Les cinquante ans du premier essai nucléaire au fenua

    lundi 4 juillet 2016

    De nombreux chants ont exprimé l'amour du fenua

    De nombreux chants ont exprimé l’amour du fenua

    Cérémonie d’anniversaire des cinquante ans du premier essai nucléaire, mené le 2 juillet 1966 à Moruroa, a commencé par l’accueil des marcheurs de l’association 193 qui, depuis une semaine, ont effectué un tour à pied de l’île de Tahiti. Elle s’est poursuivie par de nombreux chants, émaillés de discours visant à rappeler les raisons d’une telle manifestation.

    Organisée par l’Église protestante ma’ohi, opposante historique aux essais nucléaires, elle a été l’occasion pour plusieurs intervenants d’exprimer les attentes d’une partie non négligeable de la population. Plus de 45 000 personnes ont en effet signé une pétition demandant que soit organisé un référendum visant à ce que les Polynésiens soient consultés sur l’importance de faire reconnaître officiellement par l’État les conséquences des essais nucléaires en Polynésie française.

    Oscar Temaru, leader indépendantiste et antinucléaire de la première heure, était bien entendu présent. Mais on a pu remarquer aussi la présence de personnalités représentant des institutions : Marcel Tuihani, président de l’assemblée, Michel Buillard, maire de Papeete, Winiki Sage, président du conseil économique, social et culturel, ou encore les ministres de la Santé et de l’Environnement, Patrick Howell et Heremoana Maamaatuaiahutapu, en l’absence d’Édouard Fritch, ainsi que la députée Maina Sage.

    L’intervention du père Joël Auméran, représentant l’Église catholique, a été particulièrement applaudie. Si cette église ne s’était pas fait remarquer au fil des années par un positionnement aussi affirmé que l’Église protestante ma’ohi (EPM), les paroles prononcées par ce prêtre auront en tout cas marqué un engagement net de cette institution : l’installation il y a cinquante ans du centre d’expérimentation du Pacifique a été à l’origine d’“un déséquilibre profond de toutes les structures par l’arrivée massive de militaires, de techniciens et de leurs familles qui apportaient avec eux un mode de vie différent de celui de nos îles”.

     

     

    “Il nous faut regarder vers l’avenir”

    Et aujourd’hui, “les victimes militaires et civiles, et leurs familles, ne sont pas prises en compte de façon claire et satisfaisante, entretenant un sentiment de frustration et d’abandon par la collectivité nationale”, a voulu exprimer le père Auméran, estimant qu’“un profond sentiment d’obscurité sur l’avenir, destructeur de l’espérance, pèse sur les esprits”.

    De son côté, Taarii Maraea, président de l’EPM, a tenu à affirmer que “si nous sommes en train de commémorer ces cinquante ans, ce n’est pas pour dire que tout est derrière, que tout est fini. Il nous faut regarder vers l’avenir car les problèmes sont devant nous. Ce n’est pas une commémoration, c’est un encouragement à nous, les jeunes, à ne pas oublier notre part du travail, à nous lever pour dire que nous refusons d’être les objets de ces choses mauvaises…” Une union souhaitée également par le père Auguste Carlson, président de l’association 193, à l’origine de la demande de tenue d’un référendum. Celui-ci a ainsi demandé aux hommes politiques locaux d’“être courageux pour trouver un meilleur chemin de réconciliation à travers une justice qui soit vraie”.

    Un courage que leur a aussi demandé Roland Oldham, président de l’association Moruroa e tatou, tout en regrettant que plus de parole n’ait pas été donnée aux associations et aux experts, comme Bruno Barrillot, ancien chef de service de la délégation polynésienne pour le suivi des conséquences des essais nucléaires, “remercié” par Gaston Flosse il y a trois ans. Sa réintégration serait toutefois “dans les tuyaux”, selon Patrick Howell, qui a expliqué l’absence d’Édouard Fritch par son départ le soir même pour Paris : “Il n’est pas là car il se prépare pour un débat avec l’État qui va commencer dès lundi.”
    Oscar Temaru, quant à lui, est intervenu par un très bref rappel au “droit de souveraineté du peuple ma’ohi”.  

    De notre correspondant C.J.

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