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“Clean up the World”, une centaine de personnes se sont mobilisées

lundi 19 août 2019

Eto est venu nettoyer son parata’ito avec sa nièce de 12 ans. (© Florent Collet)

Eto est venu nettoyer son parata’ito avec sa nièce de 12 ans. (© Florent Collet)


Plus d’une centaine de bénévoles ont participé à l’évènement “Clean up the World”. Il s’agissait de la huitième opération de nettoyage à Fare Ute et Motu Uta. Deux tonnes et demi ont été ramassées, contre 3,2 tonnes, l’an dernier.

Il y a des chiffres qui ne trompent pas. Avant cette huitième édition de l’opération de nettoyage de Fare Ute et Motu Uta, dans le cadre de l’évènement “Clean up the World”, le record de participants s’établissait à 76 personnes.

Samedi dernier, ils ont dépassé la centaine. “Ce rendez-vous est désormais attendu. Les habitués savent qu’il a eu lieu chaque année, à cette période, et il y aussi une augmentation du nombre de personnes sensibilisées à la protection de notre fenua”, se réjouit Maeva Tamahae, chargée de communication de l’entreprise Nautisport et à l’initiative de cette journée.

Habituellement, ce type d’actions se tient sur les plages, dans les rivières. Des lieux qui appellent à la préservation. La zone choisie, quasi industrielle, peut interroger.

“Dans la conscience des pollueurs, une zone industrielle, c’est un endroit où l’on peut venir jeter sauvagement ses détritus, alors que ce n’est pas du tout le cas. Des centaines, voire des milliers de personnes travaillent comme moi, ici, tous les jours. Franchement, passer devant tous ces déchets en bord de route ou dans la rivière, et avec la mer qui est juste à côté, c’est triste. Nous ne sommes pas dans une forêt ou à la plage, mais des gens y vivent et, de toute façon, ces déchets finiront dans la mer. C’est tout simplement aberrant”, constate, attristée, l’organisatrice.

Pour la première fois, une deuxième benne de camion est nécessaire pour accumuler plastiques, pneus, batteries, fruits de la consommation de chacun.

Pour autant, après les 3,2 tonnes de l’an dernier, c’est “seulement” 2,5 tonnes qui auront été débarrassées, cette fois, d’un avenir dans l’océan. “S’il y a plus de volume et moins de poids, c’est qu’il y a plus de déchets moins lourds. Des mégots, des sacs plastique, ça ne pèse pas lourd.”

 

Des années de sensibilisation

 

Malgré des années de sensibilisation, les comportements ont du mal à changer. Mais l’espoir grandit : “Lors de la première édition, nous n’étions même pas une dizaine et, au final, quand nous voyons toutes ces personnes sensibilisées, nous nous disons que nous ne sommes pas seuls à avoir compris le message, que notre fenua, notre planète, n’est pas un dépotoir”, assure Maeva Tamahae.

Sur le pont de Motu Uta, plusieurs danseuses originaires des Australes suent en bord de route à remplir des sacs de coprah de déchets. Après avoir chanté et dansé leur amour pour leur terre, lors du Heiva, elles le démontrent par l’action.

“Beaucoup de gens nous disent que ça ne sert à rien, mais pour nous, c’est un petit geste qui change un peu les choses. Les choses évoluent. Nous sommes beaucoup plus nombreux que la dernière fois, où nous étions venues. Nous pourrions être plus, mais peu à peu, cela impacte la population. Si chacun y met du sien, cela fera un grand changement”, ambitionne Ethel.

“Cela doit partir de l’éducation. C’est bien que de voir qu’il y a énormément d’enfants, pour qu’ils apprennent à ne pas jeter, et les dégâts que cela cause. Certains, plus grands, ont beau savoir, ils continuent à jeter. Mais selon moi, ce n’est pas peine perdue, il faut positiver”, complète son amie Sophie.

Sensibiliser la jeunesse, c’est aussi le crédo d’Eto, venu avec sa nièce de 12 ans. Le chanteur à la voix de soie était déjà sensible à la cause environnementale. Son récent tour de la planète, durant une année, a fini de lui ouvrir les yeux, et de l’inciter à agir.

“Je n’étais pas à fond mais maintenant que j’ai vu que c’était pollué ailleurs, et même pire, comme au pied du Machu Picchu, où c’est rempli de détritus, maintenant j’ai envie de m’engager vraiment, de nettoyer au moins une fois par mois mon île. En Asie, j’ai remarqué que ce sont les locaux qui détériorent leur pays. Du coup, j’aimerais faire prendre conscience, ici, qu’il faut préserver ce paradis pour nous, pour nos enfants pour que cela ne devienne pas comme ce que j’ai vu ailleurs. Le Machu Picchu est endroit génial mais tous ces déchets gâchent tout.”

Petit à petit, la cause touche de plus en plus de monde, petits ou grands. La justice a fait des atteintes à l’environnement, l’une de ses priorités.

Sensibilisation et répression enfin réunies, les défenseurs de l’environnement en ont peut être fini de se battre contre des moulins à vent.

 

FC

 

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Deux bennes ont été remplies de déchets en trois heures de ramassage. (© Florent Collet)

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Une mer de plastiques à quelques pas de l’océan. Eto est venu nettoyer son parata’ito avec sa nièce de 12 ans. Après avoir chanté leur amour pour leur terre au Heiva, ces danseuses le démontrent dans l’action. Photo : FC

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Après avoir chanté leur amour pour leur terre au Heiva, ces danseuses le démontrent dans l’action.

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