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Le CESC dit “oui mais…” à la charte de l’éducation

mercredi 1 février 2017

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Si tous les conseillers semblent d’accord pour étendre et renforcer l’apprentissage des langues polynésiennes, l’idée d’un début de scolarité uniquement en tahitien pose question. “Ne pas connaître le français, c’est un handicap, qui mène au décrochage”, a estimé le conseiller Angelo Frébault. (© Caroline Perdrix)

 

Le conseil économique, social et culturel (CESC) examinait hier le projet de loi du Pays qui actualise la charte de l’éducation. Après pas moins d’une quinzaine de réunions de commission, la quatrième institution du Pays a rendu un avis ni favorable ni défavorable ; tout au plus estime-t-il qu’elle “ne peut qu’adhérer aux objectifs” de cette charte, en émettant plusieurs recommandations.

Le projet de charte reprend les objectifs de celle de 2011, cette fois érigée en loi du Pays afin d’en renforcer la portée juridique. Sur le fléau de l’absentéisme, le CESC recommande que les chefs d’établissement, mais aussi les parents signalent les absences de leurs enfants “au risque de perdre les allocations familiales” – tentation régulière des gouvernements de droite en métropole, jamais appliquée.

La journée continue instaurée dans les écoles de Mahina, qui ferait baisser l’absentéisme, pourrait être un exemple à suivre. Concernant le décrochage, le CESC souhaite que le problème soit traité par sa propre loi du Pays.

Le CESC soutient l’incitation à scolariser les enfants dès l’âge de 2 ans, particulièrement dans les quartiers défavorisés et les archipels éloignés.

Il souhaite que les dispositifs de “coéducation” (collaboration avec les parents) testés en maternelle soient étendus au primaire, voire au secondaire, en incluant également les grands-parents, et que les enseignants soient mieux formés à accueillir des élèves handicapés.

Pour les enfants en difficulté, le CESC voudrait rendre possible le redoublement plus d’une fois par cycle, et que “les filières professionnelles des CJA (centres de jeunes adolescents, NDLR) et Cétad (centres d’éducation aux technologies appropriées au développement, NDLR) soient mieux valorisées”.”

Sur le chapitre du transport scolaire, les conseillers s’insurgent contre la faible participation de l’État : depuis 1980, elle est supposée être de 68 % des dépenses, niveau jamais respecté (21 % en 2016).

Plus alarmant, à partir de 2017, cette participation n’est plus régie par convention, mais se décide à Paris dans le cadre de la loi de finances. Le CESC demande que l’État prenne en charge la totalité des dépenses de transport scolaire – près de 1,5 milliard de francs par an – dans le cadre de la continuité territoriale et de la loi sur l’égalité réelle.

Concernant les langues polynésiennes, le CESC préconise que la langue d’enseignement  pour les tout-petits – le français actuellement – puisse être la langue maternelle de l’enfant. Dans le primaire, il souhaite que tous les élèves aient cinq heures de cours en langues polynésiennes (au lieu de deux heures et demie actuellement, à de rares exceptions), tout en reconnaissant le besoin de formation “d’un plus grand nombre de professeurs compétents”.

Enfin, le CESC a abordé l’absentéisme des enseignants qui pénalise les élèves : il recommande une étude sur la santé des personnels, la réduction du délai de remplacement des professeurs absents et… la mise en place de journées pédagogiques supplémentaires pour qu’ils puissent “échanger”, une recommandation qui n’a pas fait l’unanimité : “Quand on n’est pas prof, on ne peut pas faire de remarque sur l’éducation, on a bien senti cette tension en commission, dit le conseiller Sébastien Bouzard. Je ne peux pas tolérer un taux d’illettrisme à 42 %, les journées pédagogiques à rallonge… On n’a pas parlé des programmes scolaires, on n’a pas parlé des rythmes de l’enfant, des aménagements d’horaires pour que ça puisse correspondre avec le monde du travail… c’est pour ça qu’on a préféré s’abstenir.”

L’avis du CESC a été adopté par 29 voix pour et sept abstentions du collège des employeurs.

 

C.P.

 

 

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