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Un collectif veut en finir avec les sacs plastique

vendredi 2 juin 2017

sacs plastique

“J’espère que cette soirée va mieux nous faire connaître et gagner des membres, dit l’initiateur du collectif Nana sac plastique, Geoffrey van der Maessen. On aimerait bien trouver des ambassadeurs, des personnalités que les Polynésiens connaissent, pour véhiculer notre message.” (© DR)

“Selon son épaisseur, un sac plastique met entre 50 et 100 ans à se dégrader dans la nature. Je me suis rendu compte que rien n’était fait, je me suis dit qu’il fallait bien commencer quelque part, et je me suis lancé.”

Geoffrey van der Maessen veut faire disparaître des commerces les sacs plastique à usage unique. Le collectif qu’il a créé en mars, Nana sac plastique, est ce soir l’invité d’honneur de l’événement organisé par l’association Green Polynesian, pour sensibiliser le plus de monde possible, et rassembler les bonnes volontés.

“Les clients sont très peu conscients de l’impact de l’utilisation de ces sacs. Vu leur légèreté, ils échappent bien souvent à la chaîne de traitement des déchets, et ils se retrouvent dans la nature. Sur terre, c’est déjà très polluant et visuellement dérangeant, mais quand ils se retrouvent dans le milieu marin, ils sont ingérés par les mammifères marins, les tortues, etc. Quand  ces sacs ne sont pas ingérés, ils se transforment en micro-plastique par l’effet des vagues et du soleil, et ces particules se retrouvent rapidement dans la chaîne alimentaire et surtout, dans nos assiettes.”

“La stratégie, dit Geoffrey, c’est de faire signer aux commerçants une charte, qui a été rédigée avec l’aide de la Diren et la Surfrider Foundation. Ils afficheront un macaron sur leur vitrine. On travaille sur une affiche qui leur permettra d’expliquer plus facilement à leurs clients pourquoi ils se sont engagés. Ce soir, on va peaufiner la stratégie. Ce sera un débat ouvert,  pour partager observations et solutions. On a de très bons retours, plusieurs commerçants m’ont déjà confirmé leur présence et veulent signer la charte, car un certain nombre cherche déjà des solutions. Le but, c’est de leur permettre d’anticiper le changement de réglementation.”

 

Un texte de loi attendu avant la fin de l’année

 

Geoffrey et son collectif sont fiu de voir la Polynésie noyée sous le plastique : “On passe notre temps à enfouir, enfouir tous nos déchets, un beau jour la Polynésie sera une poubelle géante.”

Et ils attendent le texte de loi promis par le Pays : “Une étude globale est en cours de réalisation, et le texte doit suivre avant la fin de l’année, mais globalement on n’a pas l’impression que l’environnement est au premier plan de leurs préoccupations.”

Ces sacs sont interdits en métropole depuis juillet 2016.

“J’ai rencontré des industriels locaux, pour connaître les alternatives qui peuvent être mises en place rapidement, dit Geoffrey. Les sacs en papier se dégradent complètement, mais leur fabrication est lourde en énergie et en eau, et on coupe des arbres. Les sacs biodégradables à base d’amidon de maïs se conservent mal en milieu tropical, donc c’est très difficile d’en fabriquer en Polynésie française. Les autres sacs dits biodégradables ou oxodégradables (qui se dégradent avec l’oxygène) qui sont distribués dans certains commerces, c’est vraiment de la publicité mensongère, eux aussi se dégradent en microfragments de plastique.”

L’alternative la plus simple et durable, c’est d’utiliser un cabas en tissu. Certes, ça a un coût à l’achat, mais c’est assez solide pour tenir plusieurs années. On les trouve de plus en plus facilement, certains commerçants ont déjà pris les devants.

Nana sac plastique va collaborer avec l’ Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe)  pour mettre en place une “semaine sans sacs plastique” au marché de Papeete – où la consommation atteint 2 000 sacs par semaine.

Mais Geoffrey ne veut pas s’en tenir là : “On a d’autres objectifs : il y a des milliards de pailles en plastique dans la nature, et c’est l’un articles les plus inutiles que l’humanité ait créé ! On n’a vraiment pas besoin d’une paille en plastique pour boire ! Les barquettes aussi, il faudra s’en occuper !”

 

Caroline Perdrix

 

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