Le CESC tourne le dos au projet de texte garantissant l’indépendance de la presse

    mardi 27 septembre 2016

    cesc

     

    « Un ministre, ça démissionne ou ça ferme sa gueule. » En métropole, l’un d’eux avait prononcé cette phrase en claquant la porte du gouvernement en 1983. Un principe qui s’applique aujourd’hui aux journalistes, à Tahiti ? C’est en tous cas le message que s’est évertué à passer une nouvelle fois le Conseil économique et social et culturel au moment de donner son avis sur le projet de loi du Pays portant modifications du code du travail.

     

    Il y a deux ans, à l’initiative de l’ancienne représentante Cathy Buillard, les clauses de conscience et clauses de cession étaient proposées. La maladie ayant emporté la militante UPLD, sa proposition n’est jamais arrivée sur les bancs de l’assemblée de Polynésie française.

    Le CESC avait tout de même eu le temps de rendre un avis négatif sur le sujet. Pour mémoire, ces deux clauses garantissent des portes de sortie, autres que la démission brute, aux journalistes qui souhaiteraient quitter leur rédaction suite à un rachat de celles-ci ou en cas de changement de ligne éditoriale.

     

    En métropole depuis 1935

     

    Une garantie d’indépendance et de traitement de l’information en dehors de toutes pressions venant de la direction. Des procédures qui existent en métropole depuis 1935 et qui évitent aujourd’hui un traitement de l’information orienté en fonction des intérêts financiers et politiques des patrons de presse.

    Mais les risques de « Poutinisation » de l’information n’inquiètent guère les élus du CESC en Polynésie française. Hier, ces nouvelles dispositions ont été à nouveau étudiées puisque présentes dans le projet de loi de la ministre du Travail, Tea Frogier. Et une fois encore, elles ont été retoquées.

    Les élus se sont ainsi abrités derrière la constitution française garantissant « la liberté, le pluralisme et l’indépendance des médias » et sur la Déclaration des droits de l’homme, parlant de plus « de l’étroitesse du marché local » et renvoyant la profession à l’élaboration d’une convention collective spécifique…

     

    La position du CESC sans explication

     

    Dans ses conclusions, le CESC pousse le bouchon un peu plus loin encore, parlant de dispositions « qui transposent, sans tenir compte du contexte local, des dispositions métropolitaines. » Il faudra désormais expliquer ce qu’est ce fameux contexte local.

    Enfin, les élus du CESC, qui n’ont pas souhaité expliquer leur position lors de la discussion générale sur le texte, s’érigent en donneurs de leçons faisant remarquer que « le projet de loi de Pays n’aborde pas non plus la nécessité de respecter les principes relevant de l’éthique. »

    Assis, pas bouger le journaliste ! Convaincus que leur position empêchera les gratte-papiers de mordre la main de son maître, les membres du CESC proposent uniquement à la presse de n’être que la voix de son maître. Une décision lancée en à peine une heure avant de passer à une autre, bien plus importante à leurs yeux… la formulation d’un vœu pour étendre leur mandat de quatre à six ans.

    Triste position que l’assemblée de Polynésie française est libre de suivre… ou pas.

     

    Bertrand Prévost

     

        Retrouvez dans notre édition du Mercredi 28 septembre 2016 :   

    • Article : Le CESC rend un avis défavorable au projet de loi de Tea Frogier

     

     

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