Cinéma – Incursion dans la Polynésie de la fin du XIXe siècle

    lundi 12 septembre 2016

    gaugin

    Le réalisateur Édouard Deluc et Vincent Cassel. (Photos : Bertrand Prévost)

     

    Île était une fois Gauguin

     

    C’est ce matin que débute le tournage du film d’Édouard Deluc sur la vie de Paul Gauguin en Polynésie française.

    Une tranche de vie en fait, puisque le réalisateur se penche exclusivement sur le premier voyage du peintre à Mataiea, de 1891 à 1893.

    Samedi dernier, la production a invité la presse à Tautira pour découvrir les décors et rencontrer l’acteur principal, Vincent Cassel, tout en gardant jalousement l’identité des autres acteurs polynésiens qui participent à l’aventure et qui joueront les rôles de Tehura, la compagne de Paul Gauguin rencontrée à Faaone, et Iotefa, son assistant.

    C’est à Tautira que seront tournées la majeure partie des scènes de ce biopic, qui se concentrera sur l’histoire de cet homme perdu dans sa vie et dans sa peinture, qui se cherche un nouvel idéal dans une Polynésie en pleine mutation.

    Ce matin, les premières scènes, à cheval, dans la vallée de la Presqu’île, lanceront les sept à huit semaines de tournage.

     

    Cent millions investis

     

    Ce tournage nécessite une grosse organisation. Six cents personnes ont été sélectionnées pour des rôles de figuration. Vingt CDD ont été signés, principalement pour protéger les sites de tournage.

    Vingt-cinq techniciens locaux sont encadrés par les équipes de Filmin’ Tahiti et, pour finir, près de 100 millions de francs sont investis localement pour le tournage, le transport, l’hébergement, la cantine, les salaires, etc.

    Samedi dernier, les dernières retouches étaient mises en place sur le décor. Le magasin chinois de Wei a été monté en l’espace de deux semaines et, sur place, l’effet est saisissant.

    Des constructions neuves qui semblent avoir cent ans, du matériel d’époque, des outils, des affiches…

    Un siècle semble séparer les deux côtés d’une même route. Financé principalement par Canal +, le film a pour ambition d’être présenté, et retenu, au prochain festival de Cannes en 2017, pour diffusion au cinéma dans la foulée.

    L’histoire reposera sur les écrits du peintre, Noa Noa, et sur le talent de Vincent Cassel. Un Cassel quasi méconnaissable.

    Amaigri pour le rôle, il arbore barbe hirsute et cheveux en bataille, mais conserve ce regard bleu profond qui le fait parler sans qu’il ait besoin de prononcer un mot.

    Pour les besoins du film, plusieurs lieux de tournage ont été retenus. Orofara, Mitirapa, Teahupo’o, Moorea et, bien sûr, Tautira.

    La Polynésie sera bien au centre du film sur Paul Gauguin. Une Polynésie qui, à l’aube d’un siècle nouveau, est en plein changement. Sa langue, sa culture et sa religion sont en plein bouleversement.

    Contrairement au film de Mathieu Kassovitz (L’Ordre et la morale), tourné à Anaa mais plaçant l’histoire en Nouvelle-Calédonie, contrairement à Couple Retreat, tourné à Bora Bora et qui ne parle que de Hawaii, et contrairement à Point Break (le remake) qui plaçait la vague de Teahupo’o à Biarritz, le film sur Paul Gauguin ne mentira pas à son public.

    Un film à Tahiti, sur Tahiti. La langue y sera très présente, au point que Vincent Cassel prend des cours de tahitien pour mieux coller au rôle.

    La chorale de Tautira est pressentie pour accompagner la musique du film et les lieux ne seront pas tronqués.

    Pour deux mois, Tautira sera le Hollywood polynésien.

     

    Bertrand Prévost

     

        Retrouvez dans notre édition du jour :       

    • Encadré : Vincent Cassel en quelque films
    • Plus de photos des décors

     

     

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