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Du cinéma gratuit et intelligent à la mairie de Pirae

mercredi 19 avril 2017

enfant

Les films sélectionnés permettent d’interroger le grand public, y compris les scolaires, sur le rapport à l’autre, les liens intergénérationnels ou le pluralisme culturel. (© Marie Guitton)

Sacrifices de parents, débrouille d’enfants, prouesses sportives de jeunes malades, premières histoires d’amour… Une vingtaine de longs et courts-métrages, documentaires, animations et fictions, sont présentés gratuitement au public depuis hier, et jusqu’à demain, à la mairie de Pirae, dans le cadre des Échos du Festival européen du film d’éducation. 

Au-delà de sa vocation pédagogique, cette première édition polynésienne s’adresse à tous : père et fille, mamie et copine, étudiant, tonton et tatie…

“C’est avant tout un festival de cinéma, pour faire découvrir des films que le public n’a pas forcément l’occasion de voir”, explique Christian Gautellier, le directeur du festival organisé tous les ans depuis 2004 à Évreux, en Normandie, et qui est aujourd’hui décliné dans de nombreuses régions et territoires d’outre-mer français.

Baccalauréat, le film de clôture qui sera projeté demain en fin de journée et qui a remporté le César 2017 du meilleur film étranger, raconte par exemple l’histoire d’un père dévoué à la réussite de sa fille, et dont l’avenir est soudainement remis en question par une agression.

“C’est très accessible puisque tout le monde, aujourd’hui, est confronté à ces histoires de vie”, reprend Christian Gautellier. “Ce sont aussi les histoires de ceux qui pourraient être laissés de côté, comme les personnes âgées ou handicapées. Il y a également beaucoup de films qui font appel à la culture, le lien entre les générations. Tous sont souvent très positifs et humanistes, très interculturels puisqu’ils viennent du monde entier.”

Espagne, Russie, France, Brésil, République tchèque, Roumanie… : un peu à l’image du Festival international du film documentaire océanien (Fifo), l’objectif de cette manifestation est de “provoquer des rencontres” autour de grandes questions de société. Et susciter des “débats citoyens”.

 

Un festival qui veut durer

 

Outre le grand public, les centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active (Ceméa), qui organisent le Festival d’Évreux et ses déclinaisons locales, ciblent particulièrement les scolaires, les parents et les professionnels de l’enseignement. 

Hier matin, après les projections de petits films “qui font passer des messages”, comme ce court-métrage dans lequel un garçon africain reçoit un flocon de neige par la Poste, des questions ont été posées à quatre classes de primaire qui avaient fait le déplacement.

“On crée un cadre, mais on laisse les gens évoluer à l’intérieur. Ça permet d’entendre la parole des enfants et d’apprendre les uns des autres”, explique Marie-Hélène Tirao, la présidente des Ceméa de Polynésie, qui prône une pédagogie impliquant et responsabilisant l’enfant, dans la mouvance Montessori.

Cet après-midi, ce seront au tour des familles et associations des quartiers de s’interroger sur le père qui gifle son enfant lui réclamant des bonbons, sur cette petite fille et son frère autiste, ou sur la “casserole” que traîne Anatole jusqu’à ce qu’il parvienne à en faire un atout…

À Evreux, l’idée d’un tel festival est née de la synergie entre les Ceméa, le ministère de l’Éducation nationale et la Protection judiciaire de la jeunesse. Cette dernière sera associée dès l’année prochaine aux Échos organisés au fenua.

Car rendez-vous est déjà pris. “Nous essaierons aussi d’aller faire des projections sur les sites, à Moorea, Papara…”, annonce Marie-Hélène Tirao.

“La Polynésie inventera sa version du festival”, ajoute Christian Gautellier. “À La Réunion et en Guadeloupe, des cartes blanches sont par exemple données à un film issu de la production locale. Ici, les lycéens de Paul-Gauguin ont fait le site Internet du festival et y posteront des petits reportages. On pourrait imaginer qu’un appel à projets donne lieu, à terme, à la réalisation de courts-métrages… Petit à petit, ça va se développer. Ça s’annonce déjà bien.”

 

M.G.

 

Pratique

Les Échos du Festival européen du film d’éducation
Jusqu’au 20 avril, à la mairie de Pirae
8 h 30 – 11 h 45 : jeune public (primaire-collège)
13 h 30 – 15 h 30 : tout public (familles, étudiants)
17 h 45 – 20 heures : tout public (familles, adultes)

Entrée libre

Programme : festivalcemea.weebly.com

 

 

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