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Des chips locales au succès grandissant

mardi 19 septembre 2017

randy li foc chips

Pour tenir le rythme, Randy Li Chin Foc peut compter sur le soutien de ses deux sœurs, Jade et Coralie. (© Anne-Charlotte Bouleau)


Il y a trois mois, Randy Li Chin Foc, gérant du Magasin Teahupo’o, s’est lancé un nouveau défi : produire des chips à base de produits locaux. Et ça marche : la production est passée de vingt à deux cents paquets par semaine, en moins d’un mois. Le secret de cette réussite ? Une bonne dose de courage et un prix raisonnable, “pour encourager les gens à consommer local”.

Randy Li Chin Foc, 32 ans, est un jeune chef d’entreprise bien connu des habitants de Taiarapu-Ouest. Debout aux aurores pour assurer sa tournée matinale à bord de sa camionnette, tout en faisant tourner son magasin d’alimentation générale – basé à Teahupo’o, non loin du PK 0 –, il ne compte pas ses heures.

Et comme s’il n’avait pas déjà assez de travail au quotidien, il y a trois mois, il s’est lancé dans la production de chips de ‘uru, ‘umara et taro.

Je ne me limite pas à une activité de revente. J’essaie d’être producteur. À la base, cette idée m’a été suggérée par mon papa fa’a’amu, Jean-Claude Liou Fong, lorsque j’étais toujours étudiant. Il m’a fallu plusieurs années et un peu plus d’expérience dans le commerce, pour me décider à sauter le pas. J’ai eu le déclic quand j’ai perdu mon papa, avec l’envie de développer l’entreprise familiale”, confie-t-il.

La première semaine, vingt paquets ont été mis en rayon, en guise de test. Les clients ont été rapidement convaincus, car, moins d’un mois plus tard, et jusqu’à aujourd’hui, deux cents paquets sont écoulés chaque semaine.

Alors, forcément, pour tenir la cadence, Randy Li Chin Foc a dû s’organiser.

“Je rassemble toute ma matière première le mercredi. Le jeudi et le vendredi, c’est le nettoyage, avec l’épluchage, le brossage et le découpage. En général, on attaque la cuisson le vendredi ou le samedi. Il faut compter une bonne demi-journée de travail, avec l’emballage. Il y a une technique pour cuire les chips : il faut prendre son temps et toujours être à côté, pour être sûr d’avoir le croquant attendu. C’est un travail de famille. Heureusement que mes sœurs sont là ”, souligne le jeune homme assisté dans cette tâche hebdomadaire par Coralie, 24 ans, et Jade, 13 ans.

 

Un prix raisonnable

 

Chaque mois, ce sont près de 30 kg de taro, 100 kg de patates douces et 150 kg de ‘uru qui sont ainsi écoulés. Si Randy Li Chin Foc rachète une bonne partie de sa matière première directement à des familles de Taiarapu-Ouest, en revanche, il n’a pas d’autre choix que de se fournir en taro à Rurutu.

“Dans le secteur, la commercialisation n’est pas encore assez professionnelle, alors qu’il y a du potentiel. À terme, j’aimerais me fournir uniquement aux  alentours, mais je ne suis pas du genre à courir après les gens”, précise-t-il.

Pour compléter, il a simplement investi dans un robot multifonctions, lui permettant d’obtenir de fines tranches de deux millimètres d’épaisseur. Tout le reste de l’équipement nécessaire était déjà sur place, dans la cuisine aménagée à l’arrière-boutique.

À l’arrivée, le paquet de 100 grammes est vendu au tarif de 300 F.

“Je propose surtout des mélanges, avec un peu plus de ‘uru, qui coûte moins cher à l’achat, pour rentrer dans mes frais et rester à un prix raisonnable. Si on veut encourager les gens à consommer local, il ne faut pas exagérer”, remarque Randy Li Chin Foc.

Et ça marche, ce qui motive le jeune homme à continuer sur sa lancée.

“J’envisage de développer cette activité en restant dans la même optique, avec des produits locaux, mais en me dirigeant cette fois-ci vers les fruits secs. Je n’ai pas encore de séchoir car l’investissement est trop important, entre 4 et 5 millions, donc je compte faire un séchoir artisanal”, explique-t-il, toujours prêt à relever de nouveaux défis.  

 

A.-C. B.

 

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Comme le taro et la patate douce, le ‘uru est tranché en fines lamelles de deux millimètres d’épaisseur, avant d’être plongé dans l’huile et salé à la sortie. (© Anne-Charlotte Bouleau)

ACB (3)

Deux cents paquets sont écoulés chaque semaine. (© Anne-Charlotte Bouleau)

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Les trois variétés sont mélangées, ce qui permet au jeune gérant de rentrer dans ses frais, tout en affichant un prix de vente abordable. (© Anne-Charlotte Bouleau)

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