CESC : feu vert pour la COP21 et le changement climatique

    vendredi 28 août 2015

    Les membres du Conseil économique, social et culturel (CESC) se sont réunis vendredi pour rendre l’avis de l’institution sur la question du changement climatique et des enjeux de la Conférence Paris Climat 2015 (COP21). Soutenu par Patrick Galenon et Winiki Sage, l’avis du CESC a été adopté à l’unanimité des 32 conseillers présents.

    Les données existantes sur les impacts potentiels du changement climatique en Polynésie française sont encore insuffisantes relève le CESC. A travers différents rapports publiés en 2014 et 2015, le conseil avait déjà attiré l’attention des pouvoirs publics pour que des études soient réalisées afin de compléter les données scientifiques existantes, de définir une feuille de route face aux multiples risques liés au changement climatique et d’élaborer une stratégie incitative de promotion des énergies renouvelables. Le CESC invite les autorités concernées à se référer aux recommandations émises en la matière. Elles peuvent se distinguer comme suit :

    Sur le plan environnemental :
    Les principes directeurs de la politique énergétique de la Polynésie française préconisent un objectif de 50% de la production d’énergie à atteindre à partir des énergies renouvelables à l’échéance 2020.
    Le « Plan climat énergie », dont la première étape s’est réalisée en 2009, est l’occasion pour le Pays de réfléchir à sa transition énergétique, en choisissant le meilleur mix énergétique comprenant une part importante dans le renouvelable : hydroélectricité, photovoltaïque et énergie marine offrent le meilleur potentiel.
    Sur la question du financement de ces technologies, le CESC regrette que la Polynésie française ne puisse accéder au « Fonds vert ». Il est souhaitable que des fonds spécifiques, ou un fonds vert adapté, soient mises à disposition de notre collectivité avec une intervention particulière de l’État français.
    Le CESC considère enfin que les règles d’urbanisme et de construction gagneraient à être modifiées de manière à participer à la maîtrise de la facture énergétique (exemples : extension des débords des toitures, élévation hauteur de plafond etc.).
    Sur le plan économique et social :
    Les activités économiques en Polynésie française sont très largement orientées sur la valorisation de son patrimoine naturel. Les atolls sont des sites privilégiés pour le développement des activités touristiques, perlicoles, halieutiques et aquacoles.
    Ce modèle de développement polynésien doit anticiper les modifications induites sur le travail et les politiques de l’emploi en impliquant plus que jamais les forces vives et les partenaires sociaux dans un dialogue permanent.
    Le CESC recommande de systématiser les formations qualifiantes pour les emplois et métiers d’avenir notamment dans les secteurs des énergies renouvelables, de l’agriculture biologique, et des nouvelles technologies.
    Le changement climatique représente un risque majeur pour l’activité économique. Cependant, elle peut aussi se révéler être une opportunité de développer, dans le cadre d’une politique de transition énergétique, une nouvelle économie pourvoyeuse d’emplois et moins impactante en carbone.

    Sur le plan de la communication :
    Pour faire émerger une prise de conscience, le CESC recommande la mise en place d’un véritable plan de communication et d’information. Cette mesure est essentielle pour sensibiliser et responsabiliser les générations actuelles et futures sur la nécessité d’adapter nos comportements et modes de consommations.
    Ces comportements se traduisent concrètement en matière de tri des déchets, d’agriculture biologique, raisonnée et traditionnelle mais également, et surtout, en matière de consommation d’énergie.
    Des campagnes d’information, au travers des médias, par exemple sous forme de petits programmes visuels (clips etc.) doivent être privilégiées.

    Les enjeux de la Conférence Paris Climat 2015 :
    Le périmètre de compétence de la France se limite à la Métropole et aux Départements d’Outre-mer (DOM). Les collectivités d’outre-mer telles que la Polynésie-française, la Nouvelle-Calédonie et Wallis-et-Futuna en sont exclues. Néanmoins, La Convention cadre (CCNUCC) s’applique aux collectivités d’outre-mer au travers de la France qui participe aux discussions en tant que nation signataire.
    Il s’agit pour le Pays, collectivité d’outre-mer française, de saisir l’occasion d’apporter sa pierre à l’édifice.
    Le 4ème sommet France-Océanie :
    Le 5 juin 2015, à l’issue du Comité des Signataires, l’État français a donné une suite positive à la proposition des présidents de la Nouvelle-Calédonie et de la Polynésie française, d’organiser un quatrième sommet France-Océanie avant la tenue de la 21ème Conférence des parties à la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique, la COP 21.
    Véritable préparation à la grande conférence sur le climat, il permettra aux États et aux Territoires du Pacifique de mieux faire entendre leur voix sur la question du changement climatique.
    Le rapport du CESC relatif au patrimoine marin de la Polynésie française rappelle que sur le plan international, « la majorité des petits États insulaires (PEI) menacés par les phénomènes climatiques est considérée comme en voie de développement et sur le plan géographique, possède une faible superficie terrestre mais un territoire maritime gigantesque ».
    La France, avec sa ZEE dont 97% se situe en Outre-mer, est considérée comme la deuxième puissance maritime de la planète après les États-Unis. Avec ses 5,5 millions de kilomètres carrés, la Polynésie française représente à elle seule 1/5ème de la zone exclusive de l’État français pour moins de 4000 km² de surface terrestre.

    Il apparaît important pour le CESC que la situation des « Petits États insulaires » soit prise en compte de ce point de vue.
    Dans le cadre du P.A.C.T. (Polynesian Against Climate Threats) de Taputapuatea du 16 juillet dernier, le groupe des leaders polynésiens souhaite notamment que les États parties à la convention cadre admettent que les pays polynésiens sont de « Grands États et Territoires Océaniques ».
    Le problème de la perte d’intégrité des territoires insulaires face au changement climatique :
    Le CESC rappelle que la Convention de Montego Bay ne prévoit rien en cas de changement climatique et encore moins concernant l’avenir des Petits États Insulaires (PEI).
    La solution serait, selon un grand nombre de spécialistes, de dépasser le droit international existant en « gelant les zones maritimes » s’opposant au droit positif des lignes ambulatoires et des conditions posées par cette convention.
    Suite aux effets du changement climatique et précisément à l’élévation du niveau des eaux, les îles basses et les atolls risquent d’être totalement submergés et donc dépourvus de zone économique exclusive et de plateau continental.
    Aussi, pour le CESC, il est légitime que de tels éléments de réflexion soient pris en compte par les instances internationales lors de la COP21 et que la convention de Montego Bay soit modifiée afin de permettre aux pays victimes de la montée des eaux de conserver leur patrimoine marin.
    Pour conclure, Le CESC considère que la COP 21 ne pourra être une réussite que si les enjeux climatiques intègrent les défis de la croissance et du développement durable, indissociables de celui de l’emploi, et appellent des arbitrages justes et des engagements d’avenir pour les territoires insulaires du Pacifique, dont fait partie la Polynésie française.

    LDT/CESC

     

    Constat du CESC

    La Polynésie française n’est pas épargnée par la problématique et ses multiples manifestations. Du fait de son caractère insulaire et en l’absence de plateau continental, notre collectivité présente une vulnérabilité particulière face à cette menace.
    Sur le plan scientifique, le dernier rapport du GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat) publié en 2014 met en avant des hypothèses très plausibles concernant les effets de ce réchauffement :
      hausse des températures moyennes supérieure à 2°C d’ici 2100, sauf à se tenir à un scénario très ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), à savoir 10% de réduction tous les 10 ans ;
     hausse du niveau des mers plus importante que celle qui était prévue dans les analyses antérieures ;
     événements climatiques extrêmes (sécheresses, pluies diluviennes, tempêtes…) plus violents et plus fréquents.
    En l’absence de données suffisantes concernant l’hémisphère Sud, les scientifiques de ce groupement ont moins de certitudes quant à l’influence du changement climatique sur cette région.

     

    kach 2015-08-29 23:02:00
    Pourquoi ne font ils pas UNE VISIO CONFÉRENCE PLUTÔT QUE FOUTRE DU POGNON EN L'AIR A LIRE L'ARTICLE DE L'EXPRESS DE JANVIER 2015 À PROPOS DE LA RÉUNION DE DAVOS ..............
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