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Le Charles-de-Gaulle sous la conduite opérationnelle de l’amiral

mardi 28 mai 2019

Laurent Lebreton : “Nos actions ont un aspect diplomatique important, partout où nous nous déployons”. Photo : DR

Laurent Lebreton : “Nos actions ont un aspect diplomatique important, partout où nous nous déployons”. (Photo : DR)

Le porte-avions Charles de Gaulle est arrivé il y a peu en mer de Chine méridionale.

Le contre-amiral Laurent Lebreton, commandant supérieur des forces armées en Polynésie française, a accueilli La Dépêche pour évoquer sa prise de contrôle opérationnelle de cette flotte aéronavale qui est arrivée sur zone en fin de semaine.

En tant que commandant de la zone maritime du grand Pacifique, il était sur le porte-avions hier pour sa prise de commandement opérationnelle. Il rappelle par la même occasion les missions de l’armée en Polynésie française.

 

 

Tout le monde en Polynésie française connaît l’amiral Comsup, commandant supérieur des forces armées en Polynésie française. Vous avez une autre fonction, moins connue, celle d’Alpaci, qui désigne l’amiral commandant la zone Asie-Pacifique. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Comme vous le savez, la France est une nation riveraine du Pacifique, avec un point essentiel, celui que nous sommes la seule nation européenne à maintenir des forces en permanence dans la zone Asie-Pacifique, avec les forces armées en Nouvelle-Calédonie et les forces armées en Polynésie française.

En qualité d’Alpaci, une zone de responsabilité m’est confiée par le chef d’état-major des armées. Cette dernière s’étend bien au-delà de la Zone économique exclusive de Polynésie française, puisqu’elle s’étend du détroit de Béring jusqu’en Indonésie, en passant par l’Antarctique, le Panama et toutes les nations frontalières du continent américain, aussi bien au nord qu’au sud, auxquelles il faut ajouter les pays asiatiques comme la Chine ou le Japon.

Dans cette immense zone, que l’on nomme ZRP – pour zone de responsabilité permanente – ma mission majeure est d’avoir une connaissance la plus précise possible d’un point de vue des relations internationales, opérationnelles et sécuritaires, sur terre mais aussi dans l’air, sous l’eau ou sur l’eau. Ces missions sont permanentes.

De connaissance et d’anticipation tout d’abord, mais également de protection et de prévention des crises en lien avec les nations alliées et riveraines du Pacifique.

Connaître le terrain permet tout simplement d’anticiper et d’être prêt à réagir en cas de cyclone par exemple, en sachant comment et avec qui mener des missions au sein de toute cette zone immense, dans les meilleures conditions.

 

Y a-t-il intervention de l’armée française dans cette zone ?

Il n’y a pas d’intervention, mais comme je le disais précédemment, nous menons des missions de protection, de prévention et de reconnaissance. Ainsi, on déploie des moyens militaires stationnés en Polynésie française ou en Nouvelle Calédonie, et régulièrement d’autres moyens en provenance de la métropole dans cette zone.

Tous les bateaux, tous les aéronefs, tout le personnel des armées françaises qui seraient dans cette zone passent sous mon contrôle opérationnel.

Ma mission, que je remplis avec l’état-major interarmées de Arue, est de coordonner, de soutenir, et de contrôler les missions dans la zone. Et c’est notre connaissance et appréciation qui permet de mieux les aiguiller et de les soutenir dans leurs actions. Tous ces déploiements sont complémentaires aux actions que je mène régulièrement dans la ZRP. J’ai de nombreux entretiens un peu partout dans la zone Asie-Pacifique, avec les autorités militaires des pays où je représente parfois le chef d’état-major des armées, lors d’événements bilatéraux ou multinationaux.

Notre objectif est de maintenir des liens de coopération avec les différents pays de la zone, comme l’Amérique, le Japon, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Malaisie, les Philippines, la Thaïlande, le Vietnam ou encore la Corée du sud.

 

Le porte-avions Charles-de-Gaulle est en zone Asie-Pacifique en ce moment même. Vous en avez donc le contrôle opérationnel ? Pourquoi est-il présent ici ?

C’est tout le Groupe aéronaval, pour être précis, qui est entré dans la ZRP Alpaci, à savoir le porte-avions, le groupe aérien embarqué, un ravitailleur et bien entendu l’escorte. Peu de gens le savent, mais c’est bien depuis Tahiti que nous assurons le “contrôle opérationnel”.

Je n’en ai pas le commandement, mais je suis chargé de nombreuses fonctions à leur profit. Je vais d’ailleurs m’y rendre (il y était hier, NDLR), avant l’escale à Singapour, afin de leur exposer par exemple notre vision de la zone et également pour m’assurer que nous leur apportons tout le soutien nécessaire grâce à nos relations entretenues avec les armées des différents pays.

Concernant le pourquoi de sa présence dans la zone, il faut replacer les choses dans leur contexte. Cela peut paraître exceptionnel, ça l’est sans doute un peu puisqu’il n’était pas venu depuis 2002, mais chaque année il y a un ou plusieurs déploiements de moyens français dans cette zone, où je le rappelle nous sommes la seule nation européenne, membre du conseil de sécurité des nations unies, à y maintenir des forces permanentes.

Tous ces déploiements visent à assumer le rôle qu’entend jouer la France, nation riveraine du Pacifique, pour y préserver la sécurité et la stabilité.

Ces déploiements se font dans le strict respect des règles internationales que l’on défend, à savoir la liberté de navigation, la protection des droits des personnes ou la protection des voies de communication, et permettent d’entretenir avec les armées des différents pays de la zone une bonne connaissance mutuelle.

Beaucoup d’exercices et d’échanges sont organisés à chaque passage en Asie-Pacifique. (…)

 

• Retrouvez l’intégralité de l’entretien de Laurent Lebreton dans notre édition du jour.

 

 

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