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Chiens errants : il faut “fermer le robinet des naissances”

vendredi 12 janvier 2018

Chien errant

Une réalité quotidienne à Tahiti et dans les îles : des cartons de chiots abandonnés un peu partout. Qui, lorsqu’ils survivent, viennent renforcer les meutes de chiens errants. (© archives LDT)


Le tragique décès, mercredi, de la tortue Te Ara Tau, attaquée par des chiens errants ou en divagation, a de nouveau mis en évidence le problème de la surpopulation canine. La preuve en a été apportée dans d’autres pays, répètent les associations : la seule solution efficace consiste à “fermer le robinet des naissances”. Autrement dit, stériliser massivement chiens et chiennes. Les chiens errants de Tahiti sont le plus souvent les animaux abandonnés dans des cartons, un peu partout, alors même que l’euthanasie des nouveaux-nés est gratuite chez tous les vétérinaires.

Après l’émotion, la société polynésienne doit se poser les bonnes questions, disent les associations. Olivier Betremieux, le vétérinaire de la clinique Fariipiti de Mahina qui soignait depuis 2009 les tortues de Papeari après une première agression, encore sous le choc de l’attaque mortelle subie par Te Ara Tau, désigne lui-même clairement les coupables : pas les chiens eux-mêmes, mais bien “les personnes qui les abandonnent comme de vulgaires choses qu’on laisse au bord des routes”. 

Contacté hier, il a indiqué à La Dépêche qu’il reste au chevet de la tortue femelle, Te ara u’i : “Elle va bien, elle a eu des points de suture aux quatre pattes. Les plaies sont gérées, la tortue est sous antibiotiques et reste sous surveillance médicale”.

Le vétérinaire ne fait qu’évoquer une évidence : les chiens errants qui peuplent Tahiti ne sont pas sortis de nulle part. Ce sont pour l’essentiel ces chiens qu’on ne veut pas, qu’on ne veut plus, qu’on abandonne lâchement dans les fonds de vallée.

“En espérant peut-être que la nature, comme par miracle, résoudra le problème toute seule”, se désole un bénévole.

Auxquels il faut ajouter les chiens en divagation, qui ont un maître, mais qui sont pourtant laissés en liberté, sans surveillance.

Des chiens, errants ou en divagation, qui peuvent mordre, transmettre des maladies, provoquer des accidents de la route, etc. Il s’agit bien du procès, au final, de l’irresponsabilité de certains.

“Après Noël, nous avons retrouvé quantité de chiots abandonnés dans les cartons d’emballage des cadeaux offerts aux enfants”, témoigne l’association Ia maitai te animara, fatiguée, comme toutes les autres, de vider à la petite cuillère l’océan de détresse animale qui touche la Polynésie française, entre abandons et maltraitance.

Chaque jour apporte son lot de nouveaux animaux abandonnés, souvent des chiots et des chatons, parfois déjà morts lorsque les bénévoles inspectent les cartons suspects.

Pourtant, concernant les animaux nouveaux-nés, tous les vétérinaires de Polynésie ont accepté, et depuis longtemps, de les “endormir”, c’est-à-dire les euthanasier sans souffrance, à titre gratuit.  

 

Stériliser, “la seule solution efficace”

 

Ce qui ne les empêche pas de retrouver régulièrement, devant leur cabinet, des cartons de chiots abandonnés, parfois déjà âgés de plusieurs mois.

Fenua Animalia, Ia maitai te animara, le Service de protection animale en Polynésie (SPAP), Bora Bora Bora animara, Tubuai animalia…

Tous les bénévoles qui interviennent sur le terrain à titre associatif ou individuel ne cessent de répéter qu’il ne sert à rien de dénoncer les conséquences de la surpopulation canine tant qu’on ne s’attaque pas à la cause.

Toutes les associations délivrent exactement le même message : il faut fermer le robinet des naissances. Autrement dit, procéder à des campagnes de stérilisation de masse, comme l’a compris, seule à ce jour, la commune de Bora Bora, après une première expérience menée avec Fenua Animalia. De plus, un animal stérilisé voit son espérance de vie prolongée.

C’est la ville de San Francisco, autrefois victime d’un énorme problème de surpopulation canine, qui a été une des premières à apporter la preuve que cette solution était efficace, à long terme, et donc “rentable” pour la collectivité.

À condition de maintenir l’effort pendant plusieurs années consécutives.

“C’est désespérant de voir à quel point beaucoup fuient leurs responsabilités”, s’indigne Fenua Animalia.

“Prendre un animal, c’est un engagement d’une dizaine d’années, on n’a pas le droit de le jeter comme un détritus quand on est fiu”.

On connaît les conséquences. Une tortue centenaire, notamment, l’a payé de sa vie…

Damien Grivois

 

association chien errant

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