C’est parti pour une année de réflexions et d’échanges

    lundi 4 juillet 2016

    La rencontre s'est tenue jeudi dernier sous le fare pote'e Pererau de l'association Te Puna Reo, à Pihaena (Photo : Jeannot Rey / LDT)

    La rencontre s’est tenue jeudi dernier sous le fare pote’e Pererau de l’association Te Puna Reo, à Pihaena (Photo : Jeannot Rey / LDT)

    Le plan de gestion de l’espace maritime (PGEM) de Moorea est souvent chahuté, parfois ovationné. Cette réglementation issue d’une série de concertations et d’échanges étalés sur une dizaine d’années avait abouti à son application en 2004. Le but recherché par les autorités locales était d’avoir une base juridique qui permettrait de mieux gérer le lagon de Moorea, de plus en plus pris à mal par les nombreuses activités, pour la plupart à vocation touristique, et par des agressions d’origine humaine sur le littoral en forte croissance.  Ainsi, depuis sa création, un comité de gestion et l’association PGEM se réunissent environ une fois par mois pour débattre des projets en cours directement liés à l’espace lagonaire. Cela va de la construction d’un ponton à la pose de parcs à poissons, en passant par la gestion de telle ou telle activité touristique sur un site précis du lagon ou à l’aménagement de remblais.
    Le PGEM, c’est aussi l’instauration de huit aires marines protégées, une arme à double tranchant. Il s’agit de zones délimitées par des bouées, éparpillées sur l’ensemble du pourtour de l’île. Elles se sont avérées être de bons sites protégés pour le développement de la ressource (reproduction de la faune et de la flore) mais elles sont devenues interdites à la pêche lagonaire, ce qui n’est pas toujours été compris ou accepté du public, et en particulier des pêcheurs.
    Le PGEM, c’est aussi une réglementation de pêche (poissons et coquillages) avec ses propres règles, qui parfois se positionnent en contradiction avec la réglementation officielle du Pays, elle-même pas toujours bien comprise du public.

    Un outil de travail respecté

    Après dix années de fonctionnement, où de très bonnes choses ont pu être observées, aussi bien au titre des résultats qu’à une prise de conscience indéniable de la part des jeunes, le PGEM de Moorea est devenu, au fil des années, un outil de travail respecté, que personne, ou presque, ne souhaite aujourd’hui voir disparaître.

    Par contre, sa révision pour un texte beaucoup plus adapté à la situation d’aujourd’hui et plus équilibré par rapport aux différents acteurs économiques est devenue une priorité. Et c’est ce que s’emploie à faire la commune, premier partenaire du projet par cette remise à plat de la réglementation. Elle est aidée du Pays qui, de son côté, attend d’avoir enfin un outil de gestion bien cadré pour répondre aux demandes des communes de Polynésie française.

    Jeudi dernier, une première rencontre formelle entre institutions, associations culturelles et environnementales, prestataires et pêcheurs avait donc pour but de lancer officiellement le démarrage de cette révision. La rencontre a eu lieu sur le site Pererau de Pihaena, géré par l’association Te Puna Reo, centre névralgique du PGEM. Objectif visé d’ici un an : pouvoir proposer le PGEM de Moorea version 2, travaillé sur l’ancienne réglementation, mais mieux compris et accepté des cellules d’activités traditionnelles, culturelles ou économiques.

    Un projet d’un an

    Cinq tranches de travaux sont proposées par la commune, représentée par Heimanu Villierme, chargé du PGEM au sein de la cellule environnement, et par l’intermédiaire de différents organismes de soutien tels que le projet Rescue, piloté par la Communauté du Pacifique Sud (CPS), l’Agence française de développement (AFD) et le Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM).

    La première phase était l’atelier de lancement, qui s’est tenu jeudi dernier. Les premiers échanges ont été plutôt timides, tant sur la démarche de révision que sur la finalisation de la composition nominative de la commission locale de l’espace maritime, qui aura un statut décisionnaire, et sur l’organisation de la phase de concertation, qui nécessite la présence de tous les acteurs concernés. Ce qui était loin d’être le cas pour cette première assemblée (lire ci-dessous).

    De juillet à octobre, des réunions ou rencontres par thème avec les différents acteurs (pêcheurs, prestataires, associations, etc.) seront programmées, puis, de novembre à décembre, les techniciens qui encadrent l’animation des réunions procéderont à la récupération des données. De janvier à avril 2017 sortiront les résultats des premiers travaux d’analyse des données, discussions, négociations et modifications finales. De mai à juin, le texte sera rédigé afin d’être présenté au conseil des ministres pour validation. Un an donc pour arriver à bout du projet, ce qui peut paraître long pour certains ou trop court pour d’autres.

    Il reviendra surtout aux décideurs de faire comprendre l’utilité d’une telle réglementation pour une meilleure gestion de l’espace lagonaire. Mais la cohabitation entre les différents partenaires et acteurs économiques n’est malheureusement pas toujours au rendez-vous.

    De notre correspondant
    Jeannot Rey

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