Collège Maco-Tevane : retisser le lien mère-fille

    jeudi 9 mars 2017

    journée femme

    Ingrid Veneling (à gauche) et son assistante, Coraly Florian. (© Christophe Cozette)


    Le collège Maco-Tevane à Papeete a organisé hier sa Journée des droits des femmes. Placée sous le signe de « rencontres mères-filles », la journée a souhaité renforcer le dialogue intergénérationnel. Beaucoup de mamans sont venues et ont contribué à faire de cette idée pour le moins originale un succès.

    De petits comités sont parfois plus efficaces que de grandes messes. Hier, durant toute la matinée, le collège de Taunoa, devenu depuis peu, collège Maco-Tevane, a organisé, avec notamment le ministère de la Famille et la délégation à la condition féminine, sa Journée des droits des femmes, placée plutôt sous le signe de “rencontres mères-filles” afin de tenter de nouer voir renouer le dialogue intergénérationnel au sein de l’école. Et ce premier pari semble être en passe d’être gagné.

    “Nous sommes partis sur le diagnostic de l’établissement, sur les quartiers populaires, avec parfois la difficulté de faire venir les parents au collège” explique Ingrid Veneling, principale adjointe du collège Maco-Tevane, animatrice de cette journée à avec Heimata Tang, de la délégation à la condition féminine. Ce sont deux classes de 3e  (soit 45 élèves, issus de 13 des 15 quartiers prioritaires de Papeete et autant de mamans, NDLR) qui ont été réunies hier au collège. “L’importance des parents est essentielle et nous avons voulu créer du lien davantage qu’il existe, entre la maman et son ado”.

     

    Renouer les liens

     

    Ce n’est plus son enfant, c’est son “ado” et sur quelque chose qui les touche, sur la place de la femme mais aussi “Comment je me positionner dans ma famille”, “Comment je peux aider maman” et “Comment je peux aider mon enfant”. Il faut déjà un lien, un peu d’amour et parfois, on sent de la solitude chez les parents. Avec de grandes fratries, les “ados”  sont perdus, “Je suis qui ?”, “De quelle île ?”, “Faa’amu ou pas, on a voulu ces rencontres » répond la principale adjointe.

    Renouer les liens se construit sur des évidences, parfois non. Autour d’un ukulele, présent dans toutes les familles, par exemple ou d’origami japonais, pour les ouvrir sur d’autres cultures.

    “Cela nécessite de la concentration, le besoin de se parler. Et l’expérience a été concluante, plusieurs élèves veulent partir au Japon”, se félicite Ingrid Veneling.

    Il y avait également de la Zumba, car “le sport fédère toujours” et un atelier  “femmes polynésiennes” avec Mihimana Sachet, ancienne Miss Tahiti mais aussi des journalistes, des femmes actives de la société civile, pour des échanges sur des peue.

    “On n’a jamais un parcours rectiligne, on peut y croire et arriver mais parfois dans ces quartiers, on n’y croit pas”, constate la responsable de l’établissement.

    “Ils se sentent mis de côté. C’est la démarche de l’établissement, c’est de les faire rentrer dans la société”.

    L’ancienne Miss Tahiti, femme d’affaires aujourd’hui,  a éveillé l’intérêt des générations présentes, avec un discours très juste, simple, efficace. En conclusion de son intervention, elle parlait de “trouver, retrouver ses rêves”, un point de vue partager par Ingrid Veneling.

    “Oui, peut-être même les trouver. L’école est aussi là pour cela, ouvrir l’horizon et le plafond de verre et on sent parfois que les familles ont parfois du mal à le faire. Et cela a l’air d’avoir marché, nous avons beaucoup de parents, ce n’est pas dans nos habitudes”.

    L’équipe pédagogique a été dans les quartiers pour envoyer des invitations, sur Facebook aussi, via SMS.

    “Le fait de venir dans les quartiers et d’inviter les mamans a provoqué quelques grincements de dents chez les garçons mais les mamans sont, au final, venues. En levant la main sur sa maman, on ne respectera rien dans sa vie”. Et pourtant la violence  est toujours présente et n’hésite pas à se propager chez les jeunes adolescentes aussi. “Il y a de la violence certes mais la curiosité est là, la joie de vivre et l’énergie aussi”, nuance la responsable.

    Ce sont quelques élèves, garçons et filles, qui parfois peuvent lever la main, sur leurs parents. On l’a vu, la journée est là aussi pour éviter cela… “Maman, c’est important”.

     

    Christophe Cozette

     

     

     

     

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