Climat : l’Australie sur le banc des accusés

dimanche 7 juin 2015

C’est la répétition générale de la grande conférence sur le climat, qui aura lieu en décembre à  Paris : 195 pays sont réunis, en ce moment, en Allemagne, pour tenter de se mettre d’accord sur un texte destiné à limiter le réchauffement planétaire.
Jusqu’à présent, l’Australie s’est faite discrète, ne communiquant pas ses objectifs chiffrés de réduction d’émissions de gaz à effet de serre. Mais hier, plus possible de se cacher : Canberra a dû se soumettre à un exercice de transparence. Pendant une heure, des représentants de pays comme la Chine et le Brésil ont interrogé l’Australie pour mieux connaître ses plans de lutte contre la pollution et déterminer si sa contribution est suffisante.
Les États-Unis ont ainsi demandé des détails sur la manière dont l’Australie comptait procéder. Le gouvernement de Tony Abbott a supprimé la taxe carbone, mais il a créé un fonds public de 2,5 milliards de dollars pour subventionner les entreprises en les poussant à moins polluer. Quel sera l’impact de cette politique ? C’est Peter Woolcott, du ministère des Affaires étrangères, qui a eu la lourde tâche de parler au nom de l’Australie. Et il est resté bien vague : « Nous sommes, notre gouvernement est entièrement… euh, pleinement convaincu que nous atteindrons nos objectifs de 2020. Nous avons désormais une loi en vigueur qui nous permettra de le faire. »
Ces objectifs dont parle Peter Woolcott, c’est la réduction de 5% de ses émissions de carbone d’ici 2020. C’est bien moins que les 20%  promis par l’Union européenne. Alors, est-ce suffisant, a demandé l’Afrique du Sud ? Voici la réponse du représentant australien : « On est en train de réévaluer cet objectif. Je voudrais souligner que nous pensons que l’objectif de 5% est juste et équitable. C’est un chiffre comparable à l’objectif annoncé par d’autres grands pays développés. »
Le gouvernement australien envisage de porter cet objectif à 15, voire 25%, selon les engagements pris par les autres pays. Mais pas question de faire de promesses, pour le moment. Malgré les pressions de la Chine, Peter Woolcott a renvoyé la question à plus tard.
Directeur du think-tank The Climate Institute, Erwin Jackson a assisté à la séance. L’Australie n’a pas convaincu, rapporte-t-il : « Les pays comme les États-Unis et la Chine sont très sceptiques face à la politique mise en place par notre gouvernement. L’Australie a vraiment échoué à démontrer à la communauté internationale que ses politiques sont crédibles et vont nous aider à remplir notre part du contrat. »
La prochaine étape, pour le gouvernement conservateur australien : révéler ses objectifs chiffrés de réduction d’émissions de gaz à effet de serre pour l’après 2020. Cette annonce devrait être faite le mois prochain, avec plusieurs semaines de retard.
 
Radio Australia

    Edition abonnés
    Le vote

    Le Kitesurf :

    Loading ... Loading ...
    www.my-meteo.fr
    Météo Tahiti Papeete