Habillage fond de site

Ses chiens enlevés à une SDF : un “enjeu de sécurité” selon Papeete

jeudi 21 juin 2018

angelina marama

Angeline Marama Tevaria est abattue par la perte de ses trois chiens : “Je dois vivre seule c’est ça ?” (© Marion Lecas)

“Mon cœur pleure !” C’est ainsi que le père Christophe, de la cathédrale Notre-Dame de Papeete, a commencé sa publication Facebook, partagée hier, près de 1 800 fois. Sur la page Accueil Te Vaiete – Caritas Polynésie, il raconte l’histoire d’Angeline Marama Tevaria, jeune femme sans domicile fixe, dont la police municipale a embarqué les trois chiens, dans la nuit de lundi à mardi.

Rencontrée par La Dépêche, Angeline raconte : “Ce soir-là, pour faire la charité, j’avais mon gros chien, Faapu. Les deux autres, des chiots, étaient restés dans mon squat.”

La jeune fille et son compagnon vivent dans une construction derrière Olympians Sport, à Papeete. “La majorité du temps, je laisse mes chiens à l’intérieur, mais quand ils ont trop faim, je sors avec eux. Je vais demander des restes, des os aux restaurants. Mais ce ne sont pas des chiens errants ; ils vivent avec moi !”

Le squat n’y fera rien et la brigade de nuit emportera tout de même les trois chiens.

 

Enjeu de sécurité et d’hygiène

 

La municipalité assume la décision et explique que ce sont plusieurs plaintes d’habitants qui l’ont poussée à agir. “De plus en plus de SDF ont des chiens”, explique Rémy Brillant, directeur des services de la mairie de Papeete, qui décompte une vingtaine de sans abris accompagnés d’un compagnon canin.

“Et certains pratiquent une mendicité agressive. Ajouté à cela, un chien qui peut impressionner, ça pose problème.” Il évoque surtout un enjeu de sécurité : “Certains agents de police ont même été victimes de lâchers de chiens”.

Ce à quoi Angeline répond que ses animaux étaient “gentils, attachants” et “n’avaient jamais mordu personne”.

Les autorités expliquent ne pas faire de différence pour éviter toute “discrimination” : “C’est vrai qu’on n’est pas allé jusqu’à étudier le caractère de chaque chien”, admet Rémy Brillant.

Le problème de l’hygiène est également invoqué. Reste la question affective. N’ayant pas de domicile, Angeline, qui s’est déjà vu retirer la garde des ses enfants, évoque une solitude qui pèse. “Maintenant, on me retire mes chiens. Je dois vivre seule, c’est ça ? Et puis, un chien, c’est la seule aide que tu as dans la rue.”

Aujourd’hui, les trois chiens sont à la fourrière. À Papeete, un chien errant est euthanasié sous les huit jours si aucun propriétaire ne se manifeste. “Là, précise Rémy Brillant, on sait qu’ils ont un propriétaire. Mais elle doit s’engager à leur trouver un vrai foyer. Sans quoi, on ne les sortira pas de la fourrière si on est sûr de les retrouver dans la rue.”

Angeline, épaulée du père Christophe, ne perd pas espoir : “J’appelle la Société protectrice des animaux de Polynésie (SPAP) tous les jours.”

 

Marion Lecas

 

 

0
0
0

Pavé PI

Edition abonnés
Le vote

Retraites : Selon-vous, la réforme de la Protection sociale généralisée est-elle nécessaire, même si cela suppose des efforts de tous pour la survie du système ?

Loading ... Loading ...
www.my-meteo.fr
Météo Tahiti Papeete