Cinq ans de prison pour avoir abusé d’elle pendant son sommeil

    mardi 13 septembre 2016

    prison

    “Il s’est fait un film”, a dit le procureur général, prenant une conversation amicale pour une invitation sexuelle. Condamné à cinq ans de prison dont un avec sursis, il a déjà effectué une partie de sa peine en préventive. (Photo : Caroline Perdrix)

     

    Il risquait jusqu’à 20 ans de prison

     

    Il comparaissait pour viol et violation de domicile. Le soir du 20 septembre 2014, Laurent*, 20 ans, est en permission chez lui à Taravao.

    Il est stagiaire au groupement du service militaire adapté (GSMA) depuis deux mois et songe à s’engager, lui qui a dû quitter l’école en seconde pour aider son père.

    En compagnie de plusieurs amis, dont son meilleur ami Jack* et la compagne de celui-ci, Myriam*, il entame la bringue, qui se déplace d’une maison à l’autre.

    Vers 23 heures, Myriam, très alcoolisée, décide de rentrer se coucher ; elle ferme la porte de ce qui n’est guère plus qu’une cabane avec le simple clou qui sert de sécurité, et s’écroule sur son lit, habillée.

    Quelques heures plus tard, elle se réveille alors que Laurent est en train de la violer. Il a laissé ses amis, est revenu chez Jack et Myriam, et est entré par la fenêtre.

    Myriam pense d’abord qu’il s’agit de son compagnon. Puis elle le repousse, et se précipite en pleurs chez son oncle et sa tante, qui vivent de l’autre côté de la cour, tandis que Laurent s’enfuit.

    À 5 h 40 du matin, les gendarmes sont prévenus. Laurent sera placé en détention provisoire jusqu’en juin 2015, puis relâché avec un bracelet électronique en attendant son procès.

     

    “Ni psychopathe ni pervers, mais pas très mature”

     

    Dès son arrestation, Laurent reconnaît les faits. Il admet s’être introduit par effraction dans la cabane, après avoir frappé à la porte sans obtenir de réponse.

    On avait parlé, elle m’avait félicité pour le GSMA, elle me disait qu’elle me trouvait mignon. J’étais complètement bourré, j’ai mal interprété”, dit-il à l’audience.

    Il prétend s’être identifié à la jeune femme, mais la léthargie alcoolique qui empêche Myriam de se débattre l’induit en erreur : “J’ai pensé qu’elle m’avait reconnu. Mais je reconnais que je l’ai violée.

    Laurent est décrit comme un jeune homme réservé et serviable, mais agressif lorsqu’il boit. Ses parents, alcooliques et aux rapports violents, ont mené la vie dure à leurs sept enfants.

    Son expérience avec les femmes est limitée. L’expert psychologue le décrit comme “ni psychopathe, ni pervers”, mais comme “pas très mature”.

    L’expert, qui examine Myriam trois mois plus tard, diagnostique un syndrome post-traumatique important et des difficultés dans sa vie sexuelle et sociale.

    Jack, avec qui Myriam s’est mariée depuis l’agression, en témoignera à la barre. Pour elle, venant d’un milieu assez rigoriste, il est vital de se faire reconnaître en tant que victime.

    Au final, le jury a suivi les réquisitions de l’avocat général : cinq ans de prison dont un avec sursis, avec un mandat de dépôt qui a conduit Laurent à Nuutania dès hier soir.

    Le tribunal a également prononcé une obligation de soins et une indemnisation de la victime d’un million de francs. 

     

    C.P.

    * Les prénoms ont été modifiés

     

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