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Cinq mois de prison ferme pour une main trop baladeuse

mardi 2 octobre 2018

“Il voit des centaines de femmes chaque jour sur ce parking, pourquoi irait-il le faire avec une femme accompagnée de son mari ?”, s’est interrogé l’avocat du prévenu. (© Florent Collet)

“Il voit des centaines de femmes chaque jour sur ce parking, pourquoi irait-il le faire avec une femme accompagnée de son mari ?”, s’est interrogé l’avocat du prévenu. (© Florent Collet)

Du juge à l’avocat de la défense, tous connaissent déjà T.A. pour l’avoir croisé sur le parking de Paofai, souvent avec une attitude agressive. C’est pour s’en protéger que mercredi dernier, la victime demande à son mari hospitalisé à la clinique de l’accompagner à son véhicule lorsqu’elle doit se rendre à son travail.

Alors que son conjoint marche quelques mètres devant, elle sursaute quand un homme surgit en hurlant, et elle sent une main toucher avec beaucoup d’insistance ses fesses. “Ce n’était pas au courant d’air”, se défend la femme pour répondre à T.A. qui n’a cessé de nier les faits.

“C’est une grand-mère” répète le prévenu pour justifier qu’il n’aurait pas pu être attiré. “C’est des mensonges”, ajoute-t-il. Juste après cet attouchement, le mari souffrant s’empare du malotru et lui demande de s’excuser. Il le nie, mais ce dernier aurait alors mis un coup de poing au conjoint avant que ce dernier ne riposte.

Abandonné par ses parents à la naissance, T.A. a été confié à sa grand-mère qui décédera alors qu’il était âgé de 5 ans avant d’être baladé de famille d’accueil en famille d’accueil, de devenir marginal et de vivre dans la rue à l’âge de 18 ans. L’homme a déjà été condamné pour des violences sur sa précédente conjointe. “Elle m’a filé la chaude pisse”, tente encore de se défendre T.A.

Pour l’expert, cet attouchement constitue “un acte inaugural” mais paradoxalement, il estime que le prévenu ne représente pas de risque sauf quand il boit. Problème, T.A. boit quotidiennement. Ce jour-là, c’est une bouteille de pastis pur qu’il a ingurgité avant les faits.

Son avocat rappelle que son client n’a pas été inquiété par la justice depuis quatre ans.

“C’est étonnant que d’un seul coup, il s’en prenne à une femme comme ça. Il n’avait pas l’intention de la toucher, mais l’alcool et la pénombre aidant, il y a eu un contact qui n’était pas délibéré. Il voit des centaines de femmes chaque jour sur ce parking, pourquoi irait-il le faire avec une femme accompagné de son mari.”

Alors que le procureur avait requis 18 mois de prison dont six avec sursis, les juges ont finalement condamné T.A. à dix mois dont cinq avec sursis et l’obligation de payer 150 000 F à la victime au titre du préjudice moral.

À l’énoncé du délibéré, A.T. s’est adressé au juge : “Et pour le coup que j’ai reçu ?” en allusion au coup porté par le mari. “Il ne faut pas avoir les mains baladeuses”, conclut le président du tribunal.

 

F.C.

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