Changement climatique : c’est mal parti pour les objectifs de CO2

dimanche 21 septembre 2014

Au rythme actuel, l’humanité aura épuisé dans 30 ans son « quota » restant d’émissions de CO2 pour limiter à 2°C le réchauffement planétaire d’ici à la fin du siècle, ont averti des experts dimanche.
Publié à deux jours d’un sommet de l’ONU sur le climat, le rapport annuel du Global Carbon Project (GCP) chiffre à 2,3% l’augmentation en 2013 des émissions de dioxyde de carbone (CO2), le principal gaz à effet de serre, générées par la combustion de carburants fossiles et la filière ciment.
Après avoir atteint un record de 36 milliards de tonnes de CO2 l’an dernier, elles devraient encore augmenter de 2,5% cette année, selon le GCP, un réseau international de scientifiques.
« Avec les taux actuels (2014), le ‘quota’ restant avant que l’on dépasse les 2°C de réchauffement sera épuisé dans environ 30 ans », soit « une génération », affirme le rapport.
« Si c’était un relevé bancaire, il dirait qu’on arrive à court de crédit », a commenté le professeur Dave Reay, de l’université d’Édimbourg. « Nous avons déjà utilisé les deux tiers du volume de CO2 qu’il nous était permis d’utiliser et, pour échapper à un changement climatique périlleux, il va maintenant falloir faire des choix très difficiles ».
Les pays membres de l’ONU, qui se sont fixés l’objectif de limiter le réchauffement à 2°C par rapport à l’époque pré-industrielle, comptent conclure fin 2015 à Paris un accord de réduction des émissions qui entrerait en vigueur à partir de 2020.
Le rapport du GCP tire la sonnette d’alarme avant le sommet sur le climat convoqué mardi à New York par le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon afin de préparer la grande conférence mondiale l’an prochain dans la capitale française.
Se pose notamment la question de savoir comment répartir équitablement entre pays le « quota » restant d’émissions.
« Les émissions globales requerraient une réduction continue et sans équivalent d’environ 7% par an pour qu’on ait une chance raisonnable de rester à l’intérieur du +quota+ », a souligné Glen Peters du Centre de recherche international sur l’environnement et le climat d’Oslo (Cicero).
Or, la plupart des principaux émetteurs n’en prennent pour l’heure pas le chemin. La Chine, devenue le plus gros pollueur en 2006, a accru ses rejets de CO2 de 4,2% en 2013, selon le GCP, les États-Unis de 2,9% et l’Inde de 5,1%.
Seule parmi les grands pollueurs, l’Union européenne a réduit ses émissions, d’1,8%, sur la même période malgré un retour en grâce du charbon en Pologne, Finlande et Allemagne.
La Chine est désormais la source de 28% des émissions mondiales de CO2, suivie par les États-Unis (14%) et l’Europe (10%).
« La Chine émet aujourd’hui plus que les États-Unis et l’UE réunis et ses émissions de CO2 par personne sont supérieures de 45% à la moyenne actuelle, dépassant même la moyenne de l’UE », a noté Robbie Andrew, un autre chercheur de Cicero.
« C’est une tendance intéressante et cela montre le rôle important que la Chine va jouer pour relever le défi climatique », a renchéri Sybil Seitzinger, directeur du Programme international Géosphère-Biosphère (IGBP) à Stockholm.

AFP

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