Climat: l’Australie de plus en plus isolée

jeudi 13 novembre 2014

La Chine, le plus gros pollueur de la planète, s’engage à atteindre le pic de ses émissions en 2030 – en clair, à commencer à réduire ses émissions à partir de cette date. Les États-Unis, eux veulent baisser leurs émissions de 26 à 28% d’ici à 2025 par rapport au niveau de 2005.
 On est bien en deçà des engagements pris par l’Europe fin octobre. Car les 28 membres de l’Union ont décidé de réduire de 40% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, par rapport au niveau de 1990.
Mais l’accord sino-américain est bien au-delà des objectifs bien modestes de l’Australie: réduire ses émissions de 5% par rapport au niveau de 2000, d’ici 2020.
Alors bien sûr, l’accord entre la Chine et les États-Unis n’est pas contraignant. Mais il reste un signe fort à la veille de la conférence de Lima, début décembre, censée préparer un accord contraignant à Paris en décembre 2015.  Christine Milne, la chef de file des Verts australiens : « D’un côté vous avez Tony Abbott, le déni du changement climatique, l’éloge du charbon, et de l’autre, la Chine et les États-Unis en partenariat avec l’Europe qui disent: allez on y va. »
Le gouvernement de Tony Abbott a abandonné la taxe carbone qui devait devenir un marché carbone, et il négocie en ce moment avec l’opposition travailliste la révision à la baisse des objectifs d’énergies renouvelables – 26 000 gigawatts heures d’ici 2020 au lieu des 41 000 annoncés en 2008- négociations suspendues par les Travaillistes en début de semaine devant l’inflexibilité du gouvernement.
Pour comparaison, l’Union européenne a décidé fin octobre de porter la part des énergies renouvelables à 27% de la consommation, et cet accord-là est contraignant.  Bill Shorten, le chef de l’opposition travailliste : « Le gouvernement australien doit rejoindre le reste du monde, il doit se ranger derrière l’opinion de la plupart des citoyens australiens et prendre de vraies mesures contre le changement climatique, et cesser de se comporter en sceptique du changement climatique. »
Mais le ministre australien de l’Environnement rejette ces accusations. Il salue même l’accord entre la Chine et les Etats-Unis : « Cet accord pose les fondations d’un bon accord mondial et l’Australie souhaite un bon accord mondial, qui réunisse les plus gros pollueurs. Et nous voulons prendre part à cet accord. »
Face à la pression internationale, Tony Abbott a du justifier sa politique climatique. Hier le Premier ministre a estimé que l’Australie réduirait efficacement ses émissions grâce à son plan d’action directe. Il s’agit de subventions aux entreprises pour qu’elles émettent moins. Une mesure destinée à remplacer le marché carbone. Mais la loi n’a été votée qu’il y a deux semaines au Parlement. L’Australie a pris du retard.
 
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