Charlie Hebdo: la famille du policier tué Ahmed Merabet appelle à éviter les « amalgames »

samedi 10 janvier 2015

Le frère du policier Ahmed Merabet, assassiné en marge de l’attentat contre le journal satirique Charlie Hebdo, a appelé samedi à arrêter de « brûler des mosquées ou des synagogues » car cela « ne nous rendra pas nos morts ».  « Je m’adresse à tous les racistes, islamophobes et antisémites: arrêtez de faire des amalgames, de déclencher des guerres, de brûler des mosquées ou des synagogues », a déclaré Malek Merabet, lors d’une conférence de presse à Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis), appelant à ne confondre les « extrémistes et les musulmans ».  « Vous vous attaquez aux gens, ça ne nous ramènera pas nos morts et ça n’apaisera pas nos familles », a ajouté ce membre de la famille Merabet, s’associant « à la douleur de toutes les familles des victimes ».
La famille, « dévastée par cet acte barbare », a également réagi à la publication de la photo de l’exécution du policier, devant Charlie Hebdo, en une de l’hebdomadaire Le Point samedi. « Je trouve ça abject », a déclaré le beau-frère de la victime, Lotfi Mabrouk. « Ces images, elles ont assez fait le tour du monde, elles ont assez choqué les gens », a-t-il dit.  « Comment avez-vous osé prendre cette vidéo et la diffuser? » a lancé de son côté Malek Merabet. 
Il s’est dit hanté par la voix de son frère qui, blessé, à terre, implore les terroristes de l’épargner. « Je l’entends tous les jours », a-t-il dit.
En revanche, il s’est dit « réconforté » par les rassemblements qui ont eu lieu en France à la mémoire des victimes de l’attentat. Cela « prouve qu’il peut y avoir de l’unité malgré les massacres qu’il y a eu ». 
D’après sa famille, Ahmed Merabet était un « bosseur », animé par un objectif: « gravir les échelons de la société ». Après avoir travaillé « au Mac Donald’s, à la SNCF et à Roissy », il entame sur le tard une carrière de policier. 
Il devait fêter ses 41 ans le 8 février. 
Après huit ans passés au commissariat du XIe arrondissement, le quartier où se trouvait le siège de Charlie Hebdo, il s’apprêtait à devenir officier de police judiciaire, dont il avait réussi le concours.  « Ce devait être son dernier jour » au commissariat, a témoigné son frère, qui a raconté les mois passés par Ahmed à bûcher son concours: « on ne le voyait plus, il ne sortait plus, ne mangeait plus ».
Très soudée, la famille, qui est originaire d’Algérie, s’est installée à Livry-Gargan en 1955 : le père, décédé il y a 20 ans, travaillait pour la société Le Bronze Industriel, la mère a élevé les six enfants de la fratrie, qui sont tous nés en France. Ahmed était le quatrième. 
Les quatre soeurs et les deux frères habitent tous dans la même rue à Livrey-Gargan, où Ahmed, qui n’était pas marié mais était en couple avec Morgane, venait de retaper intégralement « sa » maison: « il n’y aura pas dormi une seule nuit ».  « C’était un homme très serviable, calme, discret, pudique », a décrit sa soeur Nabia, qui a vanté son talent pour « dénouer des conflits violents ».  Et il était « fier d’être policier ». 
 
AFP

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