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Un chasseur sous-marin paraplégique après qu’un bateau lui est passé dessus

mercredi 13 décembre 2017

tribunal justice

(© archives LDT)

Il est près de minuit en ce 24 mai, quand J.F.  quitte un hôtel de Bora Bora pour rentrer chez lui derrière Matira. Il pilote sa pirogue double de transport touristique, longue de 11 mètres, en compagnie de son matelot.

Dans le chenal, il va à une vitesse de 15 nœuds, alors que la nuit est noire, lorsqu’il entend soudain un bruit dans ses deux moteurs de 300 CV. Mais si cela l’étonne, il songe à une patate.

Ce n’est qu’en voyant une lumière sous l’eau, qu’il comprend tout de suite qu’il s’agit d’un pêcheur sous-marin et lui porte secours.

Ce dernier était accompagné d’un ami qui a repéré l’arrivée du navire. Il a crié pour tenter de prévenir son ami, en vain. La victime a été frappée à la tête par le navire, ce qui a fait tourner son corps et les hélices ont blessé très gravement son dos.

Il restera plus d’un an au centre de rééducation Te Tiare, et se verra remettre une ITT de 180 jours. Il est aujourd’hui paraplégique.

Une première enquête de gendarmerie conclut à l’impossibilité pour le pilote du bateau de voir le plongeur, qui ne signalait sa présence que par une bassine verte, maintenue à la surface par une chambre à air noire, alors que l’obscurité régnait en cette nuit sans lune.

Les gendarmes s’interrogent également sur le fait que le plongeur n’ait pas entendu le bateau arriver.

Mais l’avocate de la victime demande un complément d’information lorsque son client peut enfin être entendu. Ce dernier explique notamment qu’il est remonté à la surface en pointant la lumière vers la surface.

Pour l’avocate, le pilote n’a pas su faire preuve de vigilance et maîtriser son navire comme c’est le cas pour une voiture.

Une thèse qu’elle a une nouvelle fois défendue hier à la barre. Le pilote, habitué à naviguer dans cette zone de son côté a du mal à comprendre ce qui a pu se passer : “Normalement, les chasseurs ne sont pas dans le chenal et se signalent quand ils entendent un bateau.”

Le procureur reprend l’image de la voiture par l’avocate et estime que le pilote a oublié les règles de base.

“C’est un navigateur expérimenté sur le lagon de Bora Bora, malgré cela, ou plutôt à cause de cela, il est responsable d’un délit.” Il requiert 12 mois de prison avec sursis.

“C’est un dossier technique et complexe”, estime l’avocat du prévenu, qui s’irrite “d’entendre des gens qui ne connaissent pas la mer expliquer comment il faut naviguer”, avant de produire le témoignage d’autres capitaines expliquant qu’ils auraient navigué de la même manière.

Au final, le tribunal a donc prononcé la relaxe du capitaine.

F.C.

 

 

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