à Taravao : je n’ai que cinq minutes de route ! Quand je devais aller en ville, en rentrant, j’étais très fatiguée, avec de gros maux de tête. À la maison, je passais mon temps à dormir. C’était épuisant ! Maintenant, j’ai plus de temps pour faire autre chose et profiter de ma famille.

J’espère quand même que tout ça sera bientôt fini : mon mari est en train de passer les tests pour voir s’il est compatible pour la greffe. Ce serait une nouvelle vie !”

 

 

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