Cinquante nuances de Grey : le succès à Tahiti

    jeudi 26 février 2015

    “Cela n’arrête pas. Il n’y a pas un jour, où on ne me demande pas si nous avons Cinquante nuances de Grey.” Régine, libraire en centre-ville, attendait avec impatience, hier après-midi, la livraison de 100 nouveaux exemplaires du best-seller de la Britannique
    E.L. James. “Un grand cru”, explique-t-elle, chiffres à l’appui. Les auteurs à succès comme Houellebecq, Musso ou Levy parviennent à atteindre 25 ventes mensuelles, des bons scores qui s’essoufflent au bout de quelques mois.
    Depuis 2012, le livre au héros milliardaire et dominateur continue de garder la cadence, avec parfois des pics à 80 ventes par mois. La sortie du film a d’ailleurs relancé les ventes de cet ouvrage, dont le style est désormais bien ancré dans les mœurs des lectrices du fenua. “Elles aimaient déjà beaucoup les collections du style Arlequin, aventures et passions, tout ce qui est roman d’amour à l’eau de rose. Maintenant, cela rajoute un peu de piment, parce qu’il y a un peu d’érotisme, voire un peu beaucoup. Cela ne m’étonne pas”, confie Valérie, une autre libraire qui se demande quand même “si les parents savent ce qu’il y a dans ce livre que s’achètent des adolescentes. C’est quand même du hot, mais ce n’est pas imagé.”
    À presque 60 ans, Amélie ne cache pas qu’elle a dévoré tout cru les trois tomes.
    “Je les ai lus en trois nuits. D’abord, parce que c’est très bien écrit. Ensuite, je crois que l’on aimerait vraiment que le héros, qui a des mœurs particulières, change pour la fille qui est amoureuse de lui. C’est un peu le but de l’histoire.”

    Cette lectrice n’avait jusque-là jamais lu de livres érotiques. “J’ai horreur du sadomaso, mais je pense qu’on peut relativiser et comprendre pourquoi Christian Grey est comme ça, comme quoi l’amour peut faire des miracles”, explique-t-elle, un peu fleur bleue.
    Avant d’avouer : “L’interdit, ça attire les gens, on a envie de voir ce qui est interdit. Cela attise la curiosité.”
    Et elle n’est pas la seule. Le style a désormais ses adeptes.
    “Quand ils ont vu que cela marchait bien, beaucoup d’éditeurs sont entrés dans la brèche, maintenant, nous en avons plein”, explique Valérie, la libraire. “Ceux qui ont lu la trilogie veulent lire autre chose.” Les livres de Sylvia Day ou la série des 80 notes de bleu ou de rouge leur sont conseillés. “J’en ai recommandé, parce que c’est parti tout de suite.”

    Salles combles

    Les places pour les avant-premières du film ont connu le même sort. Pourtant, et c’est une première, pour répondre à la demande, trois projections sur deux jours étaient prévues.
    “Nous savions que c’était le film le plus attendu de l’année. Normalement, nous commandons les pellicules six mois avant, là, nous l’avons fait il y a un an”, explique la responsable communication du cinéma Majestic, qui diffuse le film.

    “Le millier de places pour les avant-premières s’est vendu en deux jours.”

    Une ruée vers Grey qui se confirme depuis vendredi dernier et la diffusion au grand public. “Nous faisons salle comble”, reconnaît la responsable. En quatre jours, 2 000 personnes sont ainsi allées s’encanailler dans les salles obscures. Une performance uniquement réussie par Twilight ou Avengers.
    “C’est du même niveau, mais là, c’est quand même interdit au moins de 12 ans”, poursuit-elle.
    Hier, à 11 h 45, le Majestic affichait une belle fréquentation pour aller voir Christian Grey jouer de la cravache et des menottes avec Anastasia Steele. Dans la salle, une présence très majoritairement féminine, comme Tehani, 16 ans, venue avec sa mère.

    “Je n’ai jamais lu le livre, mais c’est ma maman qui le lisait. Le film n’est pas mal, mais la fin laisse à désirer. C’est un peu hot, mais ça va, ce n’est pas carrément visible. C’est vrai que d’habitude, on ne voit pas ce genre de film au cinéma, mais ce n’est pas choquant.”

    Sa mère n’est pas convaincue : “Finalement, le film est beaucoup plus soft que le livre. Je suis un peu déçue quand même. Ils ont coupé plein de passages que je trouvais intéressants. Ils ont plus fait une comédie romantique.”

    Le fantasme caché

    Sortie de la salle tout émoustillée, Tania, 30 ans, est franche : “Je ne vais pas être hypocrite, je suis venue, entre autres, pour les scènes érotiques. Mais en même temps, les femmes soumises, c’est un sujet très intéressant. Ce que je retiens, c’est que finalement, les hommes sont des machos, ils ont toujours envie de dominer”, explique-t-elle, sans vouloir être photographiée.

    “Je suis venue regarder toute seule, donc si monsieur me voit dans le journal, ça va barder. Je voulais avoir une première approche du film pour savoir si j’allais revenir avec monsieur. Mais finalement, je ne le ferai pas, j’ai peur que cela lui donne des idées”, confie celle qui apprécie pourtant le côté dominateur du héros.

    “Complètement, il plaît aux femmes. C’est le fantasme caché des vahine. Je suis désolé, mais il faut le dire. Mais cela doit rester caché.”

    Florent Collet

    unclecle 2015-02-27 13:58:00
    tsunami dans les string
        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete