Les Champignons de Paris sur les planches du petit théâtre

    vendredi 23 septembre 2016

    théâtre

    De gauche à droite : Guillaume Gay, Émilie Génaédig, Tepa Teuru, François Bourcier et Tuarii Tracqui. (Photo : Vaiana Hargous)

     

    La compagnie du Caméléon, en coproduction avec la compagnie Théorème de Planck, présentera sa nouvelle création, Les Champignons de Paris, du 30 septembre au 9 octobre prochain sur la scène du petit théâtre de la Maison de la culture.

     

    Cette pièce inédite écrite par Émilie Génaédig et mise en scène par François Bourcier s’intéresse aux essais nucléaires français, avant, pendant et après ; c’est-à-dire de leurs débuts en 1960 en Algérie, de leur poursuite à Moruroa et Fangataufa avec l’installation du Centre d’expérimentation du Pacifique (CEP) avant leur arrêt en 1996, et jusqu’à leurs conséquences.

    Le spectacle commence avec la propagande de l’époque, en faveur du nucléaire et de ses bienfaits. Des éléments d’archives vidéo et audio, des extraits de discours des politiques de l’époque illustrent le rêve de progrès et de prospérité promis par la France. La parole des témoins est ensuite relayée.

    Elle apporte un éclairage sur la réalité du nucléaire, les premières prises de conscience, les incidents, les mystères qui entourent certains événements, les maladies, les vies brisées, les désastres sociaux et écologiques. La pièce restitue les actes et non simplement les récits de souvenirs.

    Le spectateur voit se dérouler sous ses yeux les temps forts qui ont marqué cette période et accède aux émotions et au monde intérieur des différents protagonistes, incarnés par Tepa Teuru, Tuarii Tracqui et Guillaume Gay, qui jouent chacun une quinzaine de rôles à travers différentes saynètes.

     

    “Une œuvre d’artistes”

     

    L’idée est de ne pas rentrer dans la polémique politicienne, mais de comprendre les choses en suspens, lance François Bourcier. L’idée est de relayer la parole de ceux qui l’ont vécu de part et d’autre. Le problème de la radioactivité, c’est qu’elle est invisible, ce n’est pas palpable. Le théâtre va mettre en relief ce qu’on ne voit jamais. On fait une œuvre d’artistes, on livre des interrogations pour provoquer une réaction émotionnelle, pour qu’il y ait une réflexion.

    Cette pièce de théâtre, qui sera également proposée aux scolaires, se veut aussi être un spectacle pédagogique pour ceux qui ne connaissent pas le sujet. “C’est pour cela que nous avons replacé le contexte historique, les faits, les dates, les lieux”, précise le metteur en scène. Une formule qui a déjà fait ses preuves avec les comédiens.

    J’avais des petites connaissances sur le sujet parce que mon papy travaillait à Moruroa, mais j’ai appris beaucoup avec cette pièce, confie Tepa Teuru, notamment sur les lieux de contamination, mais aussi sur les dirigeants, les décideurs, comment ça s’est passé, à quel moment on n’a pas eu notre mot à dire, pourquoi on n’a pas eu notre mot à dire.

    À part ce que j’ai appris par rapport à mon père qui travaillait à Moruroa, je ne savais rien, explique, quant à lui, Tuarii Tracqui. Les dates, les endroits, les gens impliqués… J’ai tout appris au travers de la pièce. Tout ce que je sais aujourd’hui sur le nucléaire, c’est grâce à la pièce que je l’ai appris.

     

    Moi, ce que j’ai pu découvrir à travers ce travail, c’est plutôt un positionnement des puissants, des décideurs vis-à-vis du peuple, indique à son tour Guillaume Gay. Et dans cette affaire, les dommages collatéraux de ces essais ont concerné beaucoup le peuple polynésien, mais aussi des appelés, des gens qui sont venus faire leur service militaire. On leur a fait miroiter les cocotiers, les vahine, etc. et puis ils sont venus et eux aussi ont subi ce mensonge et cette omerta autour des conséquences que certains n’ignoraient pas.

    Même si chacun a un avis personnel plus ou moins tranché sur le sujet, “on n’utilise pas les personnages qu’on joue pour faire passer nos opinions personnelles”, précise Tepa Teuru. “On joue des personnages à fond, on restitue des témoignages. C’est tout.

    Un moment d’échange avec le public est également prévu à la fin de chaque représentation “pour ne pas laisser le spectateur repartir comme ça, explique Guillaume Gay. En tout cas, celui qui a envie de rester pour échanger pourra le faire”.

    Après les onze représentations déjà prévues à Tahiti et à Raiatea, la pièce sera également amenée à voyager au-delà de nos frontières, d’abord en Nouvelle-Calédonie, puis en métropole, et notamment au Festival d’Avignon, en juillet prochain.

     

    V.H.

     

        Retrouvez dans notre édition du Vendredi 23  septembre 2016 :       

    • Infos pratiques
    • Réaction : Tepa Teuru, Comédien – “Ça va faire du bien à beaucoup de monde”

     

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