Ciguatéra : Internet pour connaître les zones touchées

dimanche 28 décembre 2014

Un site Internet dynamique et collaboratif recense les cas de ciguatéra dans toute la Polynésie française. Ce site ciguatera.pf est né à l’Institut Louis Malardé (ILM), un référent mondial de la ciguatéra. Il s’enrichit grâce aux déclarations des professionnels de santé mais aussi des pêcheurs et visiteurs concernés. Toutefois, aucun test grand public de détection de la toxine n’est annoncé à court terme.

Le site Internet qui répertorie les cas de ciguatéra en Polynésie française est le fruit d’un an et demi de réflexion. Il est l’œuvre de Clémence Gatti, chercheuse au laboratoire micro-algues toxiques de l’Institut Louis Malardé (ILM), qui s’est appuyée sur le savoir-faire du bureau d’études Pae Tai Pae Uta et de l’entreprise Fenua Geeks ainsi que sur les connaissances d’un médecin conseil du Centre hospitalier de Polynésie française (CHPF). En ligne depuis quelques semaines, le site met à disposition des visiteurs des informations spatiotemporelles. “Concrètement, c’est un site dynamique et collaboratif”, explique Clémence Gatti. “Les professionnels de santé mais aussi les pêcheurs peuvent remplir un questionnaire pour nous faire part des cas qu’ils recensent ou vivent. Nous les répertorions ensuite sur la carte qui évolue ainsi en temps réel, ou presque.” Les cas de ciguatéra sont matérialisés par des points jaunes. En cliquant sur ces points, le visiteur obtient des informations sur les poissons ayant entraîné une intoxication, leur date et lieu de pêche et le nombre de cas d’intoxications recensé. Les renseignements sont issus du réseau de surveillance de la Ciguatéra et de la participation des internautes.

Les réponses de la recherche

Mais ce n’est pas tout, le site est aussi une formidable base de données sur l’intoxication et la toxine responsable : intoxication, symptômes, traitements, recommandations, statistiques. Autant d’éléments que les pêcheurs et consommateurs recherchent. De plus, un forum est ouvert sur ce site qui fait également état des dernières avancées de la recherche. Quels sont donc les derniers progrès ? Plusieurs pistes de recherche sont exploitées comme par exemple l’étude des formes chroniques de la ciguatéra. En effet, certaines personnes peuvent voir leurs symptômes réapparaître pendant plusieurs années ou dizaines d’années après leur contamination. L’institut travaille à la mise au jour de molécules actives à partir des ra’au Tahiti, à la mise au point d’outils de détection des différentes espèces de microalgues ou de méthodes chimiques d’extraction rapide des toxines, etc.
Quant à la question “un test de détection rapide et accessible des poissons contaminés pourra-t-il voir le jour ?”, la réponse est “non”. Taaiana Darius, chercheuse au laboratoire des microalgues toxiques de l’ILM explique : “Nous, chercheurs, avons des tests à disposition, mais ils sont longs et coûteux. En l’état actuel des connaissances et des moyens, vu la complexité de la toxine, nous ne pouvons mettre à disposition du grand public des tests rapides et abordables financièrement”. Dans les années 90 une entreprise américaine a commercialisé ce qu’elle a appelé des “cigua check”. Ces tests ont trouvé preneurs dans toutes les îles du Pacifique mais la Food and drug administration, l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux, a fini par interdire la vente de ce test. Depuis aucune autre tentative n’a vu le jour.

Delphine Barrais

Lire notre dossier avec notamment le témoignage du pêcheur Oliver Emsallem dans La Dépêche de Tahiti de dimanche 28 décembre

 

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