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Chris Kaimuko, sauvé par une greffe du rein

jeudi 21 juin 2018

chris kaimuko

Chris Kaimuko, 31 ans, a attendu dix ans avant de recevoir un rein de la part d’un donneur anonyme. (© Désiré Teivao)


Sur 496 patients à souffrir d’insuffisance rénale, en Polynésie française, 150 sont en attente d’une greffe. Chris Kaimuko, le président de l’association “Un don de vie”, a attendu pendant près de dix ans. Il livrera son témoignage à l’occasion des journées de réflexion dédiées au don d’organes, organisées aujourd’hui et demain, à l’hôpital de Taaone.

Lunettes de soleil vissées et un t-shirt arborant le S de Superman. Tenue très décontractée pour Chris Kaimuko, 31 ans. En dehors de son gabarit assez impressionnant, on ne peut s’empêcher de remarquer un manchon sur son bras droit, qui cache certaines protubérances : les stigmates de près de dix longues années de dialyse.

“On m’a demandé si je voulais me faire opérer pour les retirer, mais j’ai refusé. Certains portent des tatouages pour marquer un moment de leur vie. Ces protubérances sont en quelque sorte mes tatouages pour me rappeler tout le chemin parcouru”, confie le jeune homme.

Et que le chemin fut long pour Chris. Vers l’âge de 14 ans, des analyses médicales révèlent une insuffisance rénale. “Un des mes deux reins ne fonctionnait pas correctement, mais je pouvais encore m’en sortir si je suivais le traitement que l’on m’avait prescrit. Mais j’en ai fait qu’à ma tête, et les choses ont empiré. Tout ce que je mangeais, je le vomissais de suite.”

Vers l’âge de 18 ans, Chris est contraint de passer 15 heures par semaine branché à une machine pour purifier son sang. “Lorsque le médecin vous donne un traitement pour éviter une insuffisance rénale, je vous conseille de le suivre à la lettre”, lance-t-il. “Arriver au stade de la dialyse, ce n’est pas très rigolo. Tu dois réorganiser tout ton emploi du temps pour pouvoir mener à bien tous les projets que tu as en tête. Ça a été très dur pour moi.”

 

 

Une dizaine d’années d’attente

 

Un jour, une infirmière lui parle, ainsi qu’à sa famille, du don d’organes. “Un oncle s’était porté volontaire pour me donner un rein”, se rappelle-t-il. “Mais j’ai refusé parce que je savais toutes les complications médicales qu’il aurait eu à subir à cause de moi.” Chris décide donc de prendre son mal en patience et de s’inscrire sur la liste des personnes en attente de greffe rénale.

“Pendant ce temps, j’ai beaucoup échangé sur le don d’organes avec ma famille, mes amis, les prêtres de ma paroisse, dans le but de me préparer à recevoir un corps étranger en moi. J’avais des idées du genre : ’Si je reçois un organe d’un corps étranger, je vais avoir une autre personnalité’. Des idées un peu comme ça qu’il fallait que je mette au clair.”

Après une dizaine d’années d’attente, Chris reçoit un coup de fil de l’hôpital. “Je suis tombé des nues. Je ne savais pas quoi répondre”, s’émeut-il, en se prenant la tête entre les mains. “J’ai appelé ma maman et mes deux meilleurs amis pour demander leurs avis. Et ils m’ont tous dit : ‘Vas-y’. On est très croyant dans ma famille, et c’était notre miracle, la réponse à nos prières.”

Chris reçoit finalement un rein de la part d’un donneur anonyme, tout juste décédé. Aucune complication et aucun rejet. “J’ai remercié mon donneur dans mes prières”. Quant à connaître l’identité de son donneur : “Je n’ai jamais su qui c’était. Mais je l’ai remercié et je continue à le remercier dans mes prières. Grâce à lui, j’ai une nouvelle vie. Le don d’organes m’a sauvé.”

Aujourd’hui, à l’occasion de la Journée nationale de réflexion sur le don d’organes, Chris, qui est aussi président de la l’association “Un don de vie”, souhaite partager son témoignage et son histoire pour sensibiliser la population au don d’organes. “La générosité est ce qui nous caractérise, nous, les Polynésiens. Mais nous avons tellement peu d’informations sur le sujet que les gens voient ça d’un mauvais œil. Le don d’organes, ce n’est pas de la charcuterie.”

Selon lui, le plus important est d’en parler avec son entourage. “Il ne faut pas que le sujet soit tabou dans les familles. Il faut connaître le positionnement de chacun et respecter son choix, qu’il soit pour ou contre le don.”

Pour plus d’informations sur le don d’organes, rendez-vous aujourd’hui et demain, à l’hôpital de Taaone.

 

Désiré Teivao

 

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