Certaines pharmacies ne collectent plus les médicaments périmés

lundi 10 novembre 2014

La plupart des pharmacies de Polynésie n’accepte plus, aujourd’hui, de collecter les médicaments non-utilisés (MNU) ou périmés de leurs clients. Jusqu’à 2012, un accord entre le Pays, les grossistes et les officines, permettait leur destruction. Mais ledit accord a pris fin il y a deux ans sans être renouvelé. “Il y a eu de multiples changements de gouvernement et le dossier n’a pas avancé, bien que nous continuons à verser une taxe spéciale prélevée sur nos importations qui représente tout de même 60 millions de Fcfp par an. Nous la payons mais nous n’avons plus le service qui va avec. C’est un peu une double peine”, souligne Geneviève Pouliquen, présidente du syndicat des pharmaciens de Polynésie française.
Depuis deux ans, les médicaments périmés rapportés par les clients dans les officines prennent une place considérable, comme en témoignent plusieurs professionnels : “Nous sommes envahis par les cartons. Nous ne savons plus où les mettre. Il y en a à l’étage, au rez-de-chaussée” indique l’un d’eux, exerçant à Papeete. “Nous tentons de les stocker mais certaines pharmacies n’ont pas la surface disponible pour cela”, renchérit l’un de ses confrères.
“Lorsque les clients viennent, nous n’avons pas d’autre solution que de leur dire : ‘gardez-les pour le moment, nous ne pouvons rien en faire’. Mais le gens menacent de les jeter”, s’inquiète Geneviève Pouliquen. Car mêlés aux déchets domestiques, orientés vers les centres d’enfouissement technique du Pays, les médicaments, de par les molécules qu’ils contiennent, peuvent engendrer des pollutions des sols et des cours d’eau. Ils peuvent en outre être accidentellement ingérés par un membre de la famille auquel ils n’étaient pas prescrits. 
 
Pollution. Une bonne part des pharmaciens refusent désormais de prendre à leur charge leur destruction alors qu’ils s’acquittent déjà d’une taxe dont les fruits, disent-il, ont justement pour finalité leur traitement.
“La destruction est facturée 300 Fcfp hors taxe le kilo, ce qui représente un peu plus de 100 000 Fcfp par an. Les petites pharmacies ne peuvent pas se le permettre”, déplore Karine Laille-Yong, secrétaire du syndicat des pharmaciens de Polynésie française. Les professionnels entendent donc adresser d’ici peu un courrier au ministre de l’Environnement pour l’alerter de la situation et ils ont d’ores et déjà pris contact avec la députée Maina Sage pour évoquer le sujet.
“Il pourrait y avoir une autre piste de financement pour la destruction de ces médicaments”, poursuit Karine Laille-Yong en évoquant le système métropolitain où les laboratoires assurent eux-mêmes le traitement des produits qu’ils ont conçu avec le concours de l’association Cyclamed agréée par les pouvoirs publics.  “Le problème, c’est que l’agrément de Cyclamed veut qu’il y ait une filière de valorisation énergétique, ce qui n’existe pas en Polynésie. Ici, l’incinérateur ne produit pas de l’énergie qui sera réutilisée. Il faudrait donc modifier l’agrément de l’association qui prend fin début 2016”, précise celle-ci.
À la Direction de la Santé, un cadre explique qu’une loi de Pays datant de 2001 contraint les pharmacies à détruire, à leurs frais, leurs propres stocks invendus et périmés. Elles ne sont cependant “pas obligées de récupérer” les médicaments de leurs clients. Mais “les particuliers n’en ramènent pas tant que cela”, ajoute celui-ci. Une affirmation contre laquelle s’élève Geneviève Pouliquen qui assure, au contraire, que les stocks qui s’entassent depuis deux ans proviennent bel et bien des patients. 
 
Jean-Baptiste Calvas 

Neyo 2014-11-10 19:49:00
Faut vraiment le faire, dire qu''ils ne peuvent pas se le permettre. Qu''ils n''en veulent pas parce qu''ils paient une taxe c''est une chose mais faut pas généraliser et tromper l''opinion en disant n''importe quoi !!!
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